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Les oublis (ou pas ?) de Michel 1er
Pierre Titeux  •  Valérie Xhonneux  •  23 octobre 2014

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La lecture de l’accord de gouvernement conclu par les partis partenaires de l’équipe Michel 1er laisse perplexes ceux qui, comme nous, s’intéressent à l’utilisation efficace des ressources et à la réduction de l’exposition des citoyens aux substances chimiques toxiques. Ces deux enjeux, bien que majeurs, sont en effet totalement absents du texte. Un décodage positif de cette situation pourrait conclure que ces deux thématiques coulent tellement de source qu’il n’est nul besoin de les mentionner et/ou de les développer in extenso dans un accord de gouvernement fédéral, que la politique initiée par celui-ci penche plutôt à droite ou plutôt à gauche. Une vision plus négative, que l’expérience nous pousse maheureusement à privilégier, en arriverait elle au constat que ces questions n’intéressent guère - voire pas - la nouvelle équipe aux commandes. Afin de parer à toute éventualité, il nous semble donc important de rappeler ce qui se joue à travers la bonne gestion – ou non – de ces deux enjeux.

Personne, y compris dans les rangs de Michel 1er ne pourra le constester : l’accès facile et bon marché aux ressources naturelles appartient au siècle passé ; les années à venir seront celles de la volatilité des prix et de l’accès plus restreint à ces ressources. Une utilisation plus rationnelle de celles-ci, qui tienne compte de la capacité de la planète à nous en fournir pour les ressources renouvelables ou de notre capacité à les récupérer pour les ressources non renouvelables, apparaît dès lors indispensable. Et cela est rai que l’on aborde le sujet par l’angle de la compétitivité des entreprises ou par celui du bien-être humain. Nulle compétitivité possible, en effet, dans un système où le prix des matières premières explose ; nul bien-être non plus dans un système où les citoyens sont confrontés quotidiennement à la dégradation de leur milieu de vie, devenu incapable de perpétuer ses services à l’humanité tant son exploitation est excessive.

Le second enjeu est tout aussi fondamental : notre exposition chronique aux substances chimiques toxiques impacte notre santé de manière générale et menace particulièrement celle de nos enfants. Les maladies non transmissibles représentent désormais la principale cause de morbidité et de mortalité dans les pays européens. L’exposition à la pollution de l’air, au bruit, à une eau de mauvaise qualité, aux substances chimiques, aux radiations, aux agents biologiques et, de manière générale, à des environnements dégradés a une influence importante sur le développement de maladies qui ont un coût énorme pour notre société non seulement sur un plan purement financier via la charge qu’elles font peser sur la sécurité sociale mais aussi d’une manière plus insiudieuse à travers leur impact psychologique sur les personnes touchée et leur entourage proche ou lointain. elles représentent des coûts importants pour notre sécurité sociale – et même si elles ne concernent qu’une partie de cette charge, les substances chimiques toxiques doivent disparaitre de notre environnement quotidien pour réduire ces coûts. Et cela que l’on parle de compétitivité des entreprises ou de bien-être humain. Nulle compétitivité dans un marché où les consommateurs doivent se demander avant d’acheter chaque produit « Qu’est ce qu’il y a comme crasses dans celui-là ? ». Nul bien-être dans dans un système qui s’obstine à produire des substances toxiques pour ses enfants.

Tout cela nous pousse à espérer que c’est bel et bien l’évidence du caractère capital de l’enjeu qui lui vaut de ne pas être préciser dans la feuille de route de Michel 1er. Mais face au doute – et à l’aberration que constituerait la non prise en charge de ces questions au cours de la législaure qui commence –, nous nous attacherons à rappeler aux ministres compétents ces évidences et les mesures qu’elles nécessitent.




 
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