Affaiblissement de REACH

Ce 17 novembre, le Parlement européen s’est prononcé sur REACH (acronyme anglais de Registration, Evaluation and Autorisation of Chemicals), projet de réforme de la législation sur les substances chimiques.

Les quatre fédérations de protection de l’environnement (Inter-Environnement Wallonie, Inter-Environnement Bruxelles, Bond Better Leefmilieu et Brusselse Raad voor het Leefmilieu) constatent qu’après plusieurs affaiblissements successifs du projet initial, un nouveau pas dans la mauvaise direction a été réalisé. Le Parlement n’a en effet pas réussi à marquer des points quant à la livraison d’informations relatives à l’innocuité des substances chimiques. L’identification systématique et le remplacement des substances les plus dangereuses, qui constituent un des objectifs principaux de REACH, risquent en conséquence de devenir impossibles.

Un point positif est toutefois à signaler : une majorité d’europarlementaires a choisi de soutenir le principe de substitution imposant de remplacer les substances les plus dangereuses par des alternatives plus sûre.
En Belgique, les différents mouvements de la société civile (organisations de défense de consommateurs et de la famille ; mouvements de femmes ; syndicats ; secteur de la santé ; organisations de défense de l’environnement) ont adopté une position commune et plaidé ensemble à de nombreuses reprises pour une nouvelle législation qui soit forte et efficace. Un large consensus a été obtenu sur la nécessité d’une politique répondant aux besoins économiques tout en protégeant efficacement l’environnement et la santé humaine.

Les organisations environnementales demandent donc au gouvernement belge de soutenir, lors du conseil européen « Compétitivité » appelé à se prononcer prochainement sur le sujet, un REACH ambitieux visant à identifier et remplacer les substances chimiques dangereuses. Les organisations déplorent par ailleurs le lobby intense et alarmiste de l’industrie chimique et tiennent à rappeler qu’un REACH fort ne coûterait à cette industrie que 0,05% de son chiffre d’affaire. Un coût économique dérisoire en comparaison avec les bénéfices sanitaires qui pourraient être obtenus : l’université de Sheffield a démontré récemment qu’un REACH ambitieux pouvait prévenir 40.000 cas de maladies respiratoires et 50.000 cas de maladies de la peau chez les travailleurs. Sans parler des maladies comme les cancers, les allergies, les problèmes de fertilité dont le nombre est en constante augmentation et dont de nombreux cas pourraient être évités. Le gain en terme de dépenses de santé pourraient ainsi atteindre quelque 50 milliards d’Euros en 30 ans … ce qui relativise pour le moins les 3 à 5 milliards d’Euros de coût total pour l’industrie.

Contact: Anne Thibaut, chargée de mission « Politique des produits » Inter-Environnement Wallonie
Tél.: 081.255.294 – 0497.479.656 – a.thibaut@iewonline.be

Alain Geerts

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