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Glyphosate : lettre ouverte à Mme Maggie De Block et Mr Willy Borsus
La fédération  •  16 mai 2016  •  Pollution agricole  •  Polluants chimiques  •  Santé environnement

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Madame, Monsieur,

Les 18 et 19 mai prochains, les États-membres de l’Union européenne seront appelés à voter sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate. Cette matière active de l’herbicide Roundup est classée parmi "les cancérigènes probables pour l’homme" par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Nature & Progrès et la Fédération Inter Environnement Wallonie ont rejoint une coalition de 39 associations européennes qui ont publié une lettre ouverte demandant le non renouvellement de l’autorisation du glyphosate.

Nature & Progrès et la Fédération Inter Environnement Wallonie appuient cette coalition par l’envoi d’un courrier à la ministre fédérale de la Santé Publique et au Ministre fédéral de l’Agriculture, en leur demandant de refuser, au nom de la Belgique, cette autorisation de renouvellement.

Veuillez trouver ci-dessous le courrier envoyé ce jeudi 12 mai aux ministres concernés.

Pour toute information complémentaire ou demande d’ interview :

Marc Fichers
Nature & Progrès
0473/65.36.32 - marc.fichers@natpro.be

Valérie Xhonneux
IEW
0472/47.64.19 - v.xhonneux@iew.be

A l’attention de

Madame Maggie De Block, Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique,

Monsieur Willy Borsus, Ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l’Agriculture, et de l’Intégration sociale,

Concerne : le renouvellement de l’autorisation du Glyphosate viole le Règlement (CE) n° 1107/2009

Madame la Ministre,

Monsieur le Ministre,

Etant donné le vote imminent pour la réautorisation de l’ingrédient herbicide Glyphosate, nous, vous écrivons pour insister sur le fait que le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé le Glyphosate parmi les « cancérigènes probables pour l’homme ». Plus spécifiquement, parmi les hommes exposés au Glyphosate, une augmentation de l’incidence de Lymphomes Non Hodgkiniens (LNH) a été mise en évidence. Chez l’animal, des études montrent l’augmentation de l’incidence de différents types de tumeurs dont des lymphomes.

C’est pourquoi, il est probable que la réautorisation de Glyphosate en Europe augmentera la proportion de cancers corrélés à l’utilisation de pesticides contenant du Glyphosate et, très probablement, à la consommation d’aliments contaminés par le Glyphosate.

L’évaluation du Glyphosate en tant que cancérigène par le CIRC est basée sur une évaluation large et transparente de la meilleure littérature scientifique disponible par 17 scientifiques répertoriés par le CIRC comme n’ayant aucun conflit d’intérêt.

Le Glyphosate contamine notre environnement, notre nourriture et notre corps. Une étude publiée en mai 2016 révèle que le Glyphosate a été retrouvé dans l’urine de plus de 99% des 2 000 citoyens allemands considérés dans cette étude.

Ainsi, nous faisons appel à vous pour que la Belgique vote contre la réautorisation de la substance active pesticide, le Glyphosate, au cours de la réunion des 18 et 19 mai.

Le CIRC a conclu qu’il y avait une évidence suffisante de carcinogénicité chez l’animal de laboratoire combinée à une incidence limitée chez l’homme et à une forte évidence de génotoxicité.

L’évaluation humaine est basée sur 14 études épidémiologiques de cas-contrôles concernant le LNH considérées par les experts du CIRC. Une méta-analyse de ces études par l’épidémiologiste, le Professeur Eberhard Greiser de l’Université de Brème en Allemagne révèle que les individus exposés au Glyphosate ont un risque de 45% supérieur à celui du groupe contrôle de développer un LNH, une tumeur maligne des tissus lymphatiques. Le LNH est fatal dans la moitié des cas.

Les réglementations de l’UE permettent l’autorisation des pesticides seulement si certaines conditions sont rencontrées. L’industrie doit s’assurer « que les substances ou les produits placés sur le marché n’ont aucun effet dommageable sur la santé humaine ou animale ou aucun effet inacceptable sur l’environnement (Règlement (CE) n° 1107/2009, récital 8) ».

En vertu des critères d’exclusion applicables, les substances actives pesticides ne peuvent être autorisées si elles montrent des effets carcinogènes lors d’études sur l’animal et une évidence limitée de carcinogénicité pour l’homme montrée par l’épidémiologie (Règlement (EC) n°1107/2009, article 4, annexe II, section 3.6.3). « En particulier, lors de l’octroi des autorisations de produits phytosanitaires, les objectifs de protection de la santé humaine et animale et de l’environnement doivent primer sur les objectifs d’amélioration de la production végétale » (Règlement (EC) n° 1107/2009, récital 24).

Dans une lettre ouverte, 94 scientifiques de réputation internationale de 25 pays différents ont fait état de leurs préoccupations alarmantes à l’encontre de l’évaluation du risque faite par l’institut fédéral allemand de l’évaluation du risque (BfR) agissant ici comme Etat Membre Rapporteur pour la Commission européenne ainsi qu’ à l’encontre de l’Autorité Européenne des Sécurité des Aliments (EFSA). Ils qualifient cette évaluation de « scientifiquement inacceptable », de « fondamentalement erronée » et de « trompeuse ».

Les affirmations détaillées des experts annexées à cette lettre montrent que ces autorités ne considèrent pas les lignes directrices appropriées de l’OCDE dans leur évaluation du risque de cancer et interprètent mal les études scientifiques qui montrent des cancers chez l’homme ou l’animal. Ce sujet a été considéré comme une offense légale dans trois Etats Membres et au Bureau européen Anti-fraude (OLAF) par différentes ONG et divers politiciens.

Pour ces raisons et comme démontré dans cette lettre, et en vertu du Règlement (EC) n°1107/2009, une réautorisation de la substance active Glyphosate devrait être illégale dans l’Union européenne.

Le renouvellement de l’autorisation du Glyphosate pourrait avoir des effets dommageables sur la santé humaine et animale.

En vertu de tout ce qui précède, nous vous demandons urgemment de respecter le principe de précaution et de refuser le renouvellement de l’autorisation du Glyphosate.

Marc Fichers, Nature & Progrès

Christophe Schoune, Fédération Inter Environnement Wallonie

Annexes :
Evidence in animal testing_PeterClausing
Human evidence_EberhardGreiser
Differences between IARC and EFSA_Portier et al
Statement for the German parliament_IvanRusyn
Contradictions in the RAR




 
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