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Le commerce belge « se périphérise » à toute vitesse
Sophie Dawance  •  8 mai 2006  •  Urbanisme

Les projets de construction ou d’extension/rénovation de centres commerciaux pleuvent en Belgique : 1.000.000 m2 pour 51 projets en cours ! C’est l’information donnée par Negocio, lettre indépendante d’information sur le retail (ou immobilier commercial), dans son numéro de mars 2006. La Wallonie, avec ses 652.487 m2 cartonne… Si l’ensemble des projets en cours aboutit, le parc des centres commerciaux augmentera de 56% ! Pourtant, la Belgique est l’un des pays les mieux équipé en matière de commerce de périphérie…

Pourquoi un tel boom ? La nouvelle loi socio-économique, dite loi IKEA (!), explique sans doute partiellement cette explosion. En donnant plein pouvoir aux communes pour la délivrance de la plupart des permis commerciaux, elle renforce les concurrences et évacue toute vision supra locale. Chaque commune a tendance à raisonner comme si elle se trouvait au centre d’une vaste zone de chalandise, ignorant ce qui existe ou se trame chez la voisine. Mais, ni la clientèle, ni le pouvoir d’achat ne sont extensibles… L’ouverture d’un nouveau centre commercial s’accompagne souvent en effet, à court et moyen terme, de délocalisations et de fermetures touchant le commerce existant, généralement implanté au cœur des villes et villages. Cela relativise un peu les promesses d’emplois qui séduisent les édiles communaux : des emplois sont créés, certes, mais combien disparaissent ? Par ailleurs, ces centres commerciaux s’implantent généralement en périphérie, dans des zones uniquement accessibles en voiture. A l’heure où la Belgique s’est engagée à réduire ses émissions de CO2 dans le cadre du protocole de Kyoto, de tels choix de localisation sont tout à fait inadéquats. Il faut noter aussi que ce type de développement contribue à une banalisation de l’espace : rien ne ressemble plus à un centre commercial qu’un autre centre commercial. A Boston, Melbourne, Tokyo, Charleroi ou Verviers, les complexes commerciaux sont conçus à peu près selon les mêmes modèles et abritent à peu près les mêmes enseignes. Les atouts spécifiques et l’identité des lieux sont négligés. Va-t-il falloir attendre que la régulation se fasse par le marché lui-même ? Il sera trop tard : les centres ville, désertés, auront plongé dans la spirale de la dégradation ! Alors… une aubaine cet afflux d’investissement privé ?




 
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