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Le loup au service de la biodiversité en Wallonie
Alain Geerts  •  20 décembre 2016  •  Biodiversité

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L’Homme doit se réconcilier avec la nature est devenue une injonction fréquente dans notre petit monde d’environnementalistes et une aspiration pour de nombreuses personnes. Pour y répondre, l’Homme devrait se (re)penser comme un élément parmi d’autres - et non supérieur aux autres - d’un grand système complexe, la Terre. Cette prise de conscience systémique relève d’une recherche de sens dans une société qui en propose de moins en moins, mais est aussi le résultat d’une connaissance de plus en plus partagée - source d’inquiétudes - des conséquences des destructions de l’environnement et des perturbations par l’homme de ce système complexe, lesquelles pourraient mener à un effondrement de notre société.

Ce retour à la nature était déjà, faut-il le souligner, le leitmotiv d’une Ecologie profonde dont les conceptions se sont développées durant les années 60’ - 70’ mais qui est restée peu connue du monde francophone : elle fut en effet mise à mal de manière caricaturale et lapidaire par quelques pseudo-penseurs (Ferry, Allègre etc…) qui y voyaient un danger pour leurs conceptions propres [1].

IEW a flirté avec cette question tant dans un dossier récent que lors d’une édition de son Université dont le thème était « Homme et nature : l’indispensable réconciliation »

Le retour du sauvage

Les formes concrètes que peut prendre cette "réconciliation" sont très nombreuses, depuis des randonnées de ressourcement en forêt jusqu’à une révolution totale de sa vie que l’on inscrirait dans un respect le plus complet possible des implications de ces principes. Et elles peuvent être individuelles ou collectives. La question du retour d’une faune sauvage - loup, lynx, balbuzard, castor, vautours, phoque, esturgeon, grande mulette… - est, dans le traitement qu’on lui réserve, un indicateur intéressant de l’évolution de ce rapport, plutôt collectif ici, à la nature. La réapparition d’espèces sauvages ne peut en effet s’envisager sans la restauration d’espaces sauvages, ce qui est loin d’être à l’ordre du jour. Quoique… Le feuilleton wallon relatif à Nassonia [2] est un signe tangible d’intéressants frémissements.

Le déclin voire la disparition de nombreuses espèces au cours des 2-3 siècles passés est du à la combinaison de la chasse et d’une déforestation opérée pour accroitre les surfaces agricoles. Et c’est précisément l’abandon de ces surfaces qui débuta au 19è siècle et s’accéléra après la seconde guerre mondiale, ainsi qu’un début d’évolution de la gestion cynégétique qui va être à l’origine de la renaissance de certaines d’entre elles et du retour de grands prédateurs comme l’ours, le lynx ou le loup. Pierre Athanaze, dans son ouvrage Le retour du sauvage [3] brosse un tableau éloquent des difficultés que suscitent ces retours spontanés ou suscités sur le territoire européen, mais indique bien que, lorsque l’on peut les aplanir, le retour d’une faune sauvage et diversifiée constitue une piste de solutions à des problèmes d’importance comme l’érosion de la biodiversité, les changements climatiques, voire les crises économiques.

C’est sur ce « bruit de fond » qu’est né mon intérêt pour un animal au destin peu commun : le loup. Ce grand prédateur, coupable imaginaire d’une quantité incroyable de méfaits tragiques et sanglants, éradiqué de nombreuses régions d’Europe occidentale fin du 19è siècle, sera en effet bientôt de retour en Wallonie [4]. « Au secours !!!! » ou « Bienvenue !  » ? De nombreuses régions l’accueillent et travaillent consciencieusement à sa cohabitation avec l’homme et surtout les éleveurs ; d’autres, essentiellement en France, le rejettent y compris au coeur même de réserves naturelles, appelant à lever la protection dont il est l’objet depuis peu. C’est que l’animal peut déranger, en interrogateur radical (mais bien sûr involontaire) de l’homme dans ses pratiques et dans son rapport au « Wild » ! Ce questionnement mérite d’être pris en considération et je suis persuadé que le faire est un signe de sagesse. La Wallonie saura-telle en faire preuve en mettant tout en oeuvre pour réussir ce retour ?

Si les conditions pour une cohabitation réussie sont relativement bien connues [5], il peut être intéressant d’analyser ce qui la rend, aux dires de nombreux français (mais pas exclusivement), impossible.

L’échec français

Le retour de la bête sur le territoire français est source de vives tensions entre 2 visions qui échouent à trouver des voies de conciliation :
- le loup est un animal protégé et à protéger car il est le signe évident d’un retour d’une nature plus riche, d’une biodiversité qui doit impérativement se reconstituer ;
- le loup est une bête opportuniste qui doit être « contrôlée » et limitée en nombre car elle met à mal l’élevage, essentiellement ovin, et elle remet en cause de manière brutale l’agro-pastoralisme propre à de nombreuses régions de France.

Force est de constater que cette dichotomisation radicale du sujet - qui empêche toute résolution satisfaisante du problème - est largement entretenue par les tenants de la défense de l’agro-pastoralisme qui ne lésinent pas sur les moyens de communication et d’action (parfois violentes). Ils dénigrent souvent les tenants du retour du loup, les traitant, au mieux, de doux rêveurs romantiques (et souvent citadins) qui n’y connaissent rien à la réalité de terrain, au pire, de militants naturalistes obtus qui veulent s’attaquer au pastoralisme, à l’âme de la France profonde, aux paysages ancestraux. Mais derrière les « défenseurs du pastoralisme » se cachent entre autres les puissants lobbies de l’élevage industriel d’ovins et certains chasseurs. Mais pas uniquement : les petits éleveurs qui tentent de travailler durablement à une échelle locale font aussi les frais de cette polémique… Un point est commun à tous ces opposants au retour du prédateur : c’est le loup le responsable de tous leurs ennuis…

Pour l’instant, si l’on se réfère aux résultats sur le terrain (prélèvements en hausse) il semble qu’ils aient le vent en poupe. Pour vous faire une idée plus complète des arguments échangés par les principaux acteurs, vous pouvez consulter les plaquettes d’information :
- de Cap Loup (un regroupement d’associations proloup) qui veut « en finir avec les contrevérités »,
- de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles - principal syndicat agricole), qui veut « rétablir les vérités »,
- et enfin de la Confédération paysanne (partisans d’une agriculture plus durable), qui se méfie des « idées reçues » [6].

Mais le débat dépasse largement la sphère des éleveurs : les scientifiques de tous bords y vont de leurs expertises… pour le moins contrastées. Pointons cette tribune [7] publiée dans Libération du 12 octobre 2014, signée par 34 scientifiques - dont une belge - (des sociologues, des anthropologues, des juristes et des géographes, aux côtés de zootechniciens et d’agronomes) pour qui « Nos sociétés ont besoin d’écosystèmes et de paysages diversifiés. Nombre d’entre eux fonctionnent et se renouvellent grâce au méticuleux travail des bergers et éleveurs. La situation devenant pour eux intenable, un patrimoine majeur est en passe d’être sinistré par les loups. Une régulation s’impose. Il est bien tard. Peut-être n’est-il pas trop tard. »
Une réponse, cinglante [8], lui fut faite sur le site reporterre.net : « Nos sauveurs de bergers ont raison de crier au loup : ils confirment par l’absurde que les Français sont majoritairement occupés à détruire et polluer l’espace dans lequel ils vivent et que la conservation de la biodiversité est fondamentalement vue comme une anomalie étrangère. Dans ce contexte, si l’intelligentsia environnementale de gauche s’allie avec l’agroalimentaire pour nous faire croire que les problèmes des campagnes française viennent des loups, alors la biodiversité – et nous avec – avons du souci à nous faire. »

