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Doel 4 ou le mythe du nucléaire "sûr"
Pierre Titeux  •  11 août 2014  •  Nucléaire  •  Santé environnement

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La centrale nucléaire Doel 4 est à l’arrêt depuis le mardi 5 août suite à « une perte d’huile de la turbine à vapeur dans sa partie non-nucléaire » pour reprendre les termes du communiqué d’Electrabel dans un communiqué jeudi. L’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) a été avertie et s’est rendue sur place pour effectuer les constats nécessaires. Après analyse, il apparaît que l’incident provient d’une « intervention manuelle volontaire sur la vanne de décharge du réservoir d’huile », précise encore Electrabel.

Selon des informations de VTM confirmées par les autorités concernées, l’AFCN et le parquet de Termonde ont chacun ouvert une enquête sur cet incident. « Presque tous nos enquêteurs sont sur place » a indiqué une porte-parole de l’AFCN. « Ils interrogent tous les membres du personnel, en commençant par les personnes présentes sur les lieux juste avant l’incident. Leur présence peut être connue avec exactitude grâce au système de pointage des badges. »

Ce week-end, "Le Soir" indiquait qu’il s’agirait bel et bien d’un sabotage ne pouvant avoir été commis que par quelqu’un d’interne à la centrale et ayant le « know-how » nécessaire pour commettre un tel acte. Une information qui a été confirmée par Jan Bens, le patron de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Il a expliqué que la perte d’huile survenue relève d’une manœuvre manuelle et délibérée. « Il y a eu une manœuvre manuelle, délibérée afin de faire couler l’huile. Comme nous soupçonnons une intention criminelle, le parquet de Termonde a été sollicité », a ajouté M. Bens, qui par le passé dirigeait lui-même la centrale. « Le site est équipé de nombreuses caméras mais celles-ci ne voient pas tout. Plusieurs centaines de personnes ont accès à la zone technique, où les faits se sont déroulés. » Il n’exclut pas que parmi ces centaines de personnes qui ont accès à la zone technique, il y ait aussi des travailleurs qui puissent pénétrer dans des zones plus sensibles (nucléaire...). La centrale est toutefois subdivisée en plusieurs zones, entre lesquelles travailleurs et entrepreneurs doivent s’identifier avec un badge.

Si la mise à l’arrêt de cette centrale, survenant après celles de Doel 2 et Tihange 1 où des centaines de micro-fissures avaient été détectées dans des cuves, soulève les inquiétudes des experts es-électrcité qui prédisent un possible black-out lors de l’hiver prochain, la cause de cette situation ne semble pas susciter les inquiétudes et questionnements que l’on serait pourtant en droit d’attendre. En effet, quels que soient les résultats de l’enquête en cours, la sacro-sainte "sécurité" vantée par les thuriféraires du nucléaire apparaît soudain bien précaire. Et on ne peut s’empêcher de poser une question qui fait peur : quand serait-il si, demain, « une intervention manuelle volontaire  » et malfaisante avait lieu dans la partie nucléaire d’une de nos centrales ??? A l’heure où les négociateurs du prochain gouvernement fédéral envisage de remettre une nouvelle fois en cause la sortie programmé de l’atome, la perspective fait froid dans le dos et mériterait d’être envisagée avec tout le sérieux qu’elle nécessite.




 
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