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Agrodiesel : le remède empire l’état du malade !
25 avril 2016  •  Energie

L’utilisation d’agrodiesel était censée réduire les émissions de CO2 du secteur des transports. En fait, cela va les augmenter de presque 4%, selon une analyse menée par la fédération européenne T&E sur base de la dernière étude relative aux agrocarburants réalisée pour la Commission européenne (Globiom [1]). Ces émissions supplémentaires sont équivalentes à l’effet qui serait obtenu en faisant circuler 12 millions de voitures supplémentaires sur les routes européennes en 2020. L’analyse prend en compte l’objectif de 7% d’agrocarburants produits à partir de cultures vivrières.

Globiom établit que les agrodiesels à base de palme et de soja ont des émissions induites par les changements d’affection des sols (LUC) [2] qui à elles seules excèdent largement les émissions « du puits à la roue » du diesel d’origine fossile. Pour réaliser une comparaison sur l’entièreté du cycle de vie, T&E ajoute aux chiffres de l’étude Globiom les émissions directes (associées à la culture, à la transformation, à la distribution, …) [3].

Conclusion : l’agrodiesel issu d’huile vierge végétale émet environ 80% d’émissions supplémentaires par rapport au diesel d’origine fossile qu’il remplace ! La palme revient à… l’huile de palme et de soja : le diesel qui en est issu présente des émissions respectivement trois et deux fois plus élevées que celles du diesel fossile. L’agrodiesel est l’agrocarburant le plus utilisé en Europe, il devrait représenter 70% du marché européen des agrocarburants en 2020.

Le remède empire clairement l’état du malade. Il est dès lors impératif que l’objectif de 7% d’agrocarburants à base de cultures vivrières soit abandonné après 2020. Et il est a fortiori impératif d’arrêter tout incitant à ces agrocarburants.

Les émissions associées aux changements d’affectation des sols – dont Globiom révèle l’importance - ne sont pas intégrées dans la comptabilisation des émissions des agrocarburants - ni dans la directive sur les énergies renouvelables (RDE) ni dans la directive sur la qualité des carburants (FQD). Les agrocarburants qui ont une action négative sur les changements climatiques reçoivent dès lors encore un soutien public. La Commission européenne publiera une proposition de révision de la RED au dernier trimestre de cette année. Les ONG seront attentives à ce qu’elle corrige enfin le tir ! En effet, comme l’indique Jos Dings, executive director de Transport & Environment, « Nous devons abandonner les objectifs d’incorporation et le subside de ces carburants après 2020, en Europe comme au niveau national. »

D’autre part, nous nous interrogeons aussi sur la récente décision du Gouvernement fédéral d’augmenter la part de bio-éthanol dans l’essence à 8,5% au premier janvier 2017. Les ONGs estime que le Gouvernement doit attendre la révision de la directive renouvelable avant de prendre une pareille décision.

Contact :
Arnaud Collignon, chargé de missions Energie, 0477 700 456
Alain Geerts, service presse – 081/390.758, 0479 49 76 56


[2LUC pour « land use change » : émissions qui se produisent quand des surfaces agricoles utilisées précédemment à d’autres fins ou de nouvelles surfaces agricoles sont dédiées à la culture vivrière pour la production d’agrocarburant

[3Prises égales aux valeurs types de la directive énergie



 
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