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Inter-Environnement Bruxelles étranglée financièrement
2 avril 2015

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A l’instar de l’ensemble du monde associatif belge, Inter-Environnement Bruxelles (alter égo d’Inter-Environnement Wallonie en région de Bruxelles Capitale) est frappée par les restrictions budgétaires imposées par les pouvoirs subsidiants régionaux comme fédéraux. Par-delà le débat sur la pertinence ou la vanité des efforts financiers exigés d’associations qui constituent une composante essentielle et structurante de la société civile, on ne peut que s’indigner de l’ampleur de la réduction de moyens imposée à IEB. Elle pourrait en effet atteindre 50% ce qui engendrerait une réduction drastique de personnel et l’empêcherait de facto de poursuivre efficacement ses missions.

Face à cette situation, le Conseil d’administration et l’équipe de travailleurs d’Inter-Environnement Bruxelles ont réagi via un texte que nous publions ci-dessus dans son intégralité.

Inter-Environnement Bruxelles privée de subventions... donne de la voix

Depuis la création de la Région en 1989, l’asbl Inter-Environnement Bruxelles bénéficie pour ses activités d’un soutien régional, notamment du/de la ministre de l’Environnement. Or, elle vient d’apprendre que sa ministre « de tutelle » va sabrer dans ce subside ; il s’agirait de réduire de moitié la subvention qui avait été accordée pour la période 2010-2014. Avec les conséquences qu’on imagine tant sur l’emploi que sur les possibilités de remplir son objet social.

L’asbl Inter-Environnement Bruxelles (IEB), fondée il y a 41 ans, fédère 70 comités d’habitants, collectifs et associations actifs à Bruxelles dans la création d’un milieu de vie de qualité pour ses habitants. La fédération est active dans des champs variés tels que le droit à un environnement sain, l’aménagement du territoire, le droit au logement, le partage de l’espace public, la lutte contre les pollutions, la protection de la nature, l’économie au service de la ville, l’éducation permanente à la démocratie...
Depuis la création de la Région en 1989, IEB bénéficie pour ces activités d’un soutien régional, notamment du/de la ministre de l’Environnement. Ces dernières années, elle bénéficie même d’un agrément pluriannuel. Or, elle vient d’apprendre que sa ministre « de tutelle » va sabrer dans ce subside ; il s’agirait de réduire de moitié la subvention qui avait été accordée pour la période 2010-2014. Avec les conséquences qu’on imagine tant sur l’emploi que sur les possibilités de remplir son objet social.
Les motifs invoqués sont qu’il faut faire des économies et que IEB ne se consacrerait que partiellement à l’environnement ; ce qui est réalisé en faveur de l’urbanisme, du logement, de la mobilité… devrait dès lors être demandé aux autres ministres.

Que répondre ?

Tout d’abord que les mesures d’économie qui visent les secteurs associatifs et culturels sont une réponse inadaptée à la situation sociale actuelle. Ce n’est pas en sabrant dans ces budgets qu’on améliorera le sort des habitant-e-s de Bruxelles, spécialement des plus fragilisé-e-s. Ces économies de bouts de chandelle auront un coût social important qui se répercutera à terme sur les budgets. Certes, on laisse entendre qu’à l’avenir un financement par projet pourrait être envisagé. Mais c’est une régression par rapport à la situation qui prévaut depuis l’entrée en vigueur de l’Ordonnance de 2008 relative à la reconnaissance des associations œuvrant dans le champ de l’environnement. C’est un retour à un financement ponctuel, très aléatoire, mettant les associations en concurrence et qui ne permet pas de maintenir l’équipe des travailleurs. C’est aussi demander de travailler dans le court terme, ce qui est le contraire de l’optique suivie depuis 41 ans par IEB : la politique environnementale et urbaine ne se conçoit que dans le long terme, dans une réflexion qui s’ancre dans un terrain qu’IEB connaît bien. Cette connaissance, elle la met au service de la Région et de ses habitant-e-s. C’est cette action essentielle à la vitalité démocratique de notre Ville-Région que les autorités politiques risquent de détruire aujourd’hui.

Quant au conseil d’aller s’adresser à d’autres ministres, il est pour le moins paradoxal : en effet, le gouvernement précédent, interprétant de manière restrictive l’Ordonnance de 2008 a considéré qu’une association ne pouvait être reconnue que dans une seule compétence ministérielle. C’est ainsi qu’IEB n’est reconnue pour un agrément pluriannuel qu’en environnement. Or, depuis des années, IEB, en raison de ses compétences transversales (urbanisme, environnement, mobilité, logement, économie), plaide pour un agrément auprès de tous les ministères concernés par son activité. Elle l’a encore rappelé début mars 2015 dans une lettre adressée à tous les ministres et secrétaires d’État bruxellois, restée sans réponse à ce jour… Le courrier qu’IEB vient de recevoir de la Ministre de l’Environnement et par lequel elle nous « invite à contacter les ministres compétents pour les missions autres que celles de l’environnement » est donc contradictoire avec la politique de subsidiation suivie jusqu’ici. Priver unilatéralement IEB pour moitié de son subside structurel sans avoir renégocié auprès des autres ministres cette reconnaissance transversale revient à lui couper les vivres.

Quel est l’objectif du Gouvernement ?

La position du gouvernement précédent revenait à entendre l’environnement au sens large, en englobant tout ce qui contribue au développement d’un milieu de vie sain pour les habitant-e-s. Alors l’urbanisme, la mobilité, le logement, etc… en font aussi partie, au même titre que la nature, et IEB doit percevoir de la Ministre un subside permettant de couvrir ses activités transversales à l’instar de ce qui a été reconnu ces cinq dernières années. Rappelons que l’intitulé de l’Ordonnance de 2008 parle explicitement d’environnement urbain et de cadre de vie. Par contre, si l’environnement doit désormais être compris dans le sens restreint de « biodiversité et nature en ville  », alors la ministre de l’Environnement doit assumer ce changement de cap et impliquer les autres ministres pour qu’ils remplissent leur rôle dans un soutien structurel à IEB !
Toute autre position pourrait facilement être interprétée comme une volonté de faire taire la société civile. Nous n’oserions pas croire que c’est ici de cela qu’il s’agit.

Certes, IEB a pu déranger dans la mesure où elle s’est permise de critiquer des projets gouvernementaux qu’elle considère – à la lumière de son objet social – comme contraires à l’intérêt des Bruxellois-e-s, surtout des plus fragilisé-e-s. Mais elle s’est toujours expliquée de son ton et de ses actions critiques, qui sont le fondement de son existence, sa raison d’être. Au passage, soulignons qu’elle a gagné pratiquement tous ses recours judiciaires, preuve que ses critiques n’étaient généralement pas infondées. Soulignons aussi qu’IEB fait bien d’autres choses que de s’amuser à aller en justice.
Museler l’empêcheur de gouverner en rond n’est pas digne du pouvoir politique. Quelle image cela donnerait-il du débat démocratique qui est – par ailleurs – revendiqué par ce pouvoir ?

Le Conseil d’administration et l’équipe de travailleurs d’Inter-Environnement Bruxelles




 
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