Changements climatiques : des négociations sur la Bonn voie ?

Changements climatiques : des négociations sur la Bonn voie ?

Aujourd’hui se termine à Bonn, en Allemagne, la session intermédiaire de négociations sur les changements climatiques ouverte le 31 mai. Les résultats de ces quinze jours de discussions sous l’égide des Nations Unies apparaissent encourageants mais restent néanmoins tout à fait insuffisants pour faire face à l’urgence du défi climatique.

Le progrès essentiel de cette session réside sans doute dans la nette amélioration de l’ambiance de travail entre les délégations. Après les tensions de la Conférence de Copenhague et le climat de désillusion et de méfiance qui l’a suivi, les négociations ont enfin pu reprendre dans un esprit plus serein et constructif. On a ainsi délaissé les polémiques sur les procédures de travail pour s’attaquer – enfin – au fond des dossiers. Et des avancées ont été acquises sur différents points.

En matière de financement, un large soutien se dégage en faveur de la création d’un nouveau Fond Climat placé sous l’égide de l’ONU et ce, au plus tard en 2011, lors de la Conférence annuelle des Parties qui se tiendra en Afrique du Sud.

Un accord a par ailleurs été trouvé sur la question de la périodicité avec laquelle les pays en développement sont tenus d’informer la Convention de leurs efforts pour lutter contre les changements climatiques tandis que des progrès réels ont été faits sur le mécanisme contre la déforestation REDD (Reduced Emission from Deforetation and Degradation).

Enfin, la Présidente du principal groupe de travail sur la Convention, Margaret Mukahanana- Sangarwe (du Zimbabwe) a présenté un nouveau texte dit de « facilitation » qui synthétise en 22 pages les différents points de vue des pays. Ce texte ne règle pas les problèmes de fond mais permettra aux Parties d’avoir une base de discussions commune pour avancer.

Si ces éléments sont encourageants, force est néanmoins de constater que les questions majeures sont toujours au point mort. Ainsi, les ambitions en matière de réduction des émissions de CO2 n’ont pas été revues à la hausse et restent beaucoup trop faibles pour limiter l’augmentation de la température du globe à 2°C, comme le demandent les scientifiques.

De même, aucun éclaircissement n’a été apporté sur les sources de financement sans lesquelles le Fond Climat ne sera qu’une coquille vide. Et une grosse incertitude demeure sur l’avenir du Protocole de Kyoto après 2012. Or, il ne faudrait pas que celui-ci soit relégué aux oubliettes au profit d’engagements beaucoup moins contraignants pour les pays industrialisés.

Il ne reste plus désormais qu’un round de négociations, soit deux semaines de discussions, avant la Conférence des Nations Unies prévue à Cancun (Mexique) en fin d’année. La Fédération Inter-Environnement Wallonie espère qu’après avoir remis un accord sur les voies lors de ce rendez-vous de Bonn, les Parties sauront passer à la vitesse supérieure et donnner l’élan nécessaire pour une percée significative à Cancun.

Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental