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Les centres commerciaux ne dynamisent rien, où qu’ils soient
Hélène Ancion  â€¢  4 janvier 2018  â€¢  Urbanisme  â€¢  Activités économiques / Commerces

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Cette semaine, la presse s’est fait l’écho d’intentions régionales en matière d’implantation de centres commerciaux [1]. IEW, qui travaille de longue date sur ces questions, souhaite réaffirmer que les centres commerciaux n’ont leur place ni en ville, ni à la campagne.

« Consolider les villes dans leur rôle d’animation du territoire », « Adapter l’offre de commerces, de services, d’équipements et d’espaces publics aux besoins évolutifs de la population, en encourageant les proximités entre l’offre et les lieux de vie » : IEW salue ces intentions exprimées dans le Schéma du Développement du Territoire, outil d’orientation à l’échelle de toute la région que prépare le Ministre Carlo Di Antonio.

Cependant, la Fédération s’inquiète de voir les centres commerciaux proposés comme l’un des principes de mise en œuvre du Schéma pour dynamiser les villes. Nous ne pouvons laisser se maintenir l’illusion qu’un centre commercial « en centre-ville » sera plus bénéfique au commerce et à la qualité de vie que s’il était localisé « en périphérie ». Encourager ce type de projet immobilier, quelle que soit la surface envisagée et quel que soit le lieu d’implantation, est inutile et contre-productif. Citer ce modèle dans le Schéma revient à dire que le développement du territoire passe inévitablement par cette forme de commerce. Or, clairement, les objectifs des centres commerciaux sont en contradiction avec les objectifs régionaux exprimés dans l’avant-projet de Schéma.

Retail Park, Shopping Center, Lifestyle Center, Mall, Strip ne sont pas les sauveurs de nos villes, quoiqu’ils en disent. Les centres commerciaux n’ont pas pu dynamiser la campagne, ils ne feront pas revivre le commerce urbain. Ce n’est d’ailleurs pas leur intention : ces projets immobiliers sont avant tout des objets financiers, reposant sur la présence d’un volet « parking ». Leur accessibilité en voiture privée, même et surtout au centre-ville, détermine la zone de chalandise, c’est-à-dire la provenance et le nombre de clients potentiels qui pourraient visiter le centre commercial… Tous les centres commerciaux vident les villes, à l’instar de Rive Gauche, dont le parking donne accès directement au centre commercial, comme si Charleroi n’existait plus alentour.

IEW souhaite rappeler qu’un Schéma de Développement du Territoire, outil de nature indicative, n’a pas la capacité juridique d’interdire, ni un type d’activité, ni un type de localisation. Plutôt que de s’arroger des prérogatives au-delà de celles qui lui sont conférées par le CoDT, le Schéma doit mettre l’accent sur le rééquilibrage, qui consistera à ne plus accepter d’ouverture ou d’agrandissement de centre commercial, et cela dans n’importe quel lieu de la Wallonie.

Contact :

Hélène Ancion, chargée de mission "Aménagement du territoire et Urbanisme", 0497 77 28 24


[1François-Xavier Lefèvre, Un moratoire sur le développement des centres commerciaux en dehors des villes wallonnes, L’Echo, mercredi 3 janvier 2018, p ;6



 
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