Notons également qu’en plus des politiques qui leur sont généralement favorables, les « anti-loups » ont à leur service un historien, Jean-Marc Moriceau, qui a abattu un imposant travail d’objectivation des interactions hommes/loups à travers l’histoire, travail publié dans plusieurs ouvrages. Si cette synthèse fouillée a permis de « remettre l’église au milieu du village » en ce qui concerne ces interactions à travers les âges, on ne peut s’empêcher d’y déceler un léger et subtil positionnement de l’auteur favorable à la cause des éleveurs français. Lorsque, par exemple, dans l’intéressant opuscule Le loup en questions. Fantasme et réalité [9], monsieur Moriceau dit « Tandis que Canis Lupus est réinstallé en France et que le monde agro-pastoral est frappé de plein fouet [par cette réinstallation ou par d’autres facteurs ? ce n’est pas clair NDLR], comment le gérer en minimisant les dommages qu’il provoque ? » ou « Le loup force les hommes à débattre, à confronter leurs expériences, à faire progresser leur savoir, mais il avive aussi les tensions, accroît les incompréhensions et fait naître de nouveaux clivages », il sous-entend que c’est le loup qui est responsable des difficultés du secteur et que si on le gère, on le maîtrise, ça ira mieux. A côté des faits objectifs incontestables, on décèle chez l’auteur une forme de projection anthropocentrée d’intentions qu’aurait le loup, décrit souvent comme opportuniste, laquelle qualité serait négative. N’est-ce pas l’adoption de ce type d’attitudes vis à vis de la nature en général qui nous a conduit dans l’impasse actuelle ?

Sortir du « tout noir/tout blanc » pour les subtilités du gris

A bien y regarder, la question centrale est celle de l’avenir de la filière ovine. C’est donc essentiellement une question socio-économique. Cette filière est mise à mal depuis de nombreuses années d’une part du fait de la désaffection du public pour la viande ovine, d’autre part par la concurrence féroce des moutons néo-zélandais et anglais qui obligent à pratiquer des prix ridiculement bas. La PAC est passée par là et son système de primes favorise les grands troupeaux qui, d’une part sont pourtant plus fragiles face aux attaques des loups (le phénomène du Surplus Killing [10]) et d’autres part saccagent la biodiversité des lieux de pâturages du fait d’un surpâturage. Dans cette logique, les plus petits troupeaux bénéficient de beaucoup moins de moyens et leurs propriétaires ont plus difficile à mettre en place de manière efficace les mesures anti-loups… Marie Hastier, journaliste à Reporterre, explique : « Certains avancent même que le loup ne serait pas un vrai problème pour les plus gros. Dans les grands troupeaux (1.000 voire 2.000 brebis et au-delà dans les alpages), le capital génétique est moins précieux, les bêtes sont plus facilement remplaçables. Il serait alors aisé de s’accommoder des indemnités, parfois supérieures au prix qu’aurait pu obtenir l’éleveur en vendant ses bêtes. Au sein de la FNSEA, ces gros éleveurs tiendraient alors un double discours : ils crient au loup pour satisfaire les adhérents victimes des attaques et détourner l’attention de sujets qui pourraient les diviser, comme la répartition des primes de la PAC. » [11]

Et pour compléter le tableau, si l’on se penche sur les conditions de vie et d’emploi de la majorité des bergers, on comprendra que c’est assez tentant de détourner l’attention sur le loup. « La majorité des bergers est constituée de salariés d’exploitants agricoles éleveurs, essentiellement organisés en groupements pastoraux. (…) Ils sont payés au taux horaire du smic, sur la base de quarante-quatre heures hebdomadaires, alors qu’ils travaillent infiniment plus. La plupart des contrats sont à durée déterminée, ce qui engendre des difficultés de garantie d’emploi, de planification des formations, d’accès aux prêts bancaires. Chaque printemps, il leur faut quitter leur domicile, organiser le déménagement et la scolarité des enfants, et accepter des logements généralement rudimentaires » explique Michel Didier dans un édifiant article paru dans le Monde diplomatique.

Dernier fait, anecdotique certes, mais tout de même significatif : en juillet 2015, l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage (l’administration donc) engageait des jeunes « dont le rôle sera de défendre les troupeaux, et de participer aux opérations de prélèvements ordonnées par l’Etat ». Les missions décrites dans l’offre d’emploi sont essentiellement défensives, il n’est nullement question d’oeuvrer à l’amélioration de la cohabitation, par exemple dans les petits élevages extensifs aux productions ovines variées (viandes, mais aussi lait, fromages)… Dommage, non ?

