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Un giga temple de la surconsommation à Farciennes
Sophie Dawance  •  17 mai 2007  •  Aménagement du territoire

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Un complexe commercial de 91.229 m2 abritant quelques 188 magasins normalement en majorité dédiés au secteur dit « équipement de la maison », tel est le profil du projet actuellement soumis à l’appréciation des forces vives de la Région wallonne.

La Commune de Farciennes, autorité compétente pour la délivrance du permis unique, devra se prononcer dans les prochaines semaines. Ce méga projet, par sa localisation en dehors de Charleroi et sa configuration induira inévitablement un accroissement des déplacements automobiles : les clients qui fréquentent aujourd’hui les commerces du c½ur de Charleroi, facilement accessible en transport en commun et densément peuplé, prendront leur voiture -s’ils en ont- pour venir remplir le parking de près de 5000 places. Inutile de mener ensuite des campagnes de sensibilisation pour inviter les citoyens à laisser leur voiture au garage ! Rappelons que la part de la mobilité dans les émissions de gaz à effet de serre a cru de 26% entre 1990 et 2001. Le choix d’implantation judicieuse notamment pour les commerces qui génèrent d’important flux de personnes est donc un enjeu majeur.

Autre menace induite par ce projet : la concurrence… Le bilan global en terme d’emplois s’annonce positif, à en croire l’étude d’incidence sur l’environnement : 1711 emplois seront crées pour 421 à 674 emplois perdus dans les commerces existants qui se verraient obligés de fermer leurs portes face à la concurrence du nouveau complexe commercial. La bonne affaire ! Il faut noter toutefois que ce dernier chiffre est obtenu en soustrayant notamment les emplois perdus en France (entre 190 et 119 toujours d’après l’étude d’incidence) et en considérant que la surconsommation peut sauver entre 421 et 168 emplois ! L’étude d’incidence stipule en effet que : « vu l’attractivité du projet et son concept fun shopping, une partie du chiffre d’affaire du projet et des emplois générés par celui-ci se réalisera grâce à une surconsommation de la part des chalands, c’est-à-dire que grâce à l’ambiance propice à la consommation, les clients vont consommer beaucoup plus que ce qu’ils avaient prévu dans le centre commercial » . Dans une région où le chômage atteint 25,5%, voilà qui semble pour le moins cynique… Par ailleurs, l’impact de la fermeture de commerces en centre ville ne se limite pas à l’emploi. Deux ou trois vitrines vides peuvent gangrener tout un quartier : les commerces ferment, les logements se vident ou se dégradent… et la spirale du déclin est amorcée. La collectivité devra alors dégager des fonds pour rénover ces quartiers centraux. Mais peut-être doit-elle aussi s’attendre à devoir un jour prendre en charge une immense friche commerciale, quasiment impossible à réaffecter… L’hypothèse d’un échec économique ne semble pas absurde quand on sait que, si les différents projets autorisés dans la région de Charleroi se réalisent l’offre commerciale actuelle y sera doublée !




 
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