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Gestion durable des déchets organiques : une urgence !
Jean Denis Ghysens  •  12 mars 2015  •  Déchet

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En Wallonie, les déchets organiques constituent en moyenne 40% du poids des poubelles des ménages. Or sur les 262 communes que compte la Wallonie, seul 141 procèdent à une collecte sélective de ce type de déchets. Le Ministre de l’environnement, Carlo di Antonio a émis le souhait de voir cette collecte séparée se généraliser sur l’ensemble du territoire wallon sans pour autant fixer un objectif aux intercommunales et aux communes responsables de la collecte des déchets municipaux. Il est donc urgent que le gouvernement wallon impose la récolte sélective de la fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM) pour la valoriser de la manière la plus efficiente possible sur le plan environnemental.

Deux voies de valorisation biologique existent pour « réutiliser » ces déchets. La première consiste à composter ces déchets organiques pour obtenir un substrat réutilisable dans les jardins pour la fertilisation des sols. La seconde, plus récente est la méthanisation. C’est « un processus naturel de dégradation biologique de la matière organique dans un milieu sans oxygène due à l’action de multiples micro-organismes (bactéries). Elle peut avoir lieu naturellement dans certains milieux tels que les marais ou peut être mise en œuvre volontairement dans des unités dédiées grâce à un équipement industriel » [1]. Ce processus produit à la fois du gaz, principalement composé de méthane qui peut être ensuite utilisé pour produire de la chaleur et de l’électricité. Et ce, soit seul, soit en l’injectant dans les réseaux de gaz naturel ou comme agrocarburant. On obtient également un résidu, le digestat, qui peut à l’instar du compost être valorisé dans l’agriculture comme fertilisant.

Le compostage tout comme la méthanisation sont les moyens les plus naturels et les plus efficaces pour valoriser les déchets organiques. Or dans les nombreuses communes où il n’existe pas de récolte séparée pour ce type de déchets, ils sont simplement incinérés, ce qui en dehors de problèmes de pollution que produisent ces incinérateurs, constitue également une perte énergétique et/ou organique. En dehors des conflits d’utilisation qui peuvent exister entre ces deux types de valorisation, la non-utilisation des déchets organiques dans les filières de compostage ou de méthanisation constitue un non-sens sur le plan écologique.

Le gouvernement wallon doit imposer aux communes, responsables de la collecte des déchets municipaux, l’obligation de tri sélectif de la fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM). Si la valorisation constitue une piste moins négative que l’incinération, il est également regrettable que nos poubelles soient composées d’autant de déchets organiques. Des actions de sensibilisation ou l’application du principe de pollueur payeur que permettra la collecte sélective doivent également être mise en œuvre pour diminuer drastiquement le gaspillage alimentaire. Alors que dans le monde 870 millions d’êtres humains ne mangent pas à leur faim et qu’1,3 milliard de tonnes de nourriture (soit un tiers de la production mondiale) sont gaspillées chaque année, chaque wallon jette 19 kilos d’aliments sans avoir été consommés. [2]


[2RTBF Info, Gaspillage alimentaire : quelles actions mises en place en Belgique », 6 janvier 2014, http://www.rtbf.be/info/societe/detail_gaspillage-mondial-gifle-pour-les-870-millions-de-victimes-de-la-faim?id=8087606



 
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