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Le plan SNCB boostera les ventes d’automobiles…
Juliette Walckiers  •  14 décembre 2014  •  Mobilité  •  Transport en commun

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De retour d’une réunion à Namur, j’attendais, à Marloie ma correspondance vers Marche, soit le dernier train de 22h30 à destination de Liège. Nous étions quatre sur ce quai dont un travailleur de chez B-Post (reconnaissable à ses vêtements professionnels) avec qui j’engage la conversation. « L’année prochaine, il ne passera plus celui-là » me dit-il en pointant de notre train qui faisait son entrée en gare. « Je reviens du travail. Je vais jusque Marche. A pied, c’est quand même long 5 km », poursuit-il.

Installés dans le train, nous poursuivons notre discussion. Il m’explique qu’il a quitté Charleroi à 20h20, c’est son trajet habituel depuis de longues années. Il a demandé sa mutation à Jemelle, en vain. « Je vais devoir acheter un véhicule. Ca me coûtera plus cher, mais je vais gagner du temps, un peu moins d’une heure contre un peu plus de deux auparavant, je serai plus tôt chez moi ». Nous questionnons ensemble les choix politiques de démentèlement des services publics, il connaît bien le cas de La Poste. Arrivé à destination, nous nous souhaitons la bonne soirée.

Je marche vers la maison, dépitée. Ca fait des mois que je travaille sur le plan transport de la SNCB, que je l’analyse, le critique. Mais ce soir, je prends réellement conscience de ses impacts concrets, ici dans mon coin. Le cas de ce monsieur est éloquent. La SNCB ne perd pas seulement un voyageur du dernier train de la ligne L43 ; elle vient de perdre un navetteur, utilisateur quotidien de 6 trains.

Puis je me dis que moi aussi, je vais être embarrassée à l’avenir. Pas chaque jour comme ce travailleur, mais ponctuellement, une dizaine de fois par an. En outre, avec les nouveaux horaires 2014, il ne me sera plus possible d’aller déposer mon garçon à vélo à l’école et rejoindre à temps Marloie pour prendre le train vers Namur. Une organisation plus complexe des trajets va être nécessaire, dépendante de la voiture du ménage, et régulièrement, je serai « coincée » à la gare de Marloie, vers 22h30.
Vais-je devoir aussi acheter une voiture après le 14 décembre pour ces quelques trajets exceptionnels ? Nous ne sommes pas à Ottignies ou à Namur, il n’y a pas de location de blue-bike ou un service Cambio à disposition. Combien serons-nous dans des situations similaires ?

Nous mettons tant d’énergie à sensibiliser les citoyens à utiliser des alternatives de déplacement à la voiture. Des moyens sont investis en campagnes, en projets pilotes, en équipements divers, et ça fonctionne, la demande en transport en commun augmente. Mais pour combien de temps encore si notre société n’est pas capable de protéger ce service utile aujourd’hui déjà, et qui le serait bien plus s’il était judicieusement développé ? Alors, au final, combien de kilomètres en voiture seront engendrés pour économiser quelques kilomètres en train ?

Crédit photographique : "le long des rails"




 
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