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Quand le FN se vautre dans le vert
Fil d’infos  •  1er février 2015

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«  L’écologie du XXIe siècle sera patriote ou ne sera pas », clame le collectif Nouvelle écologie. Avec la naissance de ce cercle de réflexion, le parti de Marine Le Pen s’aventure sur les questions environnementales. Attention à la marche !

Au Front national, l’écologie n’est plus « la nouvelle religion des populations urbaines aisées bobos-gogos », que raillait Jean-Marie Le Pen en 2010. Depuis le 10 décembre dernier, elle est un sujet de réflexion. Après des décennies à présenter un programme écologique se résumant à « la préservation de la faune, de la flore et des paysages », le parti a annoncé en grande pompe la création de son collectif Nouvelle écologie. Au sein de ce quatrième cercle de réflexion ouvert à tous les membres du Rassemblement Bleu Marine, l’écologie sera « réaliste et patriote ». Mais encore ? Pour en savoir plus sur la recette qui mijote au fond de la marmite verte du FN, Terra eco a passé au crible les prises de position de quelques cadors du parti. Bévues garanties.

Fluidifier le trafic… réduit la pollution atmosphérique

L’ozone et les particules fines ne résisteront pas à Wallerand de Saint-Just. Pour le candidat déçu à la mairie de Paris, « c’est en fluidifiant le trafic et le stationnement que l’on luttera efficacement contre la pollution ». Dans un billet publié le 6 janvier, sur le site du Front national, il brocarde «  l’incompétence de la municipalité » face au pic de pollution qui sévissait alors et propose « une augmentation significative du nombre de places de stationnement, permettant aux résidents de se garer facilement, sans tourner pendant des heures, et donc sans polluer pendant des heures ». Le trésorier du Front national voit dans cette fluidité retrouvée – encore renforcée par la suppression des horodateurs et la synchronisation des feux de circulation – la seule action susceptible de libérer nos poumons. « Toutes les autres politiques ont été des échecs, quand elles n’ont pas été simplement des prétextes », assène-t-il.

Il suffirait donc de 35.000 places de parking de plus pour que Paris respire. La corrélation laisse ingénieurs et économistes sceptiques. « Je veux bien croire que lorsque l’on cherche une place, que l’on s’arrête, que l’on repart, on engendre une pollution supplémentaire », concède Laurence Rouil, chercheuse à l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques). «  Mais ramené à l’ensemble du trafic, c’est anodin. » La fluidité du trafic, si déterminante pour le Front national, est au contraire considérée comme un facteur marginal par la responsable du pôle modélisation environnementale et décision : «  Il n’existe que deux leviers efficaces : l’amélioration technique des véhicules et la réduction du trafic. » Inefficace, l’idée pourrait même s’avérer contre-productive. « Plus on donne de place à la voiture, plus elle en prend », résume Yves Crozet, économiste au Laboratoire d’économie des transports (LET). Quand se garer devient un jeu d’enfant, « tout le monde est tenté de prendre sa voiture pour faire 300 mètres », constate-t-il. A l’inverse, lorsque le stationnement est contraint, le trafic diminue. Quand les places se font rares, entre 20% et 38% des automobilistes se rabattent sur la marche, les transports en commun ou le vélo selon une étude du Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques). « Les Suisses et les Allemands l’ont bien compris », précise Yves Crozet. « Ils ne veulent pas se laisser envahir par les voitures, donc ils limitent le stationnement, réduisent la taille de la voirie. Cette batterie de mesures, baptisée “traffic calming”, a fait ses preuves en matière de pollution. »

Sauf que le FN n’a aucune envie de calmer le trafic. «  Il faut vivre avec son temps et avec le progrès technique », rétorque Wallerand de Saint-Just. « Si l’homme a créé la voiture et que nos usines en fabriquent autant, il faut permettre aux gens de bouger avec. » Selon lui, la meilleure des politiques serait d’« arrêter d’emmerder le monde », puisque de toute façon, « les choses s’améliorent d’elles-mêmes, toutes seules. Regardez, c’est fini les veilles guimbardes ; aujourd’hui, les voitures ne polluent presque plus ». Une prise de position qui ne surprend pas Yves Crozet : « Le FN est le parti des automobilistes », estime ce professeur de l’Institut d’études politiques de Lyon. Marine Le Pen ne dit pas autre chose : « Notre écologie, ce n’est pas de harceler, d’assommer l’automobiliste », clamait-elle lors du discours d’inauguration du collectif Nouvelle écologie.

Lire la totalité de l’analyse sur le site de Terra eco.




 
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