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Climat : comprendre les enjeux de la COP21
Noé Lecocq  •  25 novembre 2015  •  Climat / changements climatiques / Effet de serre

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A l’approche de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), nous vous proposons une sélection de ressources pour comprendre les enjeux de ce grand rassemblement mondial.

Les 195 Etats signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se réuniront du 30 novembre au 11 décembre à Paris pour négocier un accord décisif, qui doit remplacer dès 2020 le protocole de Kyoto. Eclairage en 10 chiffres et en moins de 5 minutes.

Source : http://www.lemonde.fr/cop21

Depuis le début de l’année, la plupart des pays qui négocieront à la COP21 ont soumis à l’ONU leurs engagements volontaires pour lutter contre le réchauffement climatique (INDCs). Ces engagements actuels ne permettent cependant pas de limiter suffisamment le réchauffement d’ici la fin du siècle. Si on s’arrête à leur stricte réalisation, ils mènent à environ 3,5 °C de réchauffement global, alors que l’objectif est de maximum 1,5 à 2 °C.

Source : http://thinkprogress.org/climate/2015/11/03/3718146/misleading-un-report-confuses-media-paris-climate-talks/

Voir aussi : Climat : à quoi les Etats se sont-ils engagés avant la COP21 ? (Le Monde)

Il importe de ne pas dépasser le seuil de 1,5 à 2°C de réchauffement global , car cela mènerait à une probabilité croissante de dépasser certains seuils irréversibles, c’est-à-dire des points de basculement du système géo-climatique. Un exemple de point de basculement est l’atteinte de la température menant à la fonte totale de la glace du Groenland. Si ce seuil de température est atteint, les océans monteront de 7 m suite à la fonte.

Voir aussi : Climat : « Au-delà de 2 °C, on atteint un point de bascule dont certains effets sont irréversibles » (Le Monde)

En 2010, les chefs d’états du monde entier se sont engagés à limiter le réchauffement global à moins de 2°C, seuil au-delà duquel la science indique que les dérèglements climatiques risquent de prendre une allure incontrôlable. On connaît aujourd’hui avec précision la quantité cumulée maximale de gaz à effet de serre que l’humanité peut encore émettre dans l’atmosphère pour respecter cet engagement. Cette quantité restante, aussi appelée budget carbone , correspond à 1000 GtCO2 [1]. Au rythme actuel d’émission, ce budget sera épuisé dans moins de 25 ans.

Or ce budget carbone fini implique que plus de deux tiers des réserves prouvées d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) ne peuvent tout simplement pas être brûlées. Autrement dit, les réserves connues et considérées comme économiquement exploitables sont largement excédentaires. [2]

De ce constat est né le concept de bulle du carbone  : la valeur estimée des actifs des sociétés extractrices d’énergies fossiles est aujourd’hui surévaluée, car une partie importante de ces actifs doit rester dans le sol. Dans ce contexte, la prospection pour de nouveaux gisements n’a plus de sens. Le véritable enjeu réside dans la répartition de ce qui peut l’être.

Voir aussi : Désinvestissement fossile : nécessité économique et impératif éthique (IEW)

Le mouvement du désinvestissement fossile fait partie d’une large palette d’initiatives émanant de la société civile, des courants religieux, des entreprises, etc. Ces initiatives ne font pas partie du processus officiel des négociations climat, mais elles sont largement complémentaires, tant il est clair aujourd’hui que le processus de l’ONU ne peut, à lui seul, résoudre valablement la crise climatique.

Pour revenir au processus officiel, fin octobre s’est tenue à Bonn une ultime séance de négociation avant la COP21 . Les avancées escomptées n’ont pas été au rendez-vous, les négociateurs attendant la dernière minute pour abattre leurs cartes. Le texte de Bonn a le mérite d’exister et de fournir une base de discussion pour la COP21, mais il contient encore de nombreux points de discussion non résolus, sur lesquels de réelles divergences de vue existent, notamment entre pays développés et pays en développement.

Voir aussi :

Et en Belgique, comment se prépare la COP21 ? Un article du Soir résume les rebondissements récents autour de la répartition des efforts climatiques pour 2020 entre les Régions et le fédéral. A l’heure ou nous écrivons ces lignes, cela reste un dossier non résolu... Par ailleurs, nous mentionnons aussi notre analyse des différentes positions des acteurs de la société civile belge en lien avec l’enjeu climatique. Une partie des blocages que connaissent les politiques climatiques dans notre pays peut être comprise par les divergences de vision, notamment entre le monde industriel et d’autres composantes de la société civile.

Voir aussi :

Pour terminer, voici en une page nos recommandations climat , portées en commun par les ONG environnementales (dont IEW), les ONG Nord-Sud et les syndicats au sein de la Plateforme Justice Climatique.

En particulier nous souhaitons un accord universel ambitieux légalement contraignant , dont les périodes de mise en œuvre s’étendent sur 5 ans, et qui :

  • limite le réchauffement à 2°C, et vise même 1,5°C, par l’établissement d’un objectif concret de budget carbone de maximum 1000 GtCO2 (comme le suggère le GIEC) ; et qui assure un pic des émissions mondiales avant 2020  ;
  • assure le désengagement des énergies fossiles et du nucléaire pour tendre progressivement vers 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 dans des conditions de transition juste inscrites dans l’accord ;
  • concrétise la solidarité internationale par l’aide à l’atténuation et en particulier à l’adaptation, la reconnaissance des pertes et préjudices et une feuille de route qui crédibilise la réalisation des promesses de financement climat international.

[1Budget carbone pour la période 2011-2100 pour avoir 66% de chances de rester sous la barre des 2°C (GIEC).

[2D’après l’Agence Internationales à l’Energie, la combustion de ces réserves fossiles relativement facilement exploitables mènerait à l’émission de 2900 GtCO2.



 
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