Chemins et sentiers sacrifiés sur l’autel du « tout à la route » !

Sous peu, l’administration régionale devrait délivrer le permis d’urbanisme du contournement de Couvin et la liaison Couvin-Brûly. Nous reviendrons certainement sur ce dossier, mais, pour l’heure, attachons-nous à un « effet secondaire » du développement de cette importante infrastructure routière: les conséquences sur les chemins et sentiers. Ce ne sont pas moins de 23 d’entre eux qui seront, pour cause d’utilité publique, déplacés voire supprimés ! Les chemins et sentiers ne seraient pas, eux, d’utilité publique? Ou d’utilité publique secondaire? Quelques exemples. Le Chemin des Mouches est supprimé, malgré une importante fréquentation et son attrait bucolique indéniable. Le Chemin de la Suédoise (Petigny – chemin n° 16), ne sera plus accessible que par le Chemin de Hestreux, moyennant donc un important détour. Le trajet par le Chemin du Chant-des-Oiseaux, trajet le plus court vers le centre pour les habitants du Caillou-d’Eau, se verra considérablement allongé et doté de dénivelés importants. Il perdra ainsi une bonne part de son intérêt social et agricole et de son attrait touristique.

Nous sommes, une fois encore, face à une politique de mobilité qui fait des usagers doux les parents pauvres et défavorisés au profit de la voiture. Tous nos responsables politiques y vont pourtant, aujourd’hui, de leur couplet sur la nécessité de prendre des mesures urgentes pour faire face au défi du réchauffement climatique. Et la mobilité est pointée du doigt pour ces nuisances et l’intérêt qu’il y a à s’attaquer à ce secteur pour avoir des effets importants en termes de réduction des émissions de CO2. A quand alors une véritable reconnaissance des chemins et sentiers comme maillon indispensable et prioritaire pour le développement d’une mobilité et d’un tourisme durable?

Dans le cadre du contournement de Couvin, les procédures de modification et de suppression semblent avoir été respectées : réalisation d’un plan d’alignement approuvé par la Région, demande de suppressions et de modification soumises au Collège provincial (article 28bis et 28 de la Loi de 1841).. Ceci n’est pas toujours le cas. Effet de la vigilance citoyenne ? Les chemins et sentiers non supprimés qui croisent le tracé du contournement de Couvin (2×2 bandes sur 12 km) en attente de permis ont donc fait l’objet d’un plan d’alignement prévoyant de nouveaux cheminements et des aménagements pour franchir la route. Pour que ces démarches ne restent pas des v½ux pieux, il est nécessaire que la délivrance du permis soit conditionnée à la réalisation de ces aménagements et de ces nouveaux cheminements. Ceux-ci se retrouveront-ils sur les plans détaillés et dans le permis ? Suite au prochain numéro…

Crédit photographique: www.sentiers.be