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2016, année suédoise pour Charles Michel ?
Christophe Schoune, Secrétaire général  •  28 janvier 2016

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C’était le 14 octobre 2014 : le gouvernement fédéral, dans un attelage inédit, déroulait l’accord MR, N-VA, VLD, CD&V devant le Parlement. Focalisé sur les enjeux budgétaires et socio-économiques, la “coalition suédoise” réduisait la question environnementale à la portion congrue. Une appellation pour le moins paradoxale si l’on connaît le leadership exercé par… la Suède dans le domaine environnemental. Mais le gouvernement Michel, selon les termes utilisés alors par le Premier ministre, serait aussi celui “des mains tendues et des bras ouverts”.

La promesse était vague, mais digne d’intérêt pour le mouvement environnemental, oublié dans la liste des invités à la table du formateur Michel. Nous n’avions donc pas tardé à solliciter le Premier ministre en vue de lui faire part de nos attentes. Transition énergétique, nucléaire, SNCB, sommet de Paris sur le climat… Il y avait là matière à propositions. Etait-ce le fruit d’une certaine candeur ? Nous pensions être une source d’inspiration possible pour un gouvernement et des ministres novices en ces matières complexes, pour ne pas dire casse-gueule.

Dresser la liste des sollicitations envoyées afin de décrocher le Graal auprès du Premier ministre, tout au long de 2015, serait fastidieux. Mais nous tenons cette énumération à la disposition des amateurs du genre. Ces rendez-vous esquivés témoignent, sinon d’une absence d’intérêt, d’un mépris manifeste. Faute de dialogue, la confiance n’a jamais été établie entre le Premier ministre et notre mouvement. Les mains et les bras de Charles Michel sont restés fermés.

Au-delà des divergences de vue qui s’expriment sur les réformes socio-économiques engagées par le gouvernement fédéral, une ligne de conduite demeure : le dialogue social doit être préservé vaille que vaille pour ne pas trahir les fondements de notre modèle de concertation. Ce qui fait dire à Charles Michel : “La relation entre partenaires sociaux d’une part – au sein groupe des dix – et avec le gouvernement de l’autre, cela représente un triangle amoureux un peu complexe” [1].

Les couples à trois, c’est compliqué, il est vrai. Mais ce dialogue qui persiste en matière socio-économique ne peut visiblement exister à un autre niveau. Il est singulier que ni le Premier ministre, ni la ministre de l’Energie et du Climat, Marie-Christine Marghem, n’ont daigné rencontrer la société civile que ce soit sur le dossier nucléaire ou sur le dossier climat à la veille du sommet de Paris. Il nous aura fallu envoyer Saint-Nicolas devant une porte dérobée du conseil des ministres, le 4 décembre 2015, pour obtenir une réaction, face caméra, de la ministre fédérale de l’Energie et de l’Environnement à propos du chèque en blanc donné à Engie-Electrabel en vue de prolonger la durée de vie des réacteurs de Doel 1 et 2.

Si les ONG et associations environnementales n’ont pas les moyens d’investir des milliards d’euros dans la transition, ni le pouvoir de provoquer une grève du rail, elles dénombrent néanmoins plusieurs centaines de milliers d’adhérents en Belgique et regorgent d’idées. Cela semble insuffisant, au yeux du Premier, pour conférer une légitimité aux propositions de ce mouvement. En France, la situation liée aux attentats n’a pas empêché le président François Hollande de recevoir les ONG sur la question climatique. Cet enjeu, faut-il le marteler, se situe bien au “niveau 4” sur l’échelle de la sécurité mondiale, comme viennent de le rappeler les adeptes du temple néolibéral de Davos.

Afin de ne pas nous cantonner dans le registre de la plainte, nous suggérons dès lors à Charles Michel de s’inspirer des pratiques éprouvées par les Nations unies afin de restaurer un tant soi peu de dialogue et de confiance avec certains groupes majeurs en Belgique. (https://sustainabledevelopment.un.org/majorgroups) Il pourrait aussi s’inspirer de ses condisciples du MR, en Wallonie, qui ont entamé un dialogue constructif sur une diversité de sujets avec le mouvement environnemental, en ce début d’année 2016.
Plus symboliquement, le Premier pourrait planter “un arbre à palabres” en zone neutre, avant la Sainte-Catherine, sous lequel les parties prenantes débattraient, par exemple, du modèle de leadership de l’autre gouvernement suédois dans le domaine climatique [2]. On y on tracerait enfin le(s) chemin(s) possible(s) “après Paris”. Un bon point de départ pour créer de la confiance au-delà du mur du silence.




 
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