Si l’on se place sous l’angle de la biodiversité, il est aisé de démontrer qu’une certaine manipulation de l’information est de mise. Ainsi, on entend fréquemment le raccourci suivant : le loup est responsable de la fin du pastoralisme ; or le pastoralisme de montagne entretient la biodiversité, donc le loup est nuisible à la biodiversité… CQFD ? Non ! Quand on sait d’une part que c’est au nom de la biodiversité que la protection du loup a été réclamée sur base d’expériences réussies et probantes et d’autre part que le pastoralisme, surtout celui existant aujourd’hui avec les très grands troupeaux, est loin d’être favorable à la biodiversité. Les impacts du surpâturage sur la biodiversité mais aussi la torrentialité ont été largement démontrés notamment dans cette synthèse bien documentée publiée par nos homologues français de France-Nature-Environnement.

Un élevage durable

En résumé, le retour à des troupeaux de taille modeste, gardés par des bergers formés et rémunérés correctement et producteurs d’une viande de qualité vendue à un juste prix est une orientation qui permettrait à la fois de sortir la filière de l’ornière tout garantissant la perpétuation d’une tradition agro-pastorale « authentique ». Cette option peut sans problème coexister avec la présence du loup, « révélatrice d’un écosystème riche tant en espèces animales que végétales à la tête duquel on retrouve le grand prédateur ».

Des expériences réussies

Et tout cela ne relève pas de l’utopie pure ou d’un romantisme désuet mais est vécu au jour le jour dans plusieurs régions d’Europe comme, par exemple, en Suisse, dans le massif du Calanda où hommes et loups cohabitent harmonieusement. Un éleveur italien du Mercantour témoigne également dans ce sens dans cette article publié dans un journal français [12].

On le voit, quand on aborde une situation conflictuelle en prenant en compte sa complexité, des voies de solutions se dessinent. Mais pour l’instant, ce sont l’instrumentalisation du politique par les lobbys de la filière ovine et le flou scientifique qui sclérosent le débat en France.

Qu’en est-il du contexte wallon ? [13]

Les spécialistes estiment qu’une ou deux meutes maximum (8 à 10 loups) s’installeraient sur le territoire wallon. Avec 65.000 moutons (contre 6.000.000 pour la France) répartis dans de nombreux petits troupeaux, il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs avec le monde agricole pour autant que la question du statut légal du loup et la question des indemnisations soient rapidement et intelligemment adaptées à la nouvelle réalité. En effet, même si la disponibilité en proies (grand gibier) est garantie en forêt wallonne, rien n’exclut l’une ou l’autre attaque isolée sur du bétail.

Sa venue devrait par ailleurs avoir un impact sur le biotope grâce à la prédation directe sur les herbivores sauvages. Le chapitre 3 du dossier de Lionel Delvaux « La forêt wallonne, une chasse gardée » traite de manière détaillée et approfondie des impacts sur la biodiversité de l’ensemble des cervidés et des sangliers ainsi que de la question essentielle de l’équilibre forêt-faune sauvage. Celui-ci est loin d’être optimum en Wallonie, la gestion de la forêt étant à l’heure actuelle - avec la bénédiction du politique - entièrement aux mains des chasseurs qui autorisent, pour garantir leur passe-temps, des populations trop importantes de grands ongulés. Les chasseurs s’estiment par ailleurs être les meilleurs régulateurs de cet équilibre. De nombreuses expériences ont cependant montré que les grands prédateurs sont, et de loin, plus efficaces dans cette tâche, notamment sur base du phénomène de L’écologie de la peur [14] qui est aux antipodes de la "l’écologie de la quasi domestication [15] " induite notamment par le nourrissage des sangliers. Se profile donc un scénario où le loup va entrer en concurrence avec cet acteur au pouvoir actuellement disproportionné qui, s’il se sent menacé directement dans le maintien de son loisir de luxe et, inconsciemment, dans sa capacité usurpée de bon gestionnaire de forêt, se fera un plaisir malsain d’ajouter le loup à ses tableaux de chasse en se jouant de la protection dont il jouit pour l’instant…

Il est donc urgent qu’émerge enfin en Wallonie une gestion durable et multifonctionnelle de la forêt, gestion inséparable d’une concertation multi-acteurs reprenant notamment les propriétaires et gestionnaires forestiers, les associations environnementales et les acteurs de la fonction socio-récréative. La cohabitation harmonieuse avec quelques loups ne pourra être garantie qu’à cette condition.

