Belgique : OK pour Euro 5 ! Pourtant…

Le ministre fédéral de l’environnement, Bruno Tobback, s’est prononcé sur la norme Euro 5 pour les voitures, par l’intermédiaire d’une question de la député fédérale Marie Nagy (Ecolo). M. Tobback n’hésite pas à parler, pour la Belgique, de position progressiste en matière de pollution atmosphérique. Il n’y a pourtant pas de quoi fouetter un chat.

Euro 5 est une proposition de norme européenne d’émissions pour les voitures et utilitaires légers, publiée en décembre 2005. « Par définition », elle renforce les précédentes normes en vigueur. Le tout est de savoir si elle le fait de manière significative. C’est loin d’être le cas, en tous cas aux yeux d’un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé qui conclut que les valeurs limites pour la pollution par particules fines contenues dans la norme Euro 5 sont trop faibles. En matière d’efficacité, il semblerait que le lobby des constructeurs soit de loin le meilleur.

Inter-Environnement Wallonie avait pour sa part demandé un renforcement des valeurs limites proposées pour les émissions de particules fines et les NOX (voir nIEWs 6).

Pour les premières, le ministre souligne l’effort réalisé depuis les premières normes de 1992 : 5 mg/km aujourd’hui pour 140 mg/km alors. Il n’en demeure pas moins que c’est largement insuffisant en matière de santé publique, référence qui devrait être unique en la matière. « Les filtres utilisés pour arriver à une telle valeur limite permettront de la dépasser pour atteindre des émissions de 1 à 2 mg/km » argumente le ministre. Pourquoi dès lors les plafonner à 5 ?

Quant aux NOx, notre pays appuiera vraisemblablement un renforcement de la valeur limite… dans la norme Euro 6 !

Une mise en œuvre plus rapide que proposé semble techniquement infaisable à M. Tobback, qui préfère laisser à l’industrie le temps de réagir et de mettre au point les procédés nécessaires. « Il serait en effet dangereux de brusquer les industriels » affirme-t-il ! Au risque de faire passer la santé des citoyens au premier plan ? Chapeau en tous cas aux industriels : faire avaler aux pouvoirs publics belges et européens que ce sont les normes qui doivent s’adapter aux capacités techniques de l’industrie et pas l’inverse, c’est du beau boulot!

M. Tobback est donc plus sensible aux sirènes de l’industrie qu’aux arguments rationnels de l’OMS et des environnementalistes. Et le ministre de lancer un appel du pied à son homologue à la Mobilité (R.Landuyt) censé investir de conséquents fonds publics dans des mesures promouvant une mobilité durable. Un peu facile…

Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental