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Avis d’IEW sur l’avant-projet « énergies renouvelables » wallon
Gaëlle Warnant  •  Noé Lecocq  •  4 juin 2015  •  Energies renouvelables

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Suite au passage en première lecture d’un avant-projet du Gouvernement wallon sur le développement des énergies renouvelables, IEW et ses associations membres a élaboré un avis dans le but de permettre une amélioration du texte. Présentation.

Dans le cadre de la sortie du nucléaire, qui doit être achevée en 2025, et de la nécessité de remplacer un nombre important de capacités de production électrique vieillissantes dans la décennie qui vient, prévoir le déploiement d’infrastructures permettant un approvisionnement électrique suffisant est une responsabilité primordiale du Ministre de l’Énergie.

Le développement des énergies renouvelables devrait donc être une priorité majeure pour l’actuel Gouvernement. Les énergies renouvelables sont cruciales dans la lutte contre les changements climatiques et contribuent à une meilleure indépendance énergétique. Elles ne sont pas uniquement un moyen de répondre aux obligations européennes, elles sont notre énergie de demain.

Dans ce contexte, IEW rappelle la nécessité de développer une stratégie énergétique wallonne de long terme visant prioritairement la réduction des consommations, l’efficacité énergétique et le développement d’un approvisionnement basé sur les énergies renouvelables.

Tout en saluant certaines avancées, IEW s’inquiète de la faiblesse globale des objectifs renouvelables wallons pour 2020, et plus encore pour 2030 :

« L’objectif de 20 % d’énergies renouvelables en 2030 est particulièrement inquiétant par son insuffisance. La Wallonie prévoit de ralentir le développement des renouvelable au moment où il faudrait l’accélérer. La Wallonie risque ainsi de mettre en péril la sortie du nucléaire. Pour IEW, il faudrait viser 40 à 50 % d’énergie renouvelable en 2030, dans un contexte de réduction de la consommation globale.  »

Cette faiblesse concerne particulièrement les filières photovoltaïque, hydraulique et éolienne, relativement prometteuses tant d’un point de vue économique et d’indépendance énergétique, que d’un point de vue durabilité.

« Pour la période post-2020, la réduction drastique du nombre de CV (Certificat Verts) réservés pour de nouveaux projets éoliens interpelle. Ce nombre est pratiquement divisé par 2 entre 2016 et 2021. IEW propose de revoir l’enveloppe éolienne à la hausse, particulièrement après 2020.  »

La filière biomasse, par contre, se verrait surdopée dans le projet actuel, ce qui interpelle IEW :

« Le recours accru à la biomasse importée prévu par le Gouvernement pose sérieusement question. Dans cet avant-projet, les importations de biomasse vont quasiment doubler de 2014 à 2020 et sont multipliées par 8 d’ici 2030. Or la Belgique est déjà l’un des plus gros importateurs mondiaux de pellets. Cette utilisation à large échelle de biomasse, qui ne tient pas compte des facteurs limitants des territoires à produire de la biomasse de manière durable, a des conséquences néfastes : compétition entre usages, sur-exploitation forestière, perte de biodiversité, impacts sur le sol et l’eau, changements d’affectation des sols et accaparements de terres, émissions de gaz à effet de serre qui créent une dette carbone sur le long terme…

Il faut par ailleurs souligner les coûts comparativement élevés de cette filière biomasse. L’achat de combustible en est le premier facteur de coût, ce qui implique une évolution très incertaine de la rentabilité et maintient une dépendance forte aux importations.

Pour ces raisons, IEW n’est pas favorable au projet de remplacement de la centrale des Awirs par une nouvelle unité de biomasse centralisée de puissance accrue. Nous recommandons au Gouvernement d’utiliser les CV prévus pour ce projet pour aller plus loin dans les projets de biomasse locale durable et dans les autres filières, notamment hydroélectrique, éolienne terrestre et photovoltaïque.  »

L’intégralité de l’avis est téléchargeable ici.




 
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