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Du catalogue à la route, la consommation des voitures fait le grand écart
Pierre Titeux  •  Pierre Courbe  •  29 septembre 2014  •  Transport routier  •  Gaz à effet de serre / CO2  •  Energies fossiles

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Un rapport [1] de l’ICCT (International Council on Clean Transportation) publié ce 28 septembre 2014 révèle que les consommations réelles de carburant des voitures neuves sont aujourd’hui 30% plus élevées que les consommations officielles présentées dans les brochures commerciales. Il y a dix ans, ce décalage n’était que de 10%.

Réalisé conjointement par l’ICCT, la Nederlandse Organisatie voor Toegepast Natuurwetenschappelijk Onderzoek (Organisation pour la recherche scientifique aux Pays Bas – TNO) et l’Institut für Energie- und Umweltforschung Heidelberg (Institut Heidelberg pour la recherche sur l’énergie et l’environnement – IFEU), le rapport se base sur des données provenant de plus de cinq cent mille voitures privées et d’entreprise. L’analyse statistique révèle une divergence croissante entre les données-catalogue et les consommations réelles. De l’ordre de 10% il y a dix ans et de 25% il y a deux ans, l’écart est maintenant de 31% pour les voitures privées. Il est particulièrement interpellant d’observer que, chaque fois qu’un nouveau modèle est introduit sur le marché, la différence augmente par rapport à l’année précédente.

Ce rapport de l’ICCT fait écho aux essais réalisés par l’association de consommateurs italienne Altroconsumo révélés ce 23 septembre par Test-Achats. En utilisant les mêmes protocoles de test que l’industrie automobile, cette association a mesuré des consommations de 18 à 50% plus élevées que celles annoncées par les constructeurs !

L’impact est considérable sur le portefeuille des automobilistes (selon l’ICCT, l’écart de consommation correspond à environ 450 € de carburant en plus par an) mais aussi sur l’environnement : la réduction réelle des émissions de CO2 ces dix dernières années n’atteint en effet que la moitié de celle annoncée.

Les tests et procédures d’essais actuels baptisés NEDC (pour New European Driving Cycle) rendent possibles une série « d’optimisations » dont les constructeurs profitent pour annoncer des consommations de carburant (et donc des émissions de CO2, qui leur sont directement proportionnelles) très fortement sous-estimées. Ce qui présente pour eux un double avantage : rendre leurs voitures attractives pour les consommateurs et répondre sans trop d’efforts aux objectifs européens de réduction d’émissions de CO2.

Sans apporter une réponse à tous les problèmes actuels, la nouvelle procédure d’essai mondiale développée par les Nations Unies (WLTP pour Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure), devrait ramener les résultats officiels à plus de réalisme. Inter-Environnement Wallonie plaide dès lors pour l’intégration du WLTP dans la législation européenne au plus vite.


[1Du laboratoire à la route – Une comparaison des données officielles et réelles de consommation de carburant et d’émission de CO2 des voitures en Europe et aux États-Unis. Téléchargeableici (dès le 28 septembre).



 
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