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Bandes tampons enherbées : bientôt une avancée majeure pour la protection de nos cours d’eau ?
22 novembre 2018  •  Pollution agricole

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La proposition d’instaurer des bandes tampons enherbées ou boisées le long des cours d’eau wallons est actuellement discutée au Gouvernement wallon. Cette mesure, également au centre de réflexions européennes visant à améliorer la qualité des eaux, est parmi les plus efficaces pour réduire les pollutions d’origine agricole. Pour la Fédération Inter-Environnement Wallonie, l’instauration de cette mesure est capitale pour protéger et améliorer l’état de la ressource eau.

La qualité des eaux de surface en Wallonie est encore loin d’atteindre le bon état écologique comme le prescrit la Directive cadre européenne sur l’eau.
Ainsi, 55% des eaux de surface n’ont pas atteint ce bon état à l’échéance de 2015. Si des moyens importants ont été consentis pour épurer les eaux usées domestiques et industrielles et limiter les pollutions ponctuelles d’origine agricole, il reste beaucoup à faire pour réduire les pollutions diffuses. D’après l’analyse des pressions réalisée dans le cadre des 2èmes Plans de Gestions par Districts Hydrographiques (PGDH2), le secteur agricole est en partie responsable de la non-atteinte du bon/très bon état écologique dans 100 masses d’eau de surface. Or, les mesures volontaires ou obligations actuelles semblent montrer leurs limites. La Cour des Comptes, comme la Commission européenne, enjoignent d’ailleurs la Wallonie à prendre des mesures supplémentaires pour améliorer la qualité des eaux.

Une mesure efficace peut pourtant faire toute la différence pour limiter les apports de nitrates, de phosphore, de pesticides ou encore de sédiments dans les cours d’eau : l’instauration systématique de bandes tampons enherbées ou boisées en bordure de cours d’eau, soit un espace de quelques mètres entre la zone cultivée et le cours d’eau disposant d’un couvert végétal permanent où l’utilisation de fertilisants et des traitements phytosanitaires est proscrite.

Cette mesure présente quatre avantages évidents :
- son efficacité contre les pollutions des cours d’eau par les nitrates, le phosphore, les pesticides et les sédiments. L’absence de couvert végétal permanent sur les bandes tampons, telle que pratiquée actuellement, ne permet pas de réduire significativement les transferts de sédiments et de polluants vers les eaux de surfaces alors que l’abattement des contaminants atteint au moins 60% pour une bande enherbée de 6 mètres de large [1].
- la possibilité d’un contrôle aisé et incontestable de la mesure, comparativement à la disposition actuelle [2] ;
- un renforcement du maillage écologique qui bénéficie à la biodiversité ;
- l’apport à l’agriculture de cette bande qui contribue, avec d’autres éléments topographiques, à la présence d’auxiliaires des cultures qui apporteront des bénéfices aux parcelles adjacentes et réduiront les risques parasitaires.

Cette mesure, déjà instaurée en France, figurait précédemment dans un scénario « atteinte du bon état » étudié dans le cadre des PGDH2 mais n’avait malheureusement pas été reprise dans les 2èmes Plans de Gestion. Par ailleurs, les politiques incitatives (méthodes agro-environnementales et climatiques- MAEC) n’ont pas permis d’atteindre des objectifs environnementaux satisfaisants(moins de 15 % de rives protégées).

Aujourd’hui, le Gouvernement wallon discute de l’opportunité d’instaurer une bande tampon enherbée ou boisée d’une largeur de 6m le long des cours d’eau wallons. La Fédération Inter-Environnement Wallonie encourage le Gouvernement à adopter cette mesure sans tarder. Afin d’aider le secteur agricole dans cette transition nécessaire, IEW rappelle que les dispositions du verdissement de la PAC, qui représente 30% des aides directes octroyées, soit plus de 80 millions d’euros attribués annuellement en Région wallonne, offrent un moyen d’adopter rapidement ces pratiques plus durables tout en étant acceptables et réalistes pour le secteur agricole.

Illustrations : Album photos présentant quelques exemples de mauvaises pratiques agricoles qui mettent en péril la qualité des eaux de surface. Drainage, enfouissement de cours d’eau, labour en crête de berge, non-respect de l’interdiction de pulvériser à moins de 6m des cours d’eau... Autant de dérives qui justifient la nécessité d’instaurer une bande tampon enherbée ou boisée le long de tous les cours d’eau. A voir sur : https://www.facebook.com/iew.be/posts/2182740755090206

Visite de terrain : Possibilité de visite dans la région de Gembloux>> voir avec Olivier Guillitte (0495/520293)

Contacts presse :
Gaëlle Warnant- Chargée de mission Ressources Eau et Déchets – 0496/103 841 – g.warnant@iew.be
Lionel Delvaux- Chargé de mission Ruralité et Biodiversité – 0497/766 011 – l.delvaux@iew.be
Olivier Guillitte - administrateur – 0495/520293 - olivier.guillitte@gmail.com


[1Etude du Prof. Thierri Walot – Bandes végétalisées le long des cours d’eau et bénéfices dans la réduction des pollutions agricoles diffuses (mars 2017)

[2La législation relative aux cours d’eau impose actuellement de ne rien pulvériser dans une bande de 6 mètre le long des berges mais la culture reste possible. Cette disposition est cependant peu respectée au regard au regard de l’état des cultures concernées.



 
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