30%, sans compromis!

A l’occasion de la sortie d’un rapport de CAN Europe, les ONG environnementales et de développement demandent à la Belgique et à l’Europe de se prononcer en faveur du passage à 30% de réduction des émissions d’ici 2020.

Le Climate Action Network Europe publiait ce jeudi 17 février un rapport qui démontre l’opportunité pour l’Europe d’adopter l’objectif de 30% de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020. S’appuyant sur les résultats de différentes études récemment publiées, CAN Europe conclut que le passage à un objectif de 30% est un impératif pour la création d’emplois verts, pour la croissance, l’innovation et l’énergie, et la sécurité climatique en Europe et au-delà.

Pour rappel, par le paquet énergie climat, l’Union européenne s’était engagée à un objectif de 20% à l’horizon 2020, tout en évoquant un possible passage à 30% en cas d’engagements similaires d’autres partenaires. Cet objectif européen est très peu ambitieux en regard des recommandations du groupe intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat (GIEC) qui préconisent 25 à 40% de réductions d’émissions à l’horizon 2020 afin de limiter le réchauffement global à 2°C. Qui plus est, comme la Commission l’a démontré dans sa communication au printemps 2010, les 20% européens sont un objectif caduc dans le contexte économique actuel.

Le rapport de CAN Europe démontre que les craintes d’une trop rapide désindustrialisation européenne exprimées par le Commissaire européen Oettinger ne sont pas fondées. Au contraire, il est plus qu’urgent d’adopter des mesures ambitieuses si l’Union européenne veut garder une position compétitive internationale, et ceci de façon loyale en cessant de faire pression sur des Etats tiers pour qu’ils affaiblissent leurs règlementations environnementales.

Les ONG belges de développement et d’environnement souhaitent rappeler les impératifs sociaux et écologiques, au Nord comme au Sud, derrière ce débat. Le réchauffement global et les dérèglements climatiques sont une réalité largement démontrée au niveau scientifique et déjà trop perceptible pour les pays les moins développés dont les populations sont les plus vulnérables aux aléas climatiques. La première manière d’aider le Sud à faire face aux changements climatiques est, rappelons-le, de cesser de polluer, et donc d’émettre moins de gaz à effet de serre sur le territoire européen (et non en usant des mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto).

Depuis la sortie de la communication de la Commission européenne sur le passage unilatéral à 30% en mai 2010, la Belgique n’a toujours pas opté pour une position claire dans le débat. En cette période de coupes budgétaires, les arguments financiers et de santé publique devraient pourtant convaincre nos ministres. Si l’Europe revoyait son objectif à la hausse, l’Etat belge pourrait encaisser 2 milliards d’euros supplémentaires, grâce à la hausse projetée du prix du carbone sur le marché européen, et épargner plus de 900 millions d’euros en coûts de santé .
Enfin, étant donné que suite à la crise économique, nous sommes déjà à 17% de réductions, l’objectif des 20% correspond en fait au « business as usual » et ne démontre aucune ambition.

Nous demandons donc à la Belgique de se prononcer en faveur du passage à 30% en interne et de convaincre les Etats européens, les plus réticents, de l’intérêt européen à en faire de même. La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, et une large coalition d’entreprises et d’investisseurs l’ont bien compris ! C’est à nos décideurs belges de se prononcer pour les 30%, maintenant, sans compromis !

Vous trouverez en annexe le rapport de CAN Europe:

« 30% – Why Europe should strengthen its 2020 climate action ».