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Coût vérité ou prix vérité : tenter d’y voir clair
Véronique Paternostre  •  23 juin 2006

Il est beaucoup question, pour l’instant, de coût vérité des déchets, de pollueur-payeur, ou autre plan d’investissement wallon pour la gestion de nos déchets… Mais la confusion règne, le flou sur les chiffres aussi… Tâchons d’y voir clair.

Le Coût vérité renvoit au coût, pour la société, de la gestion de ses déchets. Sa connaissance, qui recèle de nombreux avantages, oblige à une transparence de la part des gestionnaires de la collecte/ transport/ tri/ traitement/ élimination de nos déchets. En effet, faire connaître au citoyen ce que l’Etat (et donc les contribuables) dépense pour se charger de ce qui finit dans « la poubelle » de chaque individu est un précieux outil de sensibilisation qui peut influencer les comportements des citoyens. L’obligation de transparence- loin d’être aujourd’hui acquise- induite par l’application du coût vérité amènera plus de vérité dans les coûts. Et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Le prix vérité est le prix à payer par le pollueur-payeur pour couvrir ce coût de gestion.
Mais comment faire le lien entre coût vérité et prix vérité ? Est-il concevable de faire payer par le citoyen (producteur final du déchet ménagers) l’entièreté de la facture régionale des déchets sans responsabilisation des autres acteurs : producteurs, distributeurs... Cette tarification doit permettre de couvrir les coûts de la politique des déchets selon les responsabilités et modes de traitement choisis pour les déchets ménagers et dans le respect des contraintes locales. Il est en effet du ressort des communes de définir les modalités de collecte des déchets étant donné qu’elles sont responsables de la salubrité et propreté publiques. 

Le concept du pollueur payeur doit être appliqué de la même façon pour tous : aussi bien les producteurs (de futurs déchets) que les distributeurs et emballeurs de ces futurs déchets ménagers qui seront achetés puis finalement jetés par le citoyen.
Cette application implique une suivi particulier de ses effets pervers possibles (comme le tourisme des déchets) et de l’inéquité sociale pour certaines tranches plus fragilisées de la population ; même si généralement il est admis que ce sont les ménages à gros revenus qui produisent plus de déchets (attention aux familles nombreuses).

Comme pour le prix de l’eau, il conviendrait d’assurer que la solidarité, la progressivité et l’information soient déterminants lors de la mise en place du prix-vérité. L’application du principe pollueur-payeur doit pénaliser la pollution et encourager sa réduction à la source. Dans ce sens, les filières d’élimination des déchets (la mise en décharge, l’incinération) doivent clairement être les modes de gestion les moins attractifs, contrairement aux mesures de prévention qui doivent être encouragées.

Alors, que la Région ne se lance pas dans des projets d’investissements colossaux pour des filières contreproductives en terme de prévention des déchets ! Au risque de se retrouvée prise dans le cercle vicieux de la rentabilité nécessaire…




 
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