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Inacceptable ! La CE retire les "paquets" air et économie circulaire
Pierre Courbe  •  16 décembre 2014  •  Développement durable  •  Entreprises  •  Santé environnement

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Nous venons de l’apprendre, la Commission Junkers vient de retirer le "paquet Air" et le "paquet Economie circulaire" qui visaient, le premier, à s’attaquer à la pollution atmosphérique et son cortège de conséquences importantes sur la santé de la population et le second, à convertir l’Europe à une économie plus circulaire et promouvoir le recyclage dans les États membres. C’est tout simplement incompréhensible et inacceptable pour les acteurs de la santé et de l’environnement, mais aussi pour les acteurs économiques qui investissent dans ces créneaux d’avenir. Rappelons que l’économie circulaire est un concept central du redéploiement industriel wallon.

Le 18 décembre 2013, la Commission européenne annonçait en grandes pompes un nouveau « train de mesures en faveur de la qualité de l’air en Europe ».

La nécessité d’une action politique forte est difficilement contestable dès lors que l’on est conscient que « la mauvaise qualité de l’air coûte plus cher en vies humaines que les accidents de la route, ce qui en fait la première cause de décès prématuré lié à l’environnement dans l’UE ».

Un an plus tard, la nouvelle Commission présidée par Monsieur Juncker vient de retirer ce « paquet air », sans tambours ni trompettes.

Une telle marche arrière de ce niveau est totalement incompréhensible. Sur le plan politique, tout d’abord, le message adressé à la population est désastreux : alors que les dernières élections ont montré la poussée de l’euroscepticisme, l’abandon de ces mesures montre clairement que la Commission prend plus en compte les intérêts de certains lobbies industriels que ceux de la population.

Sur le fond, on voit mal quels arguments justifient pareille remise en cause du travail du précédent exécutif. Pour la directive sur la qualité de l’air, les études d’impact ont montré que les mesures proposées permettaient d’éviter 58 000 décès prématurés par an et de préserver près de 120 000 km2 d’écosystèmes des pollutions à l’azote. Sur le plan économique, les gains pour les systèmes de santé publique vont de 40 à 140 milliards d’euros suivant les hypothèses envisagées. De plus, les coûts sur les secteurs les plus touchés par ces mesures, à savoir l’agriculture et les raffineries, sont marginaux.

Quant à la directive visant à stimuler l’économie circulaire, elle aurait permis, selon les études de la Commission sortante, de créer 580 000 emplois. Elle aurait également offert une solution séduisante et efficace à la forte dépendance de l’Europe aux importations de matières premières.

Un point de vue partagé par la Fédération belge des entreprises de gestion de l’environnement (Fege), où l’on rappelle que onze pays, dont la Belgique, et plusieurs fédérations d’entreprises ont écrit à la Commission pour lui demander de ne pas abandonner ce projet. Le paquet qui a été présenté était loin d’être parfait et un certain nombre d’éléments et d’objectifs devraient être affinés, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En Belgique, par exemple, l’interdiction de mise en décharge de certains déchets existe depuis plusieurs années. Il serait logique qu’une telle mesure soit imposée au niveau européen, sans quoi on continuera à avoir des pays qui mettent plus de 80 % de leurs déchets en décharge.

Bref, la Commission Junkers nous montre là son côté radicalement conservateur et passéiste qui, par crainte, facilité et soucis de défendre les intérêts d’industries d’hier sacrifie la santé des populations européennes et les perspectives de redéploiement économique dans des secteurs d’avenir.




 
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