Biocarburants : attention aux effets à long terme!

Les résultats de l’étude sur les impacts environnementaux de la filière biocarburants (commandée à l’IDD par les amis de la Terre, avec l’aide d’IEW) viennent d’être publiés et sont disponibles sur demande. Les biocarburants ont un impact positif sur le climat, néanmoins très variable selon les filières considérées. Alors que la consommation d’un litre d’essence ou de diesel aura engendré, sur l’ensemble de leur filière, l’émission de trois kilos de CO2, les biocarburants n’en engendreraient qu’un à partir de colza, un et demi à partir de betterave, deux à partir de blé contre un tiers à partir de canne à sucre brésilienne, et ce, malgré la distance parcourue. Ce résultat s’explique tant par les hauts rendements de la canne à sucre que par la faible mécanisation et la faible quantité d’engrais utilisés pour la cultiver. D’un point de vue climatique, mais aussi économique (le bioéthanol brésilien est moins coûteux) on aurait donc avantage à importer plutôt qu’à produire chez nous les biocarburants. Mais c’est au niveau des superficies agricoles que le bât blesse. Pour produire les 5,75 % de carburant d’origine végétale requis par la Directive pour 2008, il faudrait mobiliser 23 % des superficies agricoles de la Belgique. Quels seraient les impacts de l’introduction de 20% de biocarburant sur le prix du pain, ou sur la sécurité alimentaire des pays du Sud ? Et tout cela ne permettrait pas de compenser l’augmentation des émissions de CO2 découlant de la croissance attendue du trafic routier. Il convient donc de rappeler ce que devraient être les priorités en matière de transport : une politique d’aménagement du territoire qui réduise la demande de mobilité mais favorise l’accessibilité, une politique de transfert modal (de l’automobilité vers le rail, les voies d’eau, le bus, le vélo, etc.) et une politique d’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules.

Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental