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Comment faire d’une coupure ferroviaire une opportunité ?
Juliette Walckiers  •  8 novembre 2018  •  Mobilité

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Le 23 octobre dernier se déroulait, à l’initiative de Sentiers.be dont les compétences en la matière sont incontestables, le premier colloque « Wallonie piétonne ». La marche est amenée à jouer un rôle majeur et croissant pour des raisons de santé publique et d’enjeux environnementaux. Ce colloque a été l’occasion de pointer une problématique particulière, celle des coupures.

Les coupures comme entraves à la pratique de la marche

Plusieurs intervenants, belges et étrangers, ont partagé lors de cette journée d’étude autour de la marche, l’enjeu de rendre nos villes « poreuses ». L’utilisation de la marche dans les déplacements quotidiens est potentiellement freinée par les détours imposés par la configuration des lieux et les aménagements urbanistiques. Malgré sa lenteur et les efforts demandés, la marche devient attractive quand elle permet de couper court dans un déplacement que l’on veut rapide mais aussi quand elle permet un moment de respiration grâce à un cadre agréable.

En zone rurale comme en zone urbanisée, les coupures peuvent être nombreuses, tantôt naturelles tantôt construites : rivière, fort dénivelé, ligne ferroviaire, route à fort trafic, grand îlot bâti, etc. L’enjeu est d’une part d’éviter la création de nouvelles coupures en veillant à prévoir ou préserver venelles, passages sous voies, passerelles ou autres passages. Et d’autre part, il s’agit d’aménager au mieux les coupures existantes, parfois inévitables, pour permettre leur traversée de manière la plus confortable possible.

Le cas particulier des coupures ferroviaires

Le rail est et sera de plus en plus amené à jouer le rôle d’ossature pour le développement d’un réseau de mobilité durable. Outils de désenclavement des zones moins denses, les trains grâce à leur infrastructure dédiée sont aussi le moyen le plus performant d’arriver rapidement au centre des grandes agglomérations. Les infrastructures ferroviaires ne sont donc pas prêtes à disparaître, il faut s’en accommoder. Concernant le croisement route-rail, je vous renvoie à l’article ici qui traite des passages à niveaux. J’ai bien l’intention un jour de rédiger un article spécifique sur les passages à niveaux piétons (si si ça existe !), mais aujourd’hui, je souhaite m’attarder quelque peu sur les coupures ferroviaires imposées par la nécessaire présence des gares en ville.

Des gares traversantes, une évidence !

On devrait parler de gare poreuse, tellement il est essentiel de multiplier autant que possible les accès aux quais et donc aux services ferroviaires à partir de tous les quartiers alentours. Faut-il rappeler qu’une grande partie des voyageurs potentiels du chemin de fer se situe dans une zone de chalandise de 1500 mètres autour d’une halte ? D’où l’intérêt de favoriser une certaine densification près des gares, et pour ce faire, valoriser les quartiers de part et d’autre des lignes ferrées.

Cercles concentriques de 300m, 500m, 750m, 1000m et 1500m autour de la gare de Zoug (ville de Zoug dans le canton suisse du même nom situé entre Zurich et Lucerne)

De moins en moins, les gares auront une entrée principale et une entrée arrière mais devront avoir deux entrées accessibles, agréables et valorisées autant l’une que l’autre. C’est le cas de la plupart des gares en Suisse. En Belgique, nous sommes sur la bonne voie. La nouvelle gare de Mons a été conçue sur le principe de transversalité. L’accès boulevard du Nord de la gare de Namur pourrait certes être amélioré (surtout pour les cyclistes !) mais existe et est beaucoup utilisé. A Liège, il y a certainement encore à réfléchir et agir pour valoriser le quartier et son accès à l’arrière de la gare, au-delà de l’aménagement uniquement pensé pour le P+R, mais cela viendra certainement.

Une galerie commerçante au milieu d’une bifurcation ferroviaire, il fallait oser !

La gare de Zoug en Suisse, reconstruite entre 2001 et 2004 est un bel exemple de gare perméable.

En voici une brève description :
Une galerie commerçante sur 2 niveaux, emplie de lumière. A l’étage, des commerces directement et uniquement accessibles via les quais. Au rez-de-chaussée, des commerces accessibles par trois accès :
-  Depuis/vers les nouveaux quartiers de la ville avec un espace dépose-minute et taxis et du stationnement vélo bien entendu.

-  Depuis/vers le centre-ville historique avec connexion piétonne, connexion bus et encore du stationnement vélo bien entendu

-  Depuis/vers le lac de Zoug avec une large esplanade dédiée aux piétons et aux bus

Mais c’est certainement en regardant le plan accessible (ici, page 1 et 2 et ici page 3) (dont un extrait est repris ci-dessous) que l’on se rend mieux compte de l’originalité de la localisation de cette gare commerçante et multi-traversante. Amis aménagistes wallons, inspirez-vous !




 
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