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Le gaz naturel dans les transports routiers : la grande désillusion
Pierre Courbe  •  2 mars 2016  •  Transport routier  •  Energie

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L’utilisation du gaz naturel dans les transports routiers ne conduit à aucune réduction des émissions de gaz à effet de serre et génère peu d’effets en termes de diminution de la pollution de l’air. Tels sont les principaux enseignements d’une étude commanditée par la fédération européenne Transport and Environment (T&E) au bureau de consultance Ricardo Energy & Environment.

L’étude, qui identifie que le gaz naturel est un carburant susceptible d’améliorer le bilan environnemental du transport maritime, conclut par contre qu’il est peu intéressant dans le transport routier. La méthodologie tient compte des émissions « du puits à la roue » (WTW pour « well to wheel ») des différents carburants.

Les émissions de gaz à effet de serre d’une voiture roulant au gaz naturel comprimé (CNG) sont inférieures à celles d’une voiture roulant à l’essence. Dans tous les autres cas de figure (voiture diesel, camionnettes, camions et bus), passer au CNG augmente les émissions WTW.

Pour les polluants locaux, le bilan est plus contrasté. Les émissions de particules fines sont réduites dans tous les cas de figure tandis que les émissions d’oxydes d’azote ne le sont que dans deux situations : remplacement d’une voiture diesel par une voiture CNG et remplacement d’un véhicule utilitaire léger (VUL ou camionnette) diesel par une camionnette CNG.

Le CNG est souvent présenté comme un carburant « de transition » vers un futur transport décarboné. Pour T&E, il s’agit plutôt d’un carburant « voie de garage » dont les bénéfices sont fort limités. Le défi climatique impose à nos sociétés de tourner le dos aux énergies fossiles. Développer la filière gaz naturel, c’est au contraire ancrer les transports dans la dépendance aux carburants fossiles. Dès lors, il est indispensable de mener une réflexion sans a priori sur l’utilité de maintenir le régime de faveur "indifférencié" (absence d’accises) dont jouit actuellement ce carburant dont les effets bénéfiques ne s’expriment qu’en milieu urbain.

Le biométhane présente un bilan bien plus intéressant mais devrait, vu ses volumes limités et la nécessité de réserver la biomasse à d’autres fins, être réservé à quelques utilisations de niche (transports publics et livraisons en milieu urbain).

Pour plus d’informations, voir le briefing de T&E : « natural gas in vehicles – on the road to nowhere »

Contact :
Pierre Courbe, chargé de mission mobilité, 087/77.58.16
Alain Geerts, communication/presse, 0479 49 76 56




 
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