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Bye bye America ?
Noé Lecocq  •  1er juin 2017  •  Climat / changements climatiques / Effet de serre

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Je marche dans le parc, cet après-midi ensoleillé, croisant le regard d’enfants souriants et insouciants.

Je suis pourtant soucieux, et conscient que cette inquiétude – que je ne souhaite pas voir s’étendre en moi – va pourtant s’amplifier et s’approfondir. J’étais sorti pour aérer mon esprit, bouger un peu, et ne pas trop me plonger dans la mauvaise nouvelle. Mais en vain.

Ces enfants souriants me ramènent, bien involontairement, et paradoxalement, à mon inquiétude.

A l’heure d’écrire ces lignes, plusieurs média américains annoncent une décision de Donald Trump de retirer son pays de l’Accord de Paris. Dans un tweet, ce dernier indique qu’il rendra publique sa décision dans les prochains jours (on sait depuis que ce sera ce jeudi 1er juin après 15h).

La réponse mondiale face au changement climatique, dont des fondements majeurs ont été construits à travers l’Accord de Paris, est sur le point de recevoir un grand coup de poignard.

Il ne faut pas minimiser l’impact négatif d’un retrait américain. Au-delà de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre états-uniennes qu’il impliquerait, ce retrait risquerait de plomber plus largement la dynamique mondiale de lutte contre le changement climatique.

Certes, l’Accord de Paris ne mourra pas si les USA s’en retirent, Trump n’est pas en mesure de l’annuler. Même sans les USA, ce cadre d’action persiste pour une large majorité des pays du globe, qui peuvent agir. Mais on entend déjà chez nous des responsables d’industries polluantes prendre argument de la politique américaine pour se plaindre des limitations d’émissions auxquelles ils sont soumis ici, et plaider pour ne pas trop en faire en matière de climat. La foire des croque-morts va-t-elle donc commencer ?

Au contraire, une réaction salutaire pourrait-elle émerger dans le reste du monde ?

Prendre la mesure des conséquences des changements climatiques est particulièrement difficile pour l’esprit humain. La science nous fournit une quantité d’informations importantes sur l’augmentation du niveau des mers, l’accroissement des vagues de chaleur, les perturbations des régimes hydriques… et même l’impact de tout ceci sur les populations végétales, animales et humaines, y compris en termes de conflits et de migrations. Mais en tant qu’individus, notre compréhension intime de la signification de tout cela reste très partielle et superficielle.

Ce qui est certain, c’est que l’insouciance des enfants d’aujourd’hui laissera place à de dures épreuves, dont je ne suis pas en mesure de dire si elles pourront ou non être surmontées. Et qu’aujourd’hui, cette perspective s’est semble-t-il assombrie.

D’ici une heure ou deux, je retrouve mes propres enfants. Je ne peux garantir leur avenir, je peux juste tenter, avec mes limites, d’œuvrer à réduire des risques me dépassent largement. C’est ce que je vais continuer à faire.




 
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