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Quelques mesures efficaces pour éviter un black-out électrique
Cécile de Schoutheete  •  9 octobre 2014  •  Electricité  •  Efficacité énergétique

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Dans la niews du 11 septembre dernier, nous avons vu pourquoi la prolongation des réacteurs nucléaires de Doel 1 et Doel 2 n’était pas une solution face au risque de pénurie d’électricité annoncé pour les hivers prochains.

Quelles mesures peut-on alors prendre pour limiter ce risque ?

Après dix années de valse-hésitation et d’inaction en matière de politique énergétique, le gouvernement sortant a finalement pris, au pied du mur, une série de d’actions pour faire face au problème de sécurité d’approvisionnement annoncé pourtant dès 2007 par la CREG [1] :
- Constitution d’une réserve stratégique pour maintenir disponible des centrales ayant annoncé leur fermeture temporaire ou définitive (principalement des centrales au gaz pour des raisons de manque de rentabilité) et inciter les industriels à réduire ponctuellement leur consommation moyennant un subside ;
- lancement d’un appel d’offre pour la construction de nouvelles centrales au gaz d’ici 2019 ;
- développement des interconnexions avec les pays voisins. Les projets d’Elia [2] permettront de d’ici 2018 d’importer 3000 MW supplémentaires (soit l’équivalent de 3 réacteurs nucléaires). 1000 MW pourraient déjà être disponibles à partir de mi-2016 à condition qu’une partie des réacteurs de Doel ait été mis à l’arrêt entretemps.
- introduction d’un tarif de déséquilibre de 4500€/MWh (soit 100 fois le prix normal) pour les fournisseurs qui ne seront pas en mesure de répondre à la demande en électricité de leurs clients ;
- préparation d’un plan de délestage. Activé en dernier recours, ce plan défini les zones du pays dans lesquelles le courant sera volontairement coupé durant deux à trois heures.

Dans ce panel, on déplore, une fois encore, un grand absent : les mesures structurelles en matière d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique.

L’étude réalisée par le bureau d’étude 3E pour le compte du mouvement environnemental belge en janvier 2013 démontre pourtant que quelques mesures bien choisies peuvent apporter une contribution importante à la sécurité d’approvisionnement électrique. L’utilisation d’éclairages performants dans le secteur tertiaire est à cet égard particulièrement intéressant. La réalisation d’économies de 40% dans 75% des installations d’éclairage permettrait de réduire la consommation à la pointe d’environ 800 MW (en comparaison : Doel-1 et Doel-2 représentent conjointement 866 MW). "Un relighting peut être effectué dans les deux mois et permettre une économie de 50 à 70%. L’investissement est amorti entre un et quatre ans. Rien que des avantages", selon Robin Bruninx du bureau d’étude Encon, interrogé par nos confrères du BBL." Des conseils ciblés et un soutien financier doivent permettre aux entreprises de franchir le pas."

L’hiver étant maintenant à nos portes, un remplacement à grande échelle des éclairages dans le tertiaire paraît peut être impensable. Il ne faut pourtant pas balayer l’idée d’un revers de la main. Les hivers prochains risquent également de connaître des moments critiques en matière de sécurité d’approvisionnement. Le relighting peut être mis en œuvre rapidement et permet des réductions durables de la consommation d’électricité, estimées à 11% de la consommation annuelle du secteur. C’est donc tout bénéfice pour la facture des entreprises et pour le climat.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié un rapport qui sur base de situations concrètes démontre qu’il est possible d’économiser rapidement de l’énergie.

L’exemple japonais y est notamment étudié. Suite au tsunami du 11 mars 2011 et à la catastrophe nucléaire qui en a résulté, le Japon a dû subitement se priver d’une partie importante de son parc de production électrique. Une large campagne de sensibilisation appelée « setsuden » (« économiser l’électricité » en japonais), d’abord spontanée puis relayée par le gouvernement, combinée à des objectifs de réduction de la consommation de 15% dans la majorité des secteurs ont permis de réduire la consommation de 20% durant l’été 2011 par rapport à l’année précédente avec une réduction de la consommation de pointe de 60 GW à 49 GW dans la région de Tokyo. Trois ans après la catastrophe, un tiers de la baisse de production due à la fermeture des centrales nucléaires est compensé par une réduction de la consommation.


[2Ces différents projets sont présentés sur le site d’Elia



 
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