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Wallons et Bruxellois face à l’environnement (5) : prêts pour des « villes et villages 30 »
B.coumont  •  27 septembre 2013  •  Infrastructures mobilité  •  Aménagement du territoire

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Du lundi 23 au vendredi 27 septembre, nous analysons pour vous un sondage commandé par IEW (avec le soutien de la Wallonie) sur la perception des enjeux environnementaux par les habitants de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Aujourd’hui, l’opinion publique face aux « villes et villages 30 ».

La zone 30, tout le monde connaît. En Belgique, en effet, depuis l’entrée en 2004 de cette spécificité dans le code de la route. il y en a au moins autant qu’il n’y a d’écoles ! 42 % des sondés savent que la plus grande zone 30 de Belgique n’est autre que le Pentagone, au cœur de Bruxelles. Par contre, seuls 15 % des Wallons et Bruxellois connaissent le concept de « villes et villages 30 ».


La différence entre une « zone 30 » et une « ville 30 » est importante. Non limitée à quelques centaines de mètres, la ville 30 est une large zone où la vitesse dans les rues résidentielles est limitée à 30 km/h avec des axes de transit, en rocade des quartiers, à 50 km/h. Comme on vous le disait ici, à partir d’une simple mesure de sécurité routière, c’est la qualité de vie de chacun qui se trouve améliorée.

Pourtant, les exemples de villes 30 sont encore peu nombreux, du moins en Wallonie. La mesure serait, entend-on ici et là, bien trop impopulaire pour qu’un décideur l’applique. Peu convaincus par cette idée reçue, nous avons voulu savoir ce qu’en pensent réellement les citoyens. Aussi avons-nous inclus dans ce sondage un large volet sur l’acceptabilité sociale de mesures politiques développant les villes et villages 30. Et les résultats vont globalement à l’encontre de cette frilosité politique.

Une majorité de sondés (57,2 % en moyenne) préféreraient bénéficier de plus d’espaces publics conviviaux, une qualité de l’air améliorée, moins de nuisances sonores et laisser aller, en toute autonomie, ses enfants sur le chemin de l’école.

L’enquête révèle également une insécurité sur la route particulièrement ressentie par les piétons et cyclistes. Or, 18 % des sondés font de leurs pieds ou de leur bicyclette leur mode de déplacement principal. Dans les centres résidentiels, la marche est privilégiée ; en ville, 71 % la pratiquent régulièrement contre 40 % à la campagne.


34 % des déplacements réalisés par les sondés font moins moins de 5 km et 51 % moins de 20 km. La proportion de trajets opérés à pieds ou à vélo, modes idéaux pour ces courtes distances, pourrait dès lors être augmentée.

Le sentiment d’insécurité double lorsqu’il est projeté sur ses enfants. 46 % des sondés refusent ainsi de laisser leurs enfants prendre seuls le chemin de l’école. La peur du trafic augmente donc les files de voitures aux abords des établissements scolaires et participe, paradoxalement, à les insécuriser... N’en serait-il pas autrement si les enfants pouvaient profiter de rues calmes où un trafic à vitesse limitée leur redonnerait la place qu’ils méritent sur la voirie ?



Cela sans exclure ou stigmatiser la voiture : 61 % des sondés estiment que le temps moyen d’un trajet en voiture ne changerait pas ou peu, sachant que la vitesse moyenne est généralement de 20 km/h en ville.

C’est donc pour une proportion non-négligeable de la population que nous nous devons de sécuriser nos rues en adoptant la « ville 30 ». 61 % des sondés considèrent d’ailleurs que les centres-urbains devraient devenir des villes 30.

Mais cette mesure serait-elle réellement respectée ? 67 % en doutent et 68 % sont favorables à des contrôles policiers plus sévères pour que la ville 30 ait l’impact attendu. Ce dernier chiffre prouve, une fois de plus, la volonté de voir se développer les villes 30.

Néanmoins, nous pensons qu’une forte répression policière ne doit pas être une condition nécessaire à leur réalisation. Le rôle de la police doit avant tout être d’informer et de sensibiliser. Le respect de la mesure viendra en aménageant les entrées de zones et en décidant des mesures à prendre en concertation avec les habitants, premiers concernés par la valorisation de leur quartier.

Fiche technique
Ce sondage commandé par Inter-Environnement Wallonie (avec le soutien de la Wallonie) a été réalisé par Dedicated entre le 28 août et le 5 septembre 2013 auprès d’un échantillon de 1.203 personnes représentatif des Wallons et Bruxellois âgés de 18 et plus. La marge d’erreur maximale est de 2,8%.

Retrouvez tous les articles relatifs à ce sondage :
1. "Plus concernés qu’ils ne le disent"
2. "Plus sensibles à la mobilité qu’au territoire"
3. "Voiture sacrée et transports publics à améliorer"
4. "Acceptabilité - ... ou non - des mesures proposés"
5. "Prêts pour des "villes et villages 30"




 
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