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A moins d’une demi-heure de trajet, 5 ans d’espérance de vie en moins !
2 avril 2015  •  Société / Alternatives  •  Santé environnement

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Le saviez-vous ? Un enfant qui naît dans un quartier proche du canal de Bruxelles vivra, en moyenne, 5 ans de moins qu’un enfant né à Boitsfort, Auderghem ou Woluwe. Entre les quartiers populaires et les quartiers riches au sud-est de la région, l’espérance de vie passe en effet de 76 à 81 ans. Une telle différence, 5 ans, est équivalente à l’écart d’espérance de vie entre la Belgique et le Mexique ou le Venezuela, par exemple. Ici, le fossé se creuse entre des quartiers situés à quelques kilomètres seulement l’un de l’autre, dans la même ville, le même pays, avec le même régime de sécurité sociale. Quand on compare d’autres quartiers entre eux, la différence est plus faible. Comme entre Evere et Ganshoren, par exemple : un peu plus qu’un an d’écart. À l’inverse, quand on compare les personnes de 30 ans, diplôme universitaire en main et habitant un des quartiers riches de Bruxelles, avec des personnes du même âge mais n’ayant qu’un diplôme du primaire et habitant au centre-ville, l’écart d’espérance de vie est encore plus grand qu’en moyenne : 6 ans et demi pour les femmes, et près de 8 ans et demi pour les hommes ! Voilà qui écourte singulièrement la retraite de certains...

1.500 morts en plus

Avec de telles inégalités entre quartiers, les différences deviennent impressionnantes si on les exprime en nombre de décès. En effet, si on imagine que l’ensemble de la population bruxelloise connaissait les mêmes conditions d’espérance de vie que les habitants des quartiers aisés, cela ferait près de 1 500 morts en moins chaque année dans la capitale ! À titre de comparaison, on compte une centaine de morts par homicide à Bruxelles. Donc beaucoup, beaucoup moins que la différence d’espérance de vie. Pour se faire une idée, disons que cela fait l’équivalent, tous les 20 ans, d’un tsunami comme celui du 11 mars 2011 au Japon. Mais un tsunami silencieux, sans responsables apparents, comme s’il s’agissait d’un phénomène naturel. Pourtant, les inégalités sociales n’ont rien de naturel, et profitent à certains groupes, pas du tout prêts à les voir remises en cause.

Face à ces chiffres, on n’a bien du mal à comprendre pourquoi les pouvoirs publics s’évertuent à vouloir vendre la zone canal à des promoteurs pour y attirer des populations aisées. Car ce n’est bien sûr pas comme cela que l’on rendra la scolarité et l’accès à la formation plus démocratiques, ni que les conditions de vie deviendront plus égalitaires. À moins que le calcul soit beaucoup plus cynique : attirer des riches et bien portants dans les quartiers populaires pour diluer les statistiques, et pousser tous ceux incapables d’y trouver un logement abordable d’aller mourir ailleurs...

Nous vous parlions d’un autre article de la menace financière qui pèse sur Inter-Environnement Bruxelles et, en conséquence, sur son travail. L’article ci-dessus (qui remonte à 2011) est un exemple parmi mille de la qualité et de la nécessité de ce travail dont vous pouvez découvrir diverses expressions sur ieb.be




 
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