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Tourisme durable en Wallonie : le point par IEW
Marie Spaey  •  8 mars 2018  •  Tourisme vert

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Publié fin 2017 dans le cadre de l’année internationale sur le tourisme durable, ce dossier disponible sur notre site et très bientôt en version papier (sur demande), propose un voyage exploratoire au sein des méandres de nos habitudes d’homo touristicus et des solutions actuellement proposées à l’échelle de la Wallonie pour les rendre moins impactantes sur les plans environnemental en priorité mais également social. Il se clôt par une série de recommandations adressées aux pouvoirs publics, lesquelles s’appuient sur un diagnostic d’initiatives existantes en Wallonie et sur des exemples concrets de ce qui se fait ailleurs.

Au terme de l’analyse des différentes composantes de l’offre touristique wallonne, de la demande touristique telle qu’elle se manifeste chez les wallons et les populations avoisinantes, notamment en matière de durabilité, le dossier conclut sur le fait que le tourisme durable est une réelle opportunité pour la Wallonie et qu’il mérite davantage d’investissement et de structuration afin de pouvoir déployer pleinement son potentiel.

Tout d’abord, pour le dire « platement » et sans détours, les voyages en avion sont à proscrire (ou pour le moins à limiter très fortement) [1]. Du statut d’habitude pour une population croissante, ils doivent devenir tout à fait exceptionnels sans quoi ils nous empêcheront d’atteindre nos objectifs climatiques [2]. Exit les solutions de tourisme « durable » ou « équitable » ou « solidaire » qui nous entraînent à l’autre bout du monde vers des chantiers ou dans les pays en voie de développement, même si la perspective de participer à de tels projets est très séduisante. La vraie solidarité, c’est d’éviter de prendre l’avion pour ne pas contribuer à accélérer le désordre climatique global et les répercussions dramatiques qu’il aura à court, moyen et long terme sur l’environnement des dites populations.
C’est d’ailleurs le seul petit bémol que nous mettrions à notre appréciation du très complet et bien structuré article récent d’Ecoconso sur les bons plans pratiques en matière de tourisme durable : dans ce domaine, il existe une pléthore d’initiatives et notamment beaucoup d’agences « durables » qui proposent des destinations exotiques sans expliquer comment y aller en évitant de prendre l’avion ; ce discours induit à notre sens une confusion propre à donner bonne conscience aux touristes qui continuent à se déplacer de la sorte tout en croyant faire autrement (et mieux).

Pour notre plus grand plaisir, nous renvoyons à ce sujet au post d’Isabelle Masson-Loodts sur sa page Facebook, qui résume très bien la situation : « N’en déplaise aux éco-citoyen.nes, on ne rachète pas si facilement son empreinte carbone. Jean-Baptiste Comby, sociologue, rappelle dans son ouvrage que la pression qu’exerce un foyer sur l’environnement dépend de ses revenus et non pas de son niveau de conscience écologique. Bah oui, tous les éco-gestes mis bout à bout ne compenseront jamais la semaine de vacances passée sous les tropiques, quand bien même on la passerait dans un éco-lodge à chier dans la sciure. Selon le sociologue, cette morale écocitoyenne sert un enjeu politique qui est de « masquer les inégalités, en confortant les styles de vie les plus prédateurs et en maintenant les privilèges symboliques et moraux de la petite bourgeoisie » [3].

Même si le combat contre le développement de l’aérien en Wallonie peut sembler torpillé d’avance [4], sachons que ceux qui y croient sont plus nombreux qu’il n’y paraît. Des projets de lobby pour une taxation des billets d’avion et du kérosène au niveau européen sont en cours. Des articles sont postés sur plusieurs sites internet pour montrer concrètement comment passer des vacances sans prendre l’avion (tout en découvrant des destinations fort intéressantes et plaisantes) [5].

Enfin, « Zomer zonder vliegen », une initiative récente de jeunes flamands, a pour objectif d’informer le grand public sur l’impact des voyages en avions et sur les alternatives qui existent. Le projet vise, semble-t-il, à créer un mouvement, un partage d’idées et une émulation pour que ceux qui évitent de prendre l’avion se sentent moins seuls et n’aient plus l’impression d’être de petites gouttes d’eau dans l’océan. A vos claviers, donc, pour montrer que vous en êtes et pour vos prochaines réservations de vacances véritablement durables !


[1En effet, en termes d’impact, les transports de l’origine à la destination représentent plus de 75% de toutes les émissions de CO2 contre près de 20% pour l’hébergement et de 5% pour les activités (voir dossier sus-mentionné, p.35).

[2Voir aussi à ce sujet la thèse toute récente thèse de doctorat de Paul Peeters (TU Delft) sur https://www.tudelft.nl/en/2017/tu-delft/tourism-and-travel-make-paris-targets-unachievable/

[5En tapant par exemple « summer without flying » sur le moteur de recherche Google, on a accès à une série de pages de ce type.



 
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