Pour un pacte national de mobilité dont le train est la colonne vertébrale

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Un large spectre de la société civile appelle aujourd’hui à une mobilité durable et intégrée qui met en avant les transports en commun. Elle demande aux futurs gouvernements de se coordonner pour définir un Pacte national qui favoriserait les alternatives à la voiture et ferait du train la colonne vertébrale de la mobilité de demain.

À l’initiative de Greenpeace, TreinTramBus, Inter-Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu, un appel pour un Pacte national de mobilité est officiellement lancé ce 3 mai 2019. De nombreux acteurs de la société civile, issus d’horizons divers, tels que Test-Achats, l’Université de Mons, le Mouvement ouvrier chrétien, La Ligue des familles, Unizo, etc. ont déjà exprimé leur soutien.[1] Les initiateurs ouvrent cet appelà l’ensemble de la société civile et aux entreprises.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’urgence d’agir pour le climat [2] et le besoin d’arriver le plus rapidement possible à une amélioration conséquente de la qualité de l’air. De tous les secteurs, les émissions du trafic automobile sont en effet les plus problématiques [3].

“Afin de limiter l’utilisation de la voiture et son impact sur le climat et notre santé, il faut un Pacte national de mobilité qui donnera le feu vert à un transport public basse émission. Ce pacte se base sur 3 priorités: des alternatives attrayantes et présentes sur l’ensemble du territoire; les chemins de fer comme colonne vertébrale; et plus d’investissements dans les transports en commun, surtout à travers des services plus fréquents et de meilleures correspondances”, notent les initiateurs de l’appel qui détaillent: “Le modèle suissedit “des noeuds de correspondance”, facilement applicable au réseau belge et déjà en place en Autriche et en Allemagne, offre ces avantages et bénéficie déjà de larges soutiens politiques ici.” [4]

Un pacte nécessaire pour la santé et l’économie 

« La pollution due au trafic automobile impacte notre santé et particulièrement celle de nos enfants. Proposer des alternatives concrètes et efficaces à la voiture ne faciliterait pas seulement la vie des familles mais contribuerait aussi à une meilleure santé pour tous”, pointe Caroline Tirmarche, responsable du service Etudes et Action politique de la Ligue des familles.

Une meilleure gestion de la mobilité est aussi une demande expresse des acteurs économiques qui se désolent de voir marchandises et travailleurs bloqués de longues heures dans des embouteillages quotidiens dont le coût est estimé entre 4 et 8 milliards d’euros par an. [5]

“En raison des très longs embouteillages dans notre pays, l’accessibilité aux biens et services pour le consommateur est compromise et sa santé mise à mal. Le renforcement des transports publics est nécessaire et devrait contribuer à rendre les centres urbains et villageois plus accessibles, dynamiques et sains”, conclut Jean-Philippe Ducart, Manager Public Affairs and Media Relation de Test-Achats.

Les initiateurs de l’appel invitent toutes celles et tous ceux qui sont convaincus que la mobilité nécessite une vision partagée et soutenue par les différents niveaux de pouvoir à les rejoindre. Ils réclament une collaboration politique entre entités qui favorise le développement rapide et efficace des alternatives à la voiture.

Notes:
[1] Voici l’appel et les propositions détaillées (PDF) et la plateforme web avec notamment la liste des signataires actuels. Nous invitons d’autres signataires à se rajouter.

Cinq fédérations – Inter-Environnement Wallonie, Bond Beter Leefmilieu, l’Union nationale des mutualités neutres, la Fédération des Maisons médicales et GTL, fédération des taxis – soutiennent déjà cet appel pour un Pacte national de mobilité. 
Une trentaine d’organisations la soutiennent également : ACTP, Ademloos, CGSP Cheminots, Clean Energy Invest, Coren, Ecoconso, EUCG, Fietsersbond, Filter Café Filtré, Gezinsbond, GRACQ, Grands-parents pour le climat, Ligue des Familles, MOC, Navetteurs.be, Netwerk Duurzame Mobiliteit, Pro Velo, Reizigersbond, Ringland, Stramien, Straten-Generaal, Taxistop, Test-Achats, The Shift, Tier, Tous à pied, UMons, West-Vlaamse Milieufederatie, Voetgangersbeweging.

[2] Le dernier rapport du GIEC estime qu’il nous nous faut rapidement entreprendre des changements systémiques d’une ampleur jamais connue pour lutter efficacement contre le changement climatique.
[3] Les émissions de gaz à effet de serre liées au trafic continuent d’augmenter alors qu’elles devraient diminuer de manière drastique: entre 1990 et 2017, elles ont augmenté de 25% en Belgique. Les émissions totales du secteur des transports représentent aujourd’hui 22,5% des émissions totales (contre 14,3% en 1990). Cette augmentation est principalement due au transport routier qui, en 2017, était responsable de 97,4% des émissions totales de ce secteur. Source:https://www.climat.be/fr-be/changements-climatiques/en-belgique/emissions-belges/emissions-par-secteur/

[4] Si quelqu’un observait le réseau ferroviaire de la Belgique d’en haut, il verrait que, dans notre système actuel, nos trains se croisent aux heures ’00 et ‘30, le plus souvent en rase campagne. 
De ce fait, les correspondances en gare sont limitées et il faut parfois les attendre longtemps. En développant un horaire cadencé intégré avec une fréquence à la demi-heure, nous ferions en sorte que les trains se croisent plus souvent (aux heures ’00, ’15, ’30 et ‘45) dans certaines gares identifiées et réparties sur tout le territoire. 
Ce sont ces gares que l’on nomme « noeuds de correspondance ». Des gares où plus de correspondances sont possibles avec des temps d’attente moins longs.

Ce système est déjà pratiqué avec succès en Suisse, en Autriche et en partie en Allemagne. Chez nous, la gare d’Ottignies est déjà un noeud de correspondance qui fonctionne de cette manière. L’objectif est de généraliser ce principe à un maximum de gares, réparties sur tout le territoire. 
Ensuite, les horaires des bus sont à coordonner sur ceux des trains. Cela conduit au développement, autour de ces noeuds de correspondance, de « pôles mobilité » où il est alors possible d’emprunter divers modes de transports (autos partagées, vélos, trottinettes, etc.)

[5] OECD (2013). OECD Economic Surveys: Belgium, p.80.

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