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Salon de l’auto : nuisances en toute arrogance
Pierre Courbe  â€¢  13 janvier 2017  â€¢  Transport routier

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Paillettes et papier glacé : le salon de l’auto demeure un symbole du déni qui affecte nos sociétés en matière de véhicules automobiles. Plutôt que d’accepter le constat de la non durabilité de nos systèmes de transport et de mettre fin aux dérives condamnables des constructeurs, nombre de décideurs se défilent et continuent à être fascinés par les « performances » d’objets qui n’ont que peu de choses à voir avec nos besoins de mobilité,. La révision du règlement européen « relatif à la réception et à la surveillance du marché des véhicules à moteur » constitue une opportunité d’enfin prendre leurs responsabilités. 2017 verra-t-elle enfin la lucidité s’imposer ?

En conditions normales d’utilisation, les émissions d’oxydes d’azote de nombreuses voitures diesel dépassent les normes légales : secret de Polichinelle que l’administration américaine a fait « découvrir » aux Européens à l’automne 2015. Des études réalisées par les ONG et des investigations menées notamment par le Parlement européen, il ressort que le système d’homologation européen, non harmonisé, non contrôlé par une autorité centrale, permet aux constructeurs de tricher en toute impunité, sous le regard bienveillant d’autorités d’homologation qui ne remplissent pas leur fonction. A contrario, aux USA, l’administration vient de découvrir un nouveau cas de triche potentielle concernant 104.000 véhicules du groupe Fiat-Chrysler.

Il a beaucoup été question, dans le cadre de ce scandale dieselgate, de tests, de normes, d’interprétation du prescrit légal. Cette « technicité » des débats a relégué aux oubliettes une vérité que personne ne veut affronter : les émissions excédentaires ont induit des morts. Sans doute des centaines par an à l’échelle de la Belgique, des milliers par an en Europe. En cas de triche avérée, il semble fondé de parler d’homicides involontaires. Cependant les constructeurs :

  • n’ont jamais reconnu l’illégalité (à l’exception de VW) ni l’amoralité de leurs comportements ;
  • ont au contraire dénoncé avec arrogance les démarches des autorités publiques pour objectiver les faits, notamment celles menées en Wallonie [1] ;
  • prétendent respecter scrupuleusement la loi et imputent la responsabilité des dépassements de normes aux faiblesses de celle-ci – faiblesses qui découlent notamment de l’action de leurs propres lobbyistes.

Par ailleurs, les constructeurs produisent des véhicules toujours plus lourds, plus volumineux, plus puissants, plus rapides, plus agressifs par rapport aux « usagers vulnérables » (piétons et cyclistes). Des véhicules qui annihilent pour partie les progrès réalisés par ailleurs en matière de sécurité routière. Mais là non plus, à les croire, les constructeurs ne sont pas responsables : ce sont les consommateurs qui veulent de grosses voitures…

La voiture qui, intrinsèquement, est un excellent outil de mobilité, est devenue un cauchemar social et environnemental. Il est plus que temps de changer un système qui n’obéit qu’à une logique financière au mépris de la santé publique, de la vie humaine et de l’environnement. Le déni et l’arrogance des constructeurs sont intolérables. Il revient à la puissance publique d’y mettre fin. La révision du règlement européen « relatif à la réception et à la surveillance du marché des véhicules à moteur » constitue une opportunité. IEW demande aux eurodéputés et aux gouvernements belges de s’en saisir.

Contact :

Pierre Courbe, chargé de missions "Mobilité", 0474.923.617


[1Voir notre analyse ici : http://www.iew.be/spip.php?article7782



 
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