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e-bike2station : témoignage de Pierre
Benoit Coumont  •  8 janvier 2013

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e-bike2station, c’est 16 navetteurs qui, durant un an, échangent leur voiture contre un vélo pour leurs trajets domicile-gare.

Les 7 meilleurs ennemis du CEAN

« Je suis sélectionné ! ». Devant mon explosion de joie, mon épouse se dit un instant que j’avais peut-être posé en cachette ma candidature à « The Voice ». Mais non, la sélection qui me donnait tant d’enthousiasme, c’était pour participer à E-Bike2Station ! Je faisais partie des 16 « Cyclistes Electriquement Assistés Navetteurs (CEAN) » qui allaient pouvoir tester pendant un an un vélo électrique pour aller à la gare… Et depuis, ma vie a changé : « Que du bonheur ! »… ou presque, parce que il y a quand même quelques bémols ! Ce sont pour moi les 7 meilleurs ennemis du CEAN...

Les intempéries d’un temps pourri
Statistiquement, il y a très peu de jours où il pleut « vraiment » à l’heure de se mettre en route… C’est peu dire que le printemps 2012 a fait mentir les statistiques ! Pluies, draches, averses, crachin, flotte, ondée, seaux, cordes, orages… on a tout eu en mai et en juin ! mais avec une bonne veste et un bon pantalon imperméables et des vêtements de rechange au bureau, même en cas de déluge, ce n’est pas la fin du monde !

Des insectes trop intimes
A la vitesse d’un vélo électrique, gare aux insectes volant en sens inverse, mouchettes dans les yeux et mouches dans la bouche. Avec mes lunettes sur le nez, il me suffit de rouler bouche cousue ! Cas vécu : sur une piste cyclable à sens unique, collision frontale entre mon genou droit et un frelon fantôme, piqûre très douloureuse ! Je me suis immédiatement souvenu des grosses fourmis congolaises, les « longola pantalon », textuellement les « enlève le pantalon » en lingala !

Les usagers forts
Il y a bien sûr les automobilistes pressés et pressants, Madame X en retard pour sa réunion avec des entrepreneurs chinois, Monsieur Y en retard pour déposer les enfants à l’école (sus aux stéréotypes !)… Il y a aussi, ce sont les pires, « ceux qui voudraient bien mais n’osent pas », qui vous collent la roue arrière sans oser vous dépasser, hésitent, mettent un peu de gaz puis freinent brusquement… et qui finissent par vous doubler au moment où ce n’est plus le moment… Mais tout ça n’est pas si grave : en tant qu’usager faible, je prends ostensiblement bien ma place, ça aide !

Fosses, bosses et gens qui bossent
Incroyable toutes les microbosses et microfosses qui jalonnent les routes ! Le pire, ce sont les « raccords ratés » entre la route et les casse-vitesse, ces petits « bourrelets » d’asphalte qui n’ont l’air de rien et qui pourtant vous cassent les reins si vous les abordez mal. Mais comme on suit tous les jours le même itinéraire, on apprend vite à les apprivoiser… Incroyable aussi le nombre de chantiers ! Sur mon itinéraire quotidien, il y en a 1 qui a duré plus de 3 mois ! Chaque matin, je n’étais pas certain de pouvoir passer et j’avais droit à un amusant tronçon de vélocross, pneus et pieds dans la boue, à slalomer entre les machines et les travailleurs…

La nuit, qui est vu ne voit pas…
…nécessairement. Phare blanc à l’avant, phare rouge à l’arrière, vareuse jaune réfléchissante et autres accessoires clignotants permettent d’être bien vu mais pas vraiment de bien voir. Pour les nuits noires des matins et soirs d’hiver, je me suis offert une lampe frontale annoncée comme puissante. Au début, cela me paraissait encore insuffisant, mais je me suis petit à petit habitué, disons aux imprécisions du relief ! Rassurez-vous, je vois quand même mieux que mon appareil qui a pris la photo !

La tentation de Carine
« Si tu veux, j’te ramène ». C’est ce que me dit régulièrement ma collègue Carine, navetteuse comme moi, qui laisse sa voiture à la gare d’Ottignies. LA phrase sympa mais qui tue, qu’on espère en même temps qu’on la redoute ! Parce qu’à 18h50, dans le train après une bonne journée de travail, pluie battante ou froid de canard, difficile de résister ! Mais ça va, le plus souvent j’y arrive !

Les cyclistes militants
Dans une autre vie, j’ai eu la chance de collaborer avec un certain E.O., aujourd’hui très engagé dans le monde du vélo. Je préfère préserver son anonymat pour lui éviter les représailles d’un autre CEAN en colère, mais il se reconnaîtra. Vu l’amitié que j’imaginais mutuelle, j’attendais de E.O. écoute attentive et compassion quand au début de l’expérience je lui ai fait part de quelques problèmes de batterie, d’équipement et d’organisation pratique rencontrés par des CEAN d’Ottignies. « Oh ! Les pauvres petits ! », fut sa seule réponse, toute de moquerie et de dédain de ce digne représentant de ces fous du guidon, incapables d’imaginer encore que pédaler, c’est trop dur, et l’hiver, c’est pas chaud.

Mais vous l’aurez compris, je suis en réalité un Cycliste Electriquement Assisté Navetteur vraiment HEUREUX et ces 7 ennemis sont déjà presque devenus des amis ! Sous peu, je serai peut-être aussi militant que mon ami E.O. ; je rirai avec ma collègue Carine de ses invitations à la paresse ; mes yeux rajeunis par l’exercice verront les chats gris même la nuit ; je m’amuserai des bosses, des fosses et des pauvres automobilistes stressés ; j’avalerai les mouches avec délectation et me serai progressivement immunisé contre les piqûres ; les levers de soleil du printemps prochain me feront même oublier les pluies de 2012… C’est sûr, en 2013, je fais tout pour m’acheter mon propre vélo à assistance électrique !

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