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La débandade nucléaire continue : anomalies sur la cuve et le couvercle de l’EPR !
Pierre Titeux  •  8 avril 2015  •  Nucléaire

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Il n’y a pas qu’à Doel et qu’à Tihange que la fiabilité des cuves des réacteurs nucléaires pose problème(s). L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) française vient en effet d’être informée par AREVA d’une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR en construction à Flamanville.

La réglementation relative aux équipements sous pression nucléaires impose au fabricant de maîtriser les risques d’hétérogénéité des matériaux utilisés pour fabriquer les composants les plus importants pour la sûreté. Pour répondre à cette exigence technique, AREVA a mené des essais chimiques et mécaniques sur un couvercle de cuve similaire à celui du réacteur EPR de Flamanville. Les résultats de ces essais ont montré, fin 2014, la présence d’une zone présentant une concentration importante en carbone et conduisant à des valeurs de résilience [1] mécanique plus faibles qu’attendues.

Des premières mesures ont confirmé la présence de cette anomalie dans le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR de Flamanville. AREVA a proposé à l’ASN de réaliser à partir d’avril 2015 une nouvelle campagne d’essais approfondie sur un couvercle représentatif pour connaître précisément la localisation de la zone concernée ainsi que ses propriétés mécaniques.

Le problème n’est pas andin car la cuve d’un réacteur à eau sous pression est un équipement particulièrement important pour la sûreté. Elle contient en effet le combustible nucléaire et participe à la seconde barrière de confinement de la radioactivité.

L’ASN se prononcera sur le programme d’essais, contrôlera sa bonne réalisation et instruira le dossier que présentera AREVA pour démontrer la résistance de la cuve du réacteur EPR de Flamanville. Elle fera notamment appel à son appui technique, l’IRSN, et au Groupe permanent d’experts dédié aux équipements sous pression nucléaires.

L’ASN a informé ses homologues étrangères concernées par la construction d’un réacteur EPR.

Voilà en tout cas une nouvelle jnformation qui devrait altérer l’enthousiasme des laudateurs du nucléaire prônant, chez nous et ailleurs, de nouveaux investissements dans cette technologie qu’ils affirment « sûre », garante de notre approvisionnement énergétique et « bon marché ». Quant on sait que la construction de l’EPR de Flamanville a déjà pris cinq années de retard et que son coût est passé de 3,5 milliards à plus de 8 milliards d’euros, on ne peut être que très dubitatif sur la valeur de ce brelan d’arguments !

Source : communiqué de l’Autorité française de Sûreté Nucléaire.


[1La résilience est un indicateur de la capacité d’un matériau à résister à la propagation de fissures. Dans le cas de la cuve d’un réacteur, cette propriété est notamment importante en cas de choc thermique, par exemple à la suite d’une injection d’eau froide dans le circuit primaire du réacteur



 
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