Permettre aux loups de reprendre leur place essentielle dans la gestion de l’équilibre forêt-faune sauvage, au service d’une biodiversité digne de ce nom au lieu de s’enferrer dans scénario lâche qui en ferait le bouc émissaire facile de notre incapacité à relever un défi d’avenir : n’est-ce pas là un bien exaltant projet ?

PS : j’oubliais : d’aucuns se demandent si le loup, depuis sa "protection" et donc son redéploiement dans nos régions d’Europe occidentale a, comme ce fut le cas avant sa disparition,commis des attaques sur l’homme ? Eh bien, non...


[1Par exemple : le norvégien Arne Naess, dont l’ouvrage Ecologie, Communauté et Style de vie, Editions Dehors, 2013 fait la synthèse de ses réflexions sur la Deep Ecology élaborée durant les années 70, n’a pu être accessible en langue française qu’en 2008.

[3Le Retour du sauvage, de Pierre Athanaze, Préface de Jacques Perrin, Ed. Buchet-Chastel, 128 p., 12.00 €

[4La protection dont il est l’objet et son mode de vie en meute qui implique une dispersion continue sont les éléments principaux qui assoient la certitude quant à son arrivée chez nous.

[5Une présence humaine continue, des chiens type « Patou » élevés pour défendre un troupeau et des clôtures mobiles sont les éléments de base de la défense contre de potentielles attaques de loups.

[6Repris dans : Et si le loup était un bouc émissaire ? Marie Hastier

[9Le loup en questions. Fantasme et réalité, Jean-Marc Moriceau, Ed. Buchet Chastel, 144 p., 12.00 €

[10Le phénomène du « surplus killing » est lié à la prédation sur des animaux domestiques. Lorsqu’un canidé chasse, il répond à différents stimuli. La fuite de la proie entraîne la poursuite du prédateur qui va déclencher une excitation « forçant » le canidé à mordre sa proie. Lorsque celle-ci est mise à mort, l’absence de mouvement calme le prédateur et la consommation peut débuter. Ce phénomène est celui observé en milieu naturel.

La domestication a modifié le comportement des ovins en sélectionnant certains traits de production au détriment de la rusticité. Les animaux domestiques ont donc naturellement perdus leurs réflexes de défense (fuite et dispersion). (…) Lorsque le loup attaque un troupeau, il ne peut se calmer tant que le troupeau ne s’éloigne pas ou tant qu’il n’est pas interrompu dans son action. (Anthony Kohler - Le retour du loup en Wallonie… Rêve ou réalité ? paru dans le n°136 de la revue Forêt-Nature)

[13Les réflexions présentées ici s’inspirent notamment de l’excellent article d’Anthony Kohler - Le retour du loup en Wallonie… Rêve ou réalité ? paru dans le n°136 de la revue Forêt-Nature (juillet-août-septembre 2015) de l’asbl Forêt wallonne (http://www.foretwallonne.be)

[14L’écologie de la peur est une théorie, validée par des observations de terrain qui atteste que l’impact d’un prédateur sur les grands ongulés n’est pas seulement direct via la prédation. Il a aussi un impact indirect, important, par le fait que les ongulés sentant la présence d’un prédateur, vont subir un stress qui modifie leur comportement. La crainte du prédateur les place en état de vigilance quasi permanent. (…) Cette perte d’énergie fragilise les animaux les plus faibles qui sont donc plus facilement éliminés. (Anthony Kohler - Le retour du loup en Wallonie… Rêve ou réalité ? paru dans le n°136 de la revue Forêt-Nature)

[15On n’est pas loin, vu la pratique intensive du nourrissage des sangliers, d’un scénario où le chasseur va devoir d’abord chasser le sanglier venu lui manger du maïs dans la main avant de le chasser avec son fusil...



 
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