CO2 : le seuil des 400ppm est atteint

CO2 : le seuil des 400ppm est atteint

Pour la première fois en 55 ans de relevés et probablement en plus de 3 millions d’années d’histoire terrestre, la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a dépassé les 400 parts par millions (ppm). Cette concentration a été relevée par la plus célèbre station de mesure de la concentration de CO2, à Mauna Loa (Hawaii) qui effectue ces relevés depuis 1958. Ce seuil est important car « c’est un marqueur qui illustre une progression constante de la teneur en CO2 dans l’atmosphère » : il est considéré par les climatologues comme un niveau dangereux.

Dangereux car durant le Pliocène, période géologique datant de 5.3 à 2.6 millions d’années, le niveau de CO2 est estimé aux alentours des 415ppm. Cette concentration s’est traduite par une hausse moyenne des températures de 3 ou 4 C° par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui et un niveau des mers entre 5 et 40 mètres plus élevé qu’à l’heure actuelle. Dans une de ces conférences, David Roberts explique les conséquences de ce réchauffement global en 2100 : une hausse du niveau de la mer de 1 à 2 mètres, 40% des terres inhabitées frappées par la sécheresse, des centaines de millions de réfugiés climatiