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Alertez les bébés !!!
Valérie Xhonneux  •  2 décembre 2009  •  Santé environnement

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A deux ans, nos bambins prennent un plaisir fou à explorer leur environnement en furetant dans tous les coins et en expérimentant en toute innocence ce qui leur tombe sous la main. Ils sont à la fois débordants d’énergie positive et très fragiles du fait qu’ils sont en plein développement. Dans notre société (post)moderne, nous sommes obligés de regarder cette activité de découverte avec émerveillement mais aussi avec crainte : de nombreuses études montrent en effet que l’exposition précoce des enfants à une multitude de substances dangereuses met en péril leur développement. Chaque bébé (et il y en a plusieurs millions dans le monde) est donc une bonne raison pour bannir de notre environnement ces substances chimiques nocives. Ne pas le faire serait compromettre leur avenir. Ces expositions peuvent en effet être à la base d’allergies multiples et diverses mais aussi de perturbations plus ou moins importantes du système endocrinien.


Les perturbateurs endocriniens

Un perturbateur endocrinien peut être définit comme un agent exogène qui interfère dans l’organisme avec la synthèse, la sécrétion, le transport, la liaison, l’action ou l’élimination d’hormones naturelles responsables du maintien de l’homéostasie, de la reproduction, du développement et des comportements.

Des études récentes montrent que les substances chimiques perturbatrices du système endocrinien sont suspectées de jouer un rôle dans le nombre croissant de cas d’endométrioses, de cancers du sein et des testicules et dans le déclin des quantités de spermatozoïdes ; dans plusieurs pays européens, on estime qu’un homme jeune sur cinq souffre d’infertilité. Ces résultats requièrent qu’une action soit entreprise sans délai pour assurer une meilleure protection face à la menace représentée par ces substances dangereuses.

Trois catégories de substances sont considérées comme étant particulièrement à risque :

- les parabens : ils sont utilisés comme conservateurs dans une large gamme de produits de consommation courante. Quatre parabens sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens par l’Union Européenne : le methylparaben, l’ethylparaben, le butylparaben et le propylparaben.
- les PCBs : si leur utilisation est interdite depuis 1986, on retrouve des PCBs un peu partout dans notre environnement. Ces substances s’accumulent dans la chaine alimentaire, tout particulièrement dans les organismes gras.
- les phtalates : sont des plastifiants du PVC ; ils présentent une large gamme d’effets sur la santé humaine, qui vont de l’innocuité totale à la perturbation du système hormonal. Les phtalates les plus dangereux sont le DEHP, le DBP, le DIPB et le BBP. On en trouve principalement dans les cosmétiques, shampoings, crèmes antirides, parfums, certains jouets, textiles, tapis, mobilier, emballages plastique, intérieur des voitures, matelas pour langer, sols, rideaux de douche et autres produits en PVC...

Des initiatives de sensibilisation

Plusieurs initiatives, qu’elles soient associatives ou publiques, ont été prises dernièrement pour attirer l’attention tant des politiques que du grand public sur cette problématique.
La société d’endocrinologie internationale a ainsi lancé une première alerte au mois de juin, en mettant en exergue l’accumulation des preuves des effets néfastes des perturbateurs endocriniens (PE) sur la santé.

L’agence danoise de protection de l’environnement a quant à elle publié deux études : la première analyse l’exposition totale des enfants danois âgés de 2 ans aux PE. Les conclusions indiquent que les principales voies d’exposition des enfants aux PE sont l’air intérieur et l’alimentation.
La seconde publication, destinée aux parents, leur recommande des pistes d’actions pour réduire l’exposition des enfants aux substances présentes dans les produits de consommation courante et dangereuses pour leur santé.

Cette brochure recommande 8 pistes d’action :
- assurer un air intérieur sain : nous passons 80 à 90% de notre temps à l’intérieur. Or de nombreux produits, tels les télévisions, les ordinateurs, les divans, tapis, ou autres substances que nous disséminons dans les pièces polluent l’air intérieur de nos maisons. Pour réduire cette pollution, il est nécessaire avant tout de ventiler régulièrement les pièces de vie. Pour des conseils pièce par pièce des produits à privilégier et à bannir de notre intérieur, n’hésitez pas à consulter les sites sante-habitat.be et ecoconso.be

- servir une alimentation variée : les aliments peuvent contenir de faibles quantités de substances chimiques. Elles proviennent de l’environnement, de l’emballage ou du procédé de fabrication. En variant les aliments, on peut réduire les risques d’exposition des jeunes enfants à des quantités trop importantes de substances dangereuses. Lors de la préparation des repas, il est également important de toujours utiliser des produits et ustensiles exempts des substances incriminées. Le logo « du verre et de la fourchette » certifie que les produits remplissent les exigences requises pour les matériaux en contact avec les aliments.

- privilégier les produits de soins labellisés : le « cygne nordique » est un label d’excellence environnementale qui certifie que les produits qui le portent sont exempts de butylparaben et de propylparaben, deux perturbateurs endocriniens. L’Ecolabel européen certifie l’absence de certaines catégories de substances dangereuses. Dans le doute, il suffit de lire la liste des ingrédients du produit.

- acheter des produits de soins sans parfum : les parfums peuvent causer des réactions allergiques. Les savons et shampooing en contenant doivent donc être évités.

- éviter les phtalates les plus dangereux : si les phtalates perturbateurs du système endocrinien sont bannis des jouets, ils demeurent bel et bien présents dans d’autres catégories de produits avec lesquels les enfants sont régulièrement en contact : du rideau de douche au matelas à langer, en passant par les cosmétiques, les sources d’exposition sont multiples. Le quatre phtalates les plus dangereux doivent donc, tant que faire se peut, être évités.

- laver les produits avant leur première utilisation : les nouveaux vêtements, draps de lit et de bains peuvent contenir des substances absorbables par la peau. Il est donc toujours préférable de laver ces objets avant leur première utilisation, avec, bien sûr, un savon porteur du cygne nordique ou de l’écolabel européen.

- éliminer les vieux jouets en plastique souple : les vieux jouets en plastique souple peuvent contenir les 4 phtalates énumérés ci-dessus. Il est donc préférable de ne pas les laisser entre les mains des enfants de moins de trois ans.

- acheter des jouets labellisé CE et sans parfum : l’estampillage « CE » garantit que le jouet est fabriqué dans le respect de la législation européenne. Mais le producteur est seul responsable de cette garantie. Les jouets de type « peinture à doigts » et autres jouets chimiques impliquent une surveillance de l’enfant pendant leur utilisation. Le butylparaben et le propylparaben peuvent être présents dans ces catégories de jouet. Dans le cas des peintures à doigts, ils sont renseignés dans la liste d’ingrédients sous « E216 » et « E217 ».

Quelques conseils à appliquer au quotidien donc, avant que des mesures règlementaires ne soient prises.

Des initiatives politiques ?

L’Europe a entrepris des efforts pour protéger ses citoyens des effets indésirables des substances chimiques. Cependant, les règlementations actuelles sous-estiment les risques et ne permettent pas d’atteindre une protection élevée de l’environnement et de la santé humaine. En effet, elles se concentrent principalement sur les risques d’exposition à une seule substance chimique et ignorent le fait que les gens et l’environnement sont en réalité exposés simultanément à un grand nombre de substances chimiques.

Le Conseil "environnement" du mois de décembre devrait aborder la problématique de cet effet cocktail, particulièrement aigu dans le cas des perturbateurs endocriniens. Les associations de protection de l’environnement ont invité les ministres concernés à soutenir des conclusions fortes lors de cette réunion : les effets cocktail doivent être pris en compte lors de l’évaluation des risques des substances chimiques et la Commission européenne doit analyser rapidement les insuffisances de la législation existante et proposer des solutions pour y remédier.

Extrait de nIEWs (n°65, du 26/11 au 10/12),

la Lettre d’information de la Fédération.

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