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Nos oiseaux touchés par les changements climatiques
Fil d’infos  •  8 février 2015  •  Climat / changements climatiques / Effet de serre  •  Biodiversité

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Nombreuses sont les études traitant des changements climatiques et de leur impact sur l’environnement et les activités humaines. Mais Aves, le pôle ornithologique de Natagora, propose une approche originale du problème en analysant son impact sur les populations d’oiseaux de Wallonie.

Indéniablement, en Belgique, le climat s’est modifié depuis 1833, année du début des relevés météorologiques. La température moyenne a augmenté d’environ 2°C, sans toutefois que cette hausse soit régulière. Ainsi, deux élévations d’environ 1°C, très significatives, ont eu lieu : la première vers 1910 et la seconde à la fin des années 1980.

Depuis une vingtaine d’années, ces changements climatiques et leurs impacts possibles et avérés sur la biodiversité ont suscité une abondante littérature scientifique. EIle démontre un impact sur les oiseaux des régions tempérées : décalage des périodes de migration, modification dans la reproduction et la survie des espèces, déplacement des zones de reproduction et d’hivernage.

En collaboration avec le Service Public de Wallonie, Aves, le pôle ornithologique de Natagora, a analysé cette vaste bibliographie européenne et l’a croisée avec les observations de terrain collectées depuis 50 ans par les milliers d’ornithologues amateurs en Wallonie. Le but était de préciser dans quelle mesure les modifications observées à l’échelle européenne peuvent être mises en évidence chez nous. Il publie aujourd’hui ces résultats dans la revue ornithologique Aves. Il en ressort diverses évidences de modification de l’avifaune régionale que l’on peut relier aux changements climatiques.

Jean-Yves Paquet, directeur du département Etudes de Natagora nous explique : « Au cours de cette étude, nous avons notamment pu déceler une tendance à l’avancement de la migration printanière, d’ampleur variable selon les espèces. Nous avons également constaté un impact positif des hivers doux sur les espèces sédentaires ou celles migrant sur de courtes distances, et une tendance à la méridionalisation des communautés d’oiseaux. Ainsi, les espèces que l’on observe aujourd’hui en un lieu donné sont celles que l’on observait plus au sud il y a 20 ans. »

Le réchauffement climatique profite à certaines espèces à répartition plus méridonale comme le Tarier pâtre.

La diminution des populations de Pipit farlouse est due au moins en partie au réchauffement climatique.
Globalement, il est difficile de voir qu’une espèce en particulier régresse ou au contraire progresse à la suite des changements climatiques. Mais la combinaison et l’analyse des données suggèrent que plusieurs espèces doivent leur régression actuelle au moins en partie à une modification du climat : Pipit farlouse, Grive litorne, voire Pie-grièche grise. La progression d’espèces comme le Tarier pâtre ou l’Hypolaïs polyglotte peut elle aussi vraisemblablement être reliée au réchauffement global.

Mais, conclut l’étude, les changements dus au réchauffement observés à ce jour dans notre région ne constituent qu’une menace relativement mineure comparée aux transformations de l’environnement imputables aux activités humaines, qui sont particulièrement sévères en Wallonie. Toutefois, une grande prudence s’impose pour les prédictions futures vu la complexité des mécanismes à l’œuvre, l’éventualité que les effets s’expriment avec un délai de retard et, surtout, l’incertitude sur la façon dont l’homme réagira à cette menace.




 
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