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L’îlot square Léopold appartient à l’histoire de Namur
26 janvier 2015  •  Aménagement du territoire

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Le dimanche 8 février aura lieu la consultation populaire sur la préservation et la réhabilitation du parc Léopold à Namur. Le « Collectif Pour la sauvegarde du parc Leopold » qui, ne l’oubliez pas, vous invite à voter 3X NON, nous propose de vous raconter un petit bout de l’histoire des arbres de ce parc.

Les premiers arbres du parc Léopold ont été plantés dans les fossés nord de la 4ème enceinte de la ville de Namur et le parc été créé et structuré dans la 2ème moitié du XIXe siècle, après la démolition de la porte de Fer en 1862. Il répondait à une politique spectaculaire de plantation en ville d’arbres d’espèces forestières, concentrés dans divers lieux aménagés pour l’agrément des habitants ou disséminés le long de nouveaux boulevards périphériques. On constate que ces essences longévives se sont parfaitement adaptées au milieu urbain. Même si la moitié nord du parc a été amputée de ses plantations à la fin des années soixante pour faire place à un nouvel ensemble de béton massif, le parc Léopold constitue toujours, à l’entrée de la rue de Fer, un bel échantillon d’arbres majestueux, avec ses tilleuls, ses platanes, ses érables et ses ormes. (Ceux-ci - six individus - sont sans doute parmi les rares survivants de l’épidémie de graphiose qui a décimé l’essence au XXe siècle). Certains arbres du parc ont ainsi plus d’un siècle ; beaucoup ont plusieurs dizaines d’années. Selon un recensement du DNF (SPW) effectué en 2011 et mentionné dans le dossier « PRU Gare de Namur » commandité par la Ville, plus de la moitié des 24 individus adultes ont au moins 2 m de circonférence et six d’entre eux présentent même plus de 3 m de tour de taille !

Avec ses tilleuls, platanes, érables et ormes, il est vrai que le parc Léopold n’a pas réellement d’arbres exceptionnels (ou remarquables au sens légal du terme). Mais ce qui est exceptionnel, c’est cet îlot de verdure qu’ils forment ensemble dans un hyper centre-ville ; c’est cette concentration, rare dans un espace public urbain, de plusieurs espèces majestueuses autant qu’ornementales. On dispose ainsi d’un véritable bout de forêt, dans une zone de passage intense, traversée tous les jours par des milliers de piétons, située à proximité des gares de bus et de chemins de fer : à notre connaissance, aucune autre ville de Wallonie ne bénéficie d’un tel atout. Nous ne voyons pas de quel droit et au nom de quelle logique certains veulent raser aujourd’hui ces grands arbres qui apportent une véritable richesse botanique à la ville, pour faire place à 100.000 m3 de béton supplémentaires et non justifiés.

On rappellera enfin que ce parc, menacé par un projet de centre commercial, fait partie intégrante du patrimoine, de l’histoire et du paysage de Namur. Toutes les cartes postales de ce quartier de la ville en témoignent, quelles que soient les périodes du siècle passé qu’elles ont fixées. Si, à une époque où Namur était moins dense, où l’on ne parlait pas encore de problème de carbone, un bourgmestre et des échevins attentifs ont créé ce parc près de la nouvelle gare et le long des nouvelles voies ferrées, si leurs successeurs l’ont entretenu et aménagé pendant près de 150 ans, nous ne voyons pas de quel droit et au nom de quelle logique certains le vendent aujourd’hui pour une poignée d’euros à une société immobilière et veulent priver les Namurois de ce qui leur appartient depuis toujours.

L’auteur de cette histoire est Guy Lacroix est administrateur de l’ADSVN, et membre du Collectif Parc Léopold.




 
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