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L’ONU planche sur les catastrophes naturelles
Fil d’infos  •  19 mars 2015  •  Climat / changements climatiques / Effet de serre

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Ironie du destin : le lendemain du passage du cyclone Pam qui dévasta l’archipel du Vanuatu s’est ouvert au Japon la Conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophes naturelles... Objectif de ce rendez-vous onusien ? : fixer ?un cadre international à la prévention des désastres. Les ONG attendent des engagements fermes, notamment en termes de financement.

Si les catastrophes naturelles ont toujours frappé dur, le changement climatique promet d’en accroître le nombre autant que l’intensité de la violence. Les phénomènes météorologiques extrêmes, possiblement imputables aux bouleversements climatiques, se multiplient à l’échelle mondiale avec, depuis 1992, plus de 1,3 ?million de victimes et des dommages qui se chiffrent à 2 ?000 ?milliards de dollars.

L’ONU a pris conscience de l’urgence. Parmi la multitude de sommets et autres rencontres internationales organisés en amont de la prochaine Conférence climatique – laquelle se tiendra à Paris en décembre (COP 21) –, une Conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophes s’est ouverte ce dimanche 15 mars, à Sendai au Japon. Le Japon, pays meurtri il y a tout juste quatre ans par un tsunami majeur et l’accident nucléaire de Fukushima qui s’en était suivi, a ainsi accueille pendant quatre jours les représentants de 190 pays autour d’une question fondamentale ? : la prévention des risques. « ?Désormais, il faut apprendre à vivre avec le risque climatique, éviter la panique pour éviter les morts, ne plus subir mais anticiper ? », déclarait Ségolène Royal, ministre de l’Écologie et du Développement durable, lors de la présentation des actions de la France dans ce domaine.

Quatre grandes priorités ?à définir

À Sendai, les États devaient tenter de définir un cadre commun d’actions pour la période 2015-2030, avec « ?quatre grandes priorités ? », énumérées par Ségolène Royal ? : comprendre, diffuser et utiliser l’information sur le risque de catastrophes ? ;
renforcer la gouvernance ? ;
investir dans la réduction du risque de catastrophes pour un développement durable ? ; renforcer la préparation aux catastrophes, pour mieux reconstruire.

L’intention est louable. Reste que si un futur accord international sort de cette rencontre, il sera légalement non contraignant et n’obligera en rien les États à respecter leurs engagements, laissant de fait en suspens la question de son efficacité. Pour les ONG, cependant, il ne faut pas balayer d’un revers de manche les signes positifs d’une telle mobilisation générale. « ?Le rendez-vous de Sendai est important. C’est une première étape sur le chemin de la COP 21, qui se poursuivra par les sommets d’Addis-Abeba, en Éthiopie, en juillet, et de New York, en septembre ? ? » (1), expliquait Guillaume Devars, responsable de programme pour l’ONG Care.

La France se fixe pour objectif premier de partager ses retours d’expérience en matière de prévention des risques – entre autres à la suite de la tempête Xynthia ou de la canicule de 2003. Soit. Mais Guillaume Devars juge nécessaire d’aller plus loin. « ?Nous souhaitons que la France et l’Europe soient plus ambitieuses et travaillent à une meilleure intégration des populations les plus vulnérables dans le cadre de la prévention des risques. ? » En d’autres termes, qu’elles aident à la mise en œuvre de dispositifs associant, par exemple, les populations côtières des pays dits du Sud, particulièrement menacées par les phénomènes de submersion (inondations, tsunamis, tempêtes tropicales, cyclones…), à la définition de plans d’alerte, d’évacuation, de protection du bétail ou encore des récoltes. Essentiel, l’enjeu est, en bout de course, d’éviter qu’au traumatisme de la catastrophe, ne s’ajoute systématiquement la perspective de la précarité extrême. « ?La réponse à l’urgence humanitaire est primordiale, mais elle ne suffit pas ? ? », reprend Guillaume Devars, selon qui « ?les États doivent investir pour en minimiser les impacts ? ».

Et s’en donner les moyens. «  ?Il est impensable d’augmenter les financements internationaux de la prévention des risques et de l’adaptation des populations. Aujourd’hui, seulement 0,4 ?% de l’aide internationale y est consacrée. C’est trop peu ? ? », poursuit Guillaume Devars, lequel rappelle que plus de 250 ?millions de personnes sont affectées chaque année par des catastrophes naturelles, dont neuf sur dix sont fortement soupçonnées d’être liées aux bouleversements climatiques. Deux cent cinquante millions de personnes, soit « ?cinq fois plus que le nombre de victimes de conflits ? »...

Source : L’Humanité




 
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