Adaptation aux changements climatiques en Europe: les possibilités d’action de l’Union européenne

Adaptation aux changements climatiques en Europe: les possibilités d’action de l’Union européenne

Tel est le titre du livre vert présenté par la commission au conseil, au parlement européen, au comité économique et social européen et au comité des régions fin juin 2007. Apercu.

Ce livre vert confirme l’enjeu planétaire des changements climatiques et le fait que l’Europe ne sera pas épargnée. Il dresse ensuite une liste d’actions à mettre en place de façon immédiate en visant l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques lors de la mise en ½uvre de la législation et des politiques actuelles et à venir ainsi que lors de leur modification, l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les programmes de financements communautaires existants et l’élaboration de nouvelles réponses stratégiques. Pour consulter le texte complet, cliquez ici.
Ce document a été soumis à une consultation publique du 31 juillet au 30 novembre 2007 via Internet.
La plateforme des associations européennes de santé environnement Health & Environment Alliance y a répondu. Inter-environnement Wallonie fait partie de cette plateforme. Celle-ci est globalement satisfaite des thématiques abordées et des enjeux identifiés. Elle estime cependant indispensable de mettre en évidence encore davantage l’interdépendance des impacts des changements climatiques. Elle estime aussi nécessaire de mettre l’accent de façon prioritaire et urgente sur le développement des capacités d’adaptation des systèmes, états et régions les plus vulnérables (sur le plan économique, social, politique et environnemental) en améliorant leurs services, systèmes de santé, qualité de vie, bonne gouvernance, systèmes d’information…

Réchauffement climatique et santé : un enjeu planétaire majeur !

En matière de santé environnementale, le changement climatique aura des répercussions directes et indirectes sur la santé humaine et sur la santé animale. Les effets des phénomènes météorologiques extrêmes et l’augmentation des maladies infectieuses comptent parmi les principaux risques à prendre en considération. Les maladies dépendantes des conditions climatiques figurent sur la liste des maladies les plus mortelles. En 2002, la diarrhée, la malaria et la malnutrition protéo-énergétique ont causé à elles seules le décès de plus de 3,3 millions de personnes dans le monde, dont 29 % en Afrique. En 2003, dans un pays développé et à climat tempéré (France) la canicule a donné l’alerte. « Tous les modèles d’évolution nous enseignent que ce qui a été exceptionnel en 2003 deviendra la norme à la fin du siècle. Si on n’y fait rien, des hécatombes risquent de se multiplier d’autant que la proportion de personnes âgées va augmenter. D’ici 2100, le nombre de personnes de plus de 75 ans sera multiplié par quatre » reconnait un chercheur du CNRS en plein grenelle de l’environnement[[Pierre Besancenot, chercheur au CNRS et auteur de “Notre santé à l’épreuve du changement climatique”, Editions Delachaux et Niestlé, 221 pages.]].

Quelles conséquences pour la santé humaine ?

Les changements climatiques entraînent incontestablement des conséquences néfastes sur la santé à travers les vagues de chaleur, les catastrophes naturelles, la pollution atmosphérique et les maladies infectieuses transmises par vecteur. Qui plus est, les maladies d’origine hydrique, alimentaire ou zoonotique touchant l’homme pourraient évoluer sous l’effet des changements climatiques. Ces répercussions peuvent être amplifiées par d’autres facteurs de perturbation tels que l’exposition à l’ozone et aux particules fines lors d’une vague de chaleur. L’exposition chronique aux particules fines de l’air ambiant aggrave un certain nombre de problèmes sanitaires, comme la bronchopneumopathie chronique obstructive, qui accroît la sensibilité aux nouvelles agressions d’origine climatique.

Et la santé animale ?

La santé animale pâtira très probablement des conséquences des changements climatiques sur les conditions de vie et de l’augmentation potentielle des maladies infectieuses transmissibles. Les changements climatiques pourraient influer directement ou indirectement sur les maladies animales transmises par vecteur.
L’adaptation représente une stratégie d’action essentielle pour faire en sorte que les effets potentiels des changements climatiques sur la santé soient amoindris et réduits à un minimum.

Que peut faire la Commission européenne ?

Actuellement, divers projets élaborés dans le cadre des programmes de dépenses de l’Union (en particulier du programme d’action communautaire dans le domaine de la santé publique et des programmes-cadres de recherche) sont centrés sur les effets des vagues de chaleur sur la santé humaine, sur les réponses de santé publique, sur la prévention des incidences aiguës de l’évolution des conditions météorologiques sur la santé et sur les stratégies d’adaptation dans le domaine de la santé. La révision à mi-parcours du plan d’action européen en faveur de l’environnement et de la santé (2004-2010) comporte également des recommandations quant aux actions appropriées à mettre en ½uvre.

Mais la Commission européenne reconnaît que les effets du réchauffement global sur la santé s’amplifient rapidement et dangereusement. Ainsi, elle a l’intention d’adopter en 2008 une communication qui portera spécifiquement sur cette question et qui définira un cadre de lutte contre les conséquences des changements climatiques sur la santé humaine et sur la santé animale. Cette communication devrait examiner différents aspects de la mortalité et de la morbidité dues aux changements climatiques, et notamment la modification du mode de transmission de certaines maladies infectieuses touchant l’homme et l’animal, la modification des modes de propagation de certains aéroallergènes en raison des changements atmosphériques et les risques induits par les rayonnements ultraviolets dans un contexte où les changements climatiques retardent la reconstitution de la couche d’ozone stratosphérique (mélanomes et maladies de la peau).

Les réglementations relatives à la protection des consommateurs, à la santé publique, aux denrées alimentaires et aux aliments pour animaux devront être passées en revue et adaptées de façon à limiter la vulnérabilité aux changements climatiques. La Commission pourrait demander aux comités scientifiques et aux agences de l’Union européenne de fournir des informations quant aux risques sanitaires précis liés aux changements climatiques.

Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental