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Les aéroports, source importante de pollution de l’air
Alain Geerts  •  25 février 2015  •  Transport aérien  •  Air  •  Santé environnement  •  Bruit

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La presse vient de récemment mettre en évidence les résultats d’études portant sur la pollution de l’air autour des aéroports en se concentrant plus particulièrement sur les émissions de particules. Ce rappel - car il n’y a bien sûr rien de neuf en la matière - est salutaire car, obnubilé par la très dérangeante et nuisible pollution sonore, on en vient à oublier d’une part la pollution globale sous la forme de gaz à effet de serre et d’autres part le panel complet des émissions locales. Le point sur ces dernières.

La Libre de ce mercredi 25 février met en évidence les calculs d’un think tank appelé Coeur Europe, calculs relatifs à la comparaison des émissions hebdomadaires de particules des avions décollant ou atterrissant à l’aéroport national de Zaventem et des voitures se déplaçant dans la capitale. Le think tank s’est inspiré, pour ce faire, d’une étude récente faite sur cette pollution aux particules à l’aéroport de Schiphol ainsi que celle menée à Los Angeles. Selon ses calculs, l’aéroport de Zaventem "est la première source de pollution respiratoire sur Bruxelles et les communes avoisinantes du Brabant flamand". Les mouvements d’avions seraient en effet responsables d’une pollution aux particules supérieure à celle des 190.000 véhicules automobiles circulant dans les artères de la capitale !

Cet exercice réalisé par Coeur Europe, même s’il nous parait très approximatif, est particulièrement salutaire car il rappelle que le secteur aérien, en croissance constante, est non seulement bruyant pour les riverains d’aéroport, mais est responsable de nombreuses pollutions tant locales que globales. Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler que la Fédération a, entre 1999 et 2004 travaillé intensément sur cette question autour de l’aéroport régional de Bierset. Elle avait demandé à un organisme indépendant allemand de faire des relevés d’émissions de particules fines dans le voisinage de l’aéroport et réclamé aux autorités wallonnes un suivi sanitaire des riverains les plus exposés. Si les conclusions des experts allemands allaient déjà dans le sens des études réalisées aujourd’hui, il n’y eu jamais de suivi sanitaire de la population, le gouvernement estimant qu’il n’y avait pas péril en la demeure.

Profitons donc de cette prise de conscience récente pour rappeler ce qu’il en est des pollutions locales générées par le transport aérien.

Les moteurs d’avion émettent principalement les polluants suivants : oxydes d’azote (NOx), monoxyde de carbone (CO), hydrocarbures imbrûlés (HC) – également appelés composés organiques volatils (COV), dioxyde de soufre (SO2) et particules solides (PM ou suies). Ils émettent également du dioxyde de carbone (CO2) et de la vapeur d’eau. En outre, dans certaines conditions atmosphériques, les oxydes d’azote et les composés organiques volatils se combinent pour former de l’ozone (O3).
Au décollage et en montée, quand les moteurs sont à régime élevé, les émissions de NOx et de particules sont élevées. Au sol, les moteurs tournent au ralenti ; en raison de la combustion incomplète, ils dégagent peu de NOx mais davantage de CO et de HC.
Les polluants ont différents effets (parfois cumulés) sur la santé : irritants de l’appareil respiratoire, générateurs d’allergies et d’asthme, asphyxiants avec un impact cardio-vasculaire, toxiques à divers titres, mutagènes et cancérigènes.?Voici les effets associés aux différents polluants liés au tranport aérien :

- le dioxyde de soufre irrite les muqueuses des voies respiratoires supérieures ;
- le dioxyde d’azote provoque une hyper-réactivité bronchique chez les asthmatiques et augmente la sensibilité des bronches aux infections, surtout chez l’enfant ;
- l’ozone provoque des irritations occulaires, de la toux et une altération de la fonction pulmonaire lorsque ses concentrations sont trop élevées ;
- le monoxyde de carbone se fixe sur l’hémoglobine du sang entraînant, à concentrations élevées, un manque d’oxygénation (voire une asphyxie en espace clos) de l’organisme ;
- les composés organiques volatils ont, selon leur nature, un effet variable. Les benzènes, par exemple, ont des effets cancérigènes indiscutables ;
- les particules fines pénètrent dans les bronches, d’autant plus profondément que leur taille est petite. Ces particules fines peuvent altérer la fonction respiratoire et avoir des effets mutagènes et cancérigènes à long terme.

Notons enfin que la fédération va beaucoup plus loin que le think thank précité dans ses recommandations pour lutter contre les nuisances du transport aérien et préconise une réelle maîtrise de la demande : "En matière de contrôle de la demande, il existe une large panoplie d’outils. Voici ceux que la Fédération Inter-Environnement Wallonie propose d’activer" (Pierre Courbe) :
- Arrêt du développement des infrastructures aériennes
- Plafonds en termes de nombre de mouvements
- Suppression des vols de nuit
- Taxation du kérosène
- Redevances « en route »
- TVA sur les tickets d’avion
- Système d’échange de droits d’émissions (ou ETS pour emission trading scheme)
- Promotion des produits et loisirs locaux
- Promotion des produits et loisirs locaux
- Mise en place d’une véritable politique de transfert modal.

Vous trouverez toutes les informations relatives aux nuisances multiples du transport aérien dans un dossier de Pierre Courbe, chargé de missions de la Fédération : les limites du ciel, enjeux d’un développement incontrôlé du transport aérien.




 
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