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Chapitre 1 : Les élevages intensifs, position d’IEW
9 avril 2013

Dans ce chapitre, différents éléments d’analyse sont proposés au lecteur pour l’aider à se positionner par rapport à un projet d’élevage intensif. Après avoir clairement identifié de quoi il s’agit, nous analysons ce mode de production au regard du développement durable. Enfin, nous faisons part de nos revendications plus précises en matière d’élevage.


1-1 : Qu’est ce qu’un élevage hors-sol

Un élevage hors-sol est un élevage caractérisé par un lien déficitaire au sol. Autrement dit, les superficies agricoles détenues par l’éleveur ne permettent ni la production de l’alimentation des animaux, ni l’épandage de leurs effluents. Or ce lien garantit, en amont, l’origine des aliments pour le consommateur et, en aval, des capacités d’épandage suffisantes pour assurer le recyclage des effluents. Les risques de pollution des eaux sont important car les élevages hors-sol sont généralement de très grande taille puisqu’ils cherchent avant tout à valoriser les économies d’échelle. Spécialisation, simplification, mécanisation en sont les maîtres mots.

L’agriculture biologique est, par essence, extensive car elle utilise peu d’intrants et qu’elle est directement liée au sol (obligation découlant du cahier des charges). Par contre, elle peut être industrielle car pratiquée à grande échelle et avec automatisation de certains travaux.

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1-2 : Distinguer l’ivraie du bon grain

Nous appelons les riverains à éviter toute réaction de type NIMBY. Le milieu rural a aussi une vocation économique et il est normal qu’en zone agricole et en zone d’habitat à caractère rural des projets d’élevage puissent se développer. Mais ces projets doivent garantir un minimum de nuisance aux riverains et à l’environnement. Le chant du coq ou l’épandage de fumier sont des activités normales en milieu rural. En dehors des élevages de type industriel et hors-sol, il nous paraît opportun de la part des riverains de rencontrer le demandeur : la convivialité fait aussi partie de la qualité de vie en milieu rural. Une visite d’exploitations de taille et de type comparable au projet envisagé, avec ou sans le demandeur, peut s’avérer profitable pour tous. N’oublions pas que le recours systématique à des revendications de type « NIMBY » déforce les arguments de ceux qui s’opposeront à des projets réellement problématiques.

Ainsi, tous les projets d’élevage ne sont pas à rejeter systématiquement. Certains constituent une véritable alternative à l’élevage hors-sol. Produisant des aliments de qualité, valorisant les ressources et l’image d’une région tout en créant de l’emploi durable en milieu rural, certains projets méritent d’être soutenus. Cependant tout nouveau projet apporte ses effluents dans une Région wallonne déjà proche de la saturation, ce qui n’est pas rassurant pour la qualité de l’eau notamment et les nappes phréatiques qui continuent de se charger dangereusement en nitrates.

Sans vouloir évaluer les différents types d’élevages existants, nous proposons au lecteur quelques éléments d’analyse pour pouvoir évaluer les projets. En élevage aussi, il faut savoir discerner l’ivraie du bon grain ! Voici quelques pistes d’évaluation, basées sur les trois piliers du développement durable.

a / Volet économique

- Le projet doit être économiquement rentable. Il doit créer de la valeur ajoutée, par rapport aux moyens de production mis en ½uvre et aux volumes produits. Le projet doit valoriser les ressources d’une région pour en retirer la plus forte plus value. Cette production économiquement efficace va de pair avec une production de qualité.

- Les systèmes intensifs sont aussi les plus fragiles d’un point de vue économique. Elaboré pour offrir des productions standardisées à destination du marché international, ils sont à la merci des évolutions à moyen et long terme de ces marchés.

b / Volet social

- Le projet doit favoriser un emploi indépendant et autonome. Par exemple, un projet d’élevage intégré dans une filière de production ne rencontre pas ces objectifs. Dans un tel cas, l’agriculteur endosse la responsabilité financière du projet tandis qu’il est lié contractuellement avec des fournisseurs et marchands.

- Le projet doit favoriser la répartition de l’emploi en milieu rural et entre agriculteurs. Un moyen pour assurer une meilleure répartition de l’emploi est de le lier à la production d’azote provenant des effluents d’élevage. Celle-ci ne devrait pas dépasser 30 à 35 tonnes, tous élevages confondus, pour une exploitation de type familiale. Au-delà, on peut considérer le projet comme un élevage industriel. IEW propose de développer des ateliers de plus petite taille, ne dépassant pas 10 tonnes, afin de favoriser la diversification au sein de la même exploitation.

- Le principe de souveraineté alimentaire tant en Europe qu’avec les pays du sud doit être respecté. Produire de la viande pour des pays tiers ne respecte pas réellement ces principes. Les élevages de types industriels valorisent aujourd’hui leurs sous-produits (ailes de poulets, …) sur les marchés d’Afrique centrale, ruinant ainsi l’élevage local !

c / Volet environnemental

- Chaque exploitation doit disposer de surfaces suffisantes pour l’épandage de ses effluents. IEW plaide pour que ce recyclage soit d’un minimum de 50 % interne à l’exploitation (terres en propre ou en location) et qu’il soit assuré, pour le reste, par des contrats d’épandage. IEW demande également que les terres liées par un contrat d’épandage se situent dans un périmètre de 15 km autour de l’exploitation. Ce lien au sol permet aussi le développement en amont d’un lien au sol via l’alimentation du bétail.

- Le type d’effluent produit par l’exploitation n’est pas non plus sans risques pour l’environnement. L’utilisation de lisier de porc ou des fientes de volaille, effluents pauvres en matière organique, appauvrit les sols en matière organique. De plus, ces effluents présentent plus de risque pour l’environnement que l’utilisation de fumier ou de compost car les nitrates risquent davantage d’être lessivés par les pluies. Enfin, les élevages sur paille respectent davantage le bien-être animal.

- La localisation des bâtiments d’élevage, leur intégration au sein du paysage, l’importance des nuisances sonores et olfactives constituent également des paramètres importants.

- Le taux de saturation en azote de la commune, l’évolution du taux de nitrate dans les captages à proximité, la présence de site naturel sensible sont autant d’éléments qu’il faut également prendre en compte.

- Les épandages est également un des points cruciaux de l’impact sur l’environnement local. Tous les types d’élevage sont concernés car un projet d’élevage de porc sur prairie, dans un site Natura 2000, pourrait poser autant de problème que l’épandage des effluents d’élevage provenant d’un élevage hors-sol sur la même parcelle…

La position d’IEW sur les élevages intensif, est plus amplement développée sur notre site internet.

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1-3 : Les alternatives

Des modes de production alternatifs en porc et en volaille existent. Le porc sur paille, les porcs ou poulets en plein air, certaines filières sont encore demandeuses d’éleveurs s’engageant dans ce type de production. En production porcine, il s’agit notamment du porc qualité Ardenne ( www.pqa.be ), des filières courtes développées par Coprosain ( www.coprosain.be ) et d’autres initiatives plus locales ( [1] ). En volaille, des initiatives intéressantes existent comme le poulet de Hesbaye et d’autres produits en filière courte. Pour le porc et la volaille, la filière bio ( www.bioforum.be ) constitue également encore une alternative prometteuse.

Le poulailler « clé sur porte » que proposent les firmes agroalimentaires est une démarche simple pour l’agriculteur. Aller prospecter vers d’autres filières est bien plus compliqué. Les riverains peuvent aider l’éleveur à faire évoluer sa réflexion.

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