A enjeu global, manifestations de masse

A enjeu global, manifestations de masse

A l’heure où les leaders politiques discutent de l’urgence d’une politique internationale en matière de lutte contre le changement climatique à Bali et ouvrent ainsi la voie d’un post-Kyoto dont l’échéance est prévue pour 2012[Consultez le [blog d’IEW, en direct de la conférence de Bali !]], nombre d’associations et de citoyens de plus de 60 pays du monde se sont mobilisés ce samedi 8 décembre pour une journée d’action internationale en faveur du climat.

A l’initiative de ce mouvement international de prise de conscience, l’association Global Climate Campaign qui, par son invitation à une mobilisation planétaire au travers de manifestations et d’autres initiatives, appelle les dirigeants du monde à prendre urgemment et immédiatement d’ambitieuses actions concrètes pour lutter et prévenir les effets dévastateurs du changement climatique. Un appel également à l’égard des pays fortement industrialisés, jusqu’à maintenant principaux émetteurs de gaz à effet de serre, à qui il est demandé de prendre une plus grande part de responsabilité dans les mesures d’adaptation à prendre, spécialement au regard des pays faibles émetteurs dont les ressources économiques sont limitées. Il est ainsi demandé aux pays indistrualisés de réduire leurs émissions de CO2 (par rapport aux niveaux de 1990) non pas de 50 pc mais de 80 pc d’ici 2050.

En Belgique, malgré un temps maussade et des perturbations ferroviaires, ce ne sont pas moins de 4.000 personnes qui ont défilé dans les rues de Bruxelles afin d’exprimer à la gente politique belge et internationale leurs préoccupations face à la menace climatique. Une septentaine d’associations sociétales et environnementales, regroupées au sein de la Coalition Climat[[La Coalition Climat est une collaboration d’organisations de la société civile. Des entreprises peuvent également devenir membres. Les membres de la Coalition sont tenus de :

  • mettre en oeuvre des mesures de gestion interne pour réduire les émissions de sa propre organisation ;
  • sensibiliser son personnel, ses bénévoles, et ses membres sur les changements climatiques et sur l’urgence de passer à l’acte ;
  • porter une attention accrue pour le thème du climat (et la dimension Nord-Sud) dans le cadre des actions propres (programme d’activités, publications) ;
  • relayer les actions et les initiatives d’autres membres et/ou partenaires de la coalition ;
  • contribuer à des actions de communication à propos de la coalition et de ses actions, notamment vis-à-vis de sa base sociale ;
  • associer les actions et les messages en faveur du climat au logo commun de la campagne climat menée par la coalition.]], sont à l’initiative de cette mobilisation belge. Dans les rangs, des délégations des trois grands syndicats (FGTB, CSC, CGSLB), des représentants des partis politiques Groen!, Ecolo et Spirit mais surtout, formant le noyau dur du cortège, des membres et sympathisants d’organisations environnementales et tier-mondistes à l’instar du WWF et d’Oxfam.

Par cette action, les manifestants veulent donner un double signal, rappelle Tom Cornu, coordinateur de la Coalition Climat : «D’une part, nous souhaitons attirer le plus de monde possible dans les rues pour clairement montrer aux autorités politiques belges que la population se soucie du problème climatique. Ces manifestants prennent leurs responsabilités, c’est à leur tour à présent. D’autre part, nous espérons que les personnes qui n’ont pas participé recevront le message qu’elles aussi peuvent faire quelque chose au problème du climat, en apportant leur petite pierre».

Après avoir arpenté les rues de la capitale, de la Gare du Midi au Mont des Arts, les manifestants furent accueillis par une foire du climat haute en couleur et en musique. Au menu : un marché de Noël alternatif, des stands d’information, des ateliers et, pour clôre la soirée, des concerts organisés au Cirque Royal.

Petit tour d’horizon

Ailleurs et dans plus de 50 villes du monde, le public a également répondu présent à l’appel lancé par la Global Climat Campaign.

La capitale britannique a elle attiré 10.000 personnes (2.000 selon Scotland…), défilant entre le parlement de Westminter et l’Ambassade des Etats-Unis. Au passage, une lettre demandant au Premier Ministre Gordon Brown de considérer la menace climatique comme «la priorité numéro un du gouvernement britannique, une priorité dans tous les pans de la politique» fut remise à Downing Street.

A Istanbul, un millier de manifestants a appelé le gouvernement turc à ratifier le Protocole de Kyoto ainsi qu’à renoncer à un projet de constructions nucléaires, récemment approuvé par le Parlement.

A Bali, des centaines de personnes ont manifesté, insistant sur la “dette” qu’ont les pays riches à l’égard des pays pauvres, les premiers ayant une large part de responsabilité dans le changement climatique.

Plus insolite, Helsinki a vu sa principale rue commerçante prise d’assaut par une cinquantaine de manifestants, skis aux pieds, appelant de la sorte les décideurs nationaux à leur rendre des hivers enneigés.

A Manille, capitale des Philippines, des centaines de personnes, coiffées de chapeaux pourvus d’éoliennes miniatures pour les uns, la tête symbolisant un soleil pour les autres, ont défilé, incitant les autorités à avoir recourt à l’énergie renouvelable.

Au-delà des marches militantes, des gestes symboliques ont été posés ça et là, à l’image de l’extinction des lumières opérée le samedi soir entre 20h00 et 20h05 en Allemagne, en Autriche et en Suisse, mettant ainsi l’accent sur la consommation croissante d’énergie à travers le monde. Ainsi, des bâtiments historiques comme la Cathédrale de Cologne et la Porte de Brandebourg (Berlin) ont été plongés dans le noir.