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RER : pour une logique servicielle
10 février 2016  •  Transport en commun

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Le dossier RER vient d’être l’objet d’un bref, mais très émotionnel rebondissement qui témoigne à nouveau d’une gestion calamiteuse de la politique ferroviaire dans notre pays. Une des principales raisons : le manque d’une vision multimodale claire de la mobilité. IEW rappelle qu’elle a, en collaboration avec d’autres associations, des propositions précises en la matière.

Les tergiversations multiples, récentes ou non relative au dossie RER suscitent interrogations, étonnement, agacements voire écoeurement. Il ne s’agit pas ici d’en faire l’historique et l’analyse critique mais de montrer en quoi il est emblématique de la culture infrastructurelle qui domine encore nos politiques de mobilité.

Il y a quelques années (déjà !), nous avons souligné l’importance de passer d’une logique d’infrastructure à une logique servicielle en matière de mobilité (http://www.iewonline.be/spip.php?article4189). Petit rappel ! Tant qu’il n’existera pas en Belgique une vision politique claire, concertée, validée et multimodale de la mobilité que nous voulons, nous continuerons à faire des choix contestables et parfois incohérents en matières d’investissements dans les infrastructures de transport. Les infrastructures doivent être pensées et construites en fonction de l’exploitation qui y est souhaitée. C’est vrai pour le bus et encore plus pour le train qui nécessite des infrastructures lourdes.

Va-t-on continuer à faire l’erreur de valider les investissements ferroviaires, chantiers qui s’étalent nécessairement sur plusieurs années voire dizaines d’années, à travers le prochain PPI, sans disposer d’un plan transport à moyen et long terme ? Nous en avons d’autant plus besoin en cette période de rigueur budgétaire où l’on se concentre plus sur la rationalisation des infrastructures existantes que sur la construction de nouvelles infrastructures. Sans cette vision, nous risquons de faire des choix pour lesquels on se mordra les doigts demain.

A l’heure actuelle, aucun responsable politique, qu’il soit de niveau fédéral ou régional, n’est capable de juger pertinemment des priorités en matière d’investissements ferroviaires. C’est un peu comme demander à un orchestre de jouer sans partition ! Il est donc urgent d’utiliser les lieux de concertation existants (vu l’éclatement de la compétence mobilité dans nos pays) non pas uniquement comme centre de crise face à l’actualité comme celle du RER, mais pour travailler ensemble, dans la durée, à l’élaboration puis l’adaptation d’une vision mobilité. C’est bien à une révolution culturelle qu’il est fait appel, afin que l’ensemble des acteurs (politiques fédéraux, régionaux, locaux, opérateurs de transport, routiers, ferroviaires, gestionnaire d’infrastructures, etc.) travaillent main dans la main à un dessein, pour ne pas dire un destin, commun. C’est seulement ainsi que chaque denier public en matière de mobilité (et ils sont rares !) pourra être utilisé dignement et efficacement. Chers décideurs, il en va de votre crédibilité face aux citoyens.




 
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