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Accord climatique : le succès in extremis de la négociation ne doit pas cacher la faiblesse de l’ambition de la Belgique
Alain Geerts  •  5 décembre 2015  •  Climat / changements climatiques / Effet de serre

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Les politiques sont satisfaits d’avoir trouvé un accord

Le communiqué officiel des partis politiques belges envoyé au terme des longues et tumultueuses péripéties autour de ce « burden sharing » belges témoigne d’une grande satisfaction partagée. Ainsi :

« Chacune des parties a fait des efforts importants pour aboutir à ce compromis. Nous retrouvons maintenant une place légitime à la table des négociations internationales pour tracer les contours d’un accord international ambitieux. » se félicite la Ministre bruxelloise Céline Fremault, en charge de l’Environnement et de l’Énergie.

Marie Christine Marghem, Ministre fédérale de l’Environnement : « La conclusion de cet accord, qui a été trouvé à l’issue d’une négociation complexe, permet à la Belgique de relever les défis climatiques à venir, qui constituent l’enjeu de la COP 21 à Paris. »

Joke Schauvliege, Ministre flamande de l’Environnement : « Je suis heureuse que la Belgique puisse enfin avoir son accord sur le climat. Un compromis équilibré vient d’être atteint. »

Paul Furlan, Ministre wallon de l’Énergie et du Climat : « Enfin un accord essentiel pour le climat et pour l’image de la Belgique. Cet accord équilibré montre une Wallonie volontaire et solidaire. Il permettra de faire baisser la température intra-belge de deux degrés. »

Il va de soi que les associations environnementales et nord/sud sont aussi satisfaites qu’une conclusion soit enfin acquise au terme de plus de 6 années de négociation.

Mais l’accord est tout à fait insuffisant

L’accord [1] étant acquis, il s’agit de voir s’il est satisfaisant. Il serait en effet trop simple, comme semble le faire les politiques, de mettre plus en exergue la satisfaction d’avoir fait le minimum (trouver un accord) que le contenu même de cet accord, qui, in fine, est ce qui compte pour avancer dans la lutte contre les changements climatiques.

L’accord belge est tout sauf ambitieux et n’est qu’une traduction minimaliste des objectifs européens en matière d’énergies renouvelables et d’émissions de CO2 pour 2020, estime l’organisation environnementaliste Greenpeace-Belgique. Elle rejoint en cela une conclusion à laquelle IEW était arrivée il y a peu.

"La Belgique a agi comme un élève désintéressé qui remet un travail uniquement parce qu’il a été sommé de le faire. Nos ministres se sont rendus ridicules au niveau international : il leur a fallu des années pour finalement accoucher d’un accord climatique qu’on ne peut que qualifier de faible", a commenté la chargée de campagne ’Climat’ à Greenpeace Belgique, Juliette Boulet. "Le véritable travail commence maintenant", conclut-elle.

"Il aurait tout d’abord fallu qu’il intervienne plus vite. On a dû attendre six ans, et ce qui a finalement été fait, c’est la répartition des objectifs à atteindre au sein de l’Union. Il aurait fallu être plus ambitieux, notamment au niveau de l’énergie renouvelable et de la lutte contre la pollution" déclare quant à lui Mathias Bienstman, du Bond Beter Leefmilieu

Le Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11) a également exprimé sa déception à la suite de l’accord. "Les négociations ont été longues et ponctuées de soubresauts, une véritable Commedia dell’arte pour une négociation qui ne cherchait même pas à relever les ambitions belges d’ici 2020, et encore moins à définir une vision à long terme", a déploré vendredi Véronique Rigot, chargée de l’environnement au sein du centre.

Le CNCD regrette que le financement climat n’ait pas fait l’objet d’une approche plus ambitieuse. "C’est le seul des quatre points en négociation qui était véritablement prioritaire pour la COP21. L’objectif est manqué. Les quatre gouvernements se sont engagés sur un montant de 50 millions d’euros par an pour le financement climat international".

IEW partage pleinement ces doléances associatives.

Sources : le communiqué du gouvernement et Flandreinfo.be


[1L’accord contient plusieurs éléments :
1. Une diminution des émissions de gaz à effet de serre
Compte tenu des engagements de l’autorité fédérale et de son objectif de 7000 kton équiv CO2 supplémentaire, qui constitue une obligation de moyen, les trois Régions limiteront pour la période 2013-2020 leurs émissions de gaz à effet de serre « non ETS » selon une trajectoire linéaire, afin d’atteindre en 2020 les niveaux de réduction suivants, par rapport à leurs émissions « non ETS » de 2005 :
• -15,7% pour la Région flamande ;
• -14,7% pour la Région wallonne ;
• – 8,8% pour la Région de Bruxelles-Capitale.
2. L’engagement belge consiste à atteindre un niveau de 13% d’énergie renouvelable dans la consommation finale d’énergie brute en Belgique en 2020 au sens de la directive 2009/28/EC.
En prenant pour référence l’objectif de la consommation finale d’énergie notifié par la Belgique à la Commission européenne dans le cadre de la transposition européenne de la Directive Efficacité énergétique, l’objectif belge de 13% en matière de sources d’énergie renouvelable représente une valeur absolue de 4,224 Mtep.
Chaque partie contractante s’engage dès lors à porter en 2020 la part de sources d’énergie renouvelable à
• 2,156 Mtep pour la Région flamande ;
• 1,277 Mtep pour la Région wallonne ;
• 0,073 Mtep pour la Région de Bruxelles-Capitale ;
• 0,718 Mtep pour le Fédéral.
3. Revenus de la mise aux enchères des quotas de CO2eq résultant de l’ETS
En ce qui concerne les 326 millions d’euros actuellement disponibles :
• Fédéral : 10 %



 
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