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PAC 2021-2027 : Quel avenir pour l’alimentation et l’agriculture européenne ?
Xavier Delwarte  •  25 juillet 2018  •  Agriculture  •  Alimentation

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Ce 1er juin 2018, la Commission européenne (CE) a présenté son projet de réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) pour la période 2021-2027. Les associations environnementales s’en sont emparées et l’ont analysé. Il ressort de ce travail une liste d’éléments tant positifs que négatifs et des propositions d’amélioration. Sur cette base, elles appellent le Ministre Wallon René Collin, les parlementaires européens et les Etats membres à revoir à la hausse l’ambition de la proposition.

Une PAC dans les sillons OMC

Les associations environnementales considèrent que la PAC proposée par la CE n’est pas suffisamment ancrée dans une vision ambitieuse et futuriste de l’agriculture paysanne et de l’alimentation durable permettant de répondre aux nombreux défis sociétaux (climat, stockage carbone, biodiversité, alimentation locale…). Elle reste figée dans une politique agricole orientée vers le marché mondial, l’OMC, le dumping et les externalités négatives (sociales et environnementales).

Vu la dégradation galopante de l’avifaune, l’entomofaune et de la flore, particulièrement en zones agricoles, vu aussi la pollution des eaux et les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole qui sont en hausse depuis quelques années en Europe, une réelle réforme doit voir le jour.

Cette réforme, très timide au regard des défis environnementaux et climatiques, ne tient pas compte des attentes citoyennes exprimées lors de la consultation publique sur la PAC réalisée en 2017. Nous demandons que la majorité des aides du premier pilier soutienne la transition nécessaire de l’agriculture vers des systèmes de production plus durables au bénéfice de la société et de l’environnement. Nous appelons aussi un refinancement du 2ème pilier (amputé de 25 %) qui finance l’agriculture biologique, les mesures NATURA 2000 et les MAEC (Mesures Agri-Environnementales et Climatiques) ainsi qu’une augmentation substantielle du taux de cofinancement de l’UE.

L’optique choisie par la Commission est la renationalisation dont les dérives du « moins disant et moins faisant » pour garder des parts de marché sur ses concurrents sont bien connues. Au lieu du mécanisme d‘assurance proposé, il eut été préférable de créer des aides contra-cycliques et une véritable régulation publique de la production afin d’éviter un gaspillage des deniers publics ainsi qu’un gaspillage alimentaire et des ressources, tous deux néfastes à l’environnement des citoyens européens.

Des avancées intéressantes

Néanmoins, nous saluons la conditionnalité renforcée (BCAE/ERMG), la création d’un outil de gestion national du sol (humus, carbone, assolement, etc), l’éco-dispositif, la place donnée aux jeunes, le paiement redistributif et le plafonnement des aides ainsi que la création d’un Plan Stratégique National (indicateurs, performances à définir) qui accueillera, comme le suggère la Commission, la composante environnementale. Ces avancées sont intéressantes. Nous demandons cependant que ce projet inclue des objectifs et indicateurs de résultats clairs pour éviter la politique du moins disant tout en offrant, via la subsidiarité, la souplesse nécessaire pour ces politiques.

Pour une PAAC biovore et non une PAC biocide

Les États membres (et les régions) et les députés européens sont maintenant à la barre. L’enjeu est de transformer cette PAC en une véritable PAAC (Politique Agricole et Alimentaire Commune) et non de la vider de sa substantifique moelle comme ce fut le cas avec la proposition du précédent Commissaire D. Ciolos. Cela passe nécessairement par une limitation maximale de la renationalisation et une amélioration du budget tout en veillant à sa juste répartition pour relever l’ensemble des défis.

Les associations invitent le Gouvernement wallon et en particulier le Ministre René Collin à associer les représentants environnementaux dès le début du processus et à tenir compte des différents piliers du développement durable, ce qui revient à prendre en compte le souhait de tou•tes les wallon.ne.s pour définir le projet agriculture & alimentation sur tous les territoires.

« Le deuxième pilier qui sert aussi aux primes BIO et MAEC perd 25% de son budget. C’est totalement inadmissible et cela donne un très mauvais signal aux paysans. » X. Delwarte & L. Delvaux, IEW.

« La Wallonie a besoin d’une PAC qui aide les agriculteurs à assurer la transition agroécologique nécessaire à l’agriculture de demain. », Philippe Funcken, NATAGORA.

« Concernant la disparition des populations d’oiseaux en zones ouvertes c-à-d. dans les plaines agricoles, il faut des réponses urgentes. Il n’y a plus le temps d’attendre. », Jean-François Buslain, LRBPO.

« Les interventions proposées pour la future PAC ne récompensent pas les nombreux agriculteurs qui souhaitent transiter vers des systèmes de production plus durables au bénéfice de la société et de l’environnement. », Monica Schuster WWF.

« L’intégration de l’enjeu climatique doit encore devenir une réalité concrète de la PAC et non rester un justificatif des moyens alloués », Muriel De Pauw, Greenpeace.

« Pour des raisons de santé publique et du maintien de la biodiversité, l’U.E. devrait absolument favoriser l’agriculture biologique », C.N.B. Léon Woué.

« La conservation des habitats naturels passe clairement par un soutien à une agriculture plus respectueuse du Vivant. ». Elisabeth Simon Fondation Wallonne pour la Conservation des Habitats.

Contacts presse :

- X. Delwarte, Chargé de mission agriculture en transition écologique, IEW, 0476 42 39 02

Co-signataires :

WWF, Monica Schuster
ARDENNE & GAUME, Marc Dufrêne ;
CNB, Léon Woué ;
GREENPEACE, Juliette Boulet ;
LRBPO, Jean-François Buslain ;
NATAGORA, Philippe Funcken ;
Fondation Wallonne pour la Conservation des Habitats, Juan de HEMPTINNE ;
IEW, Christophe Schoune.




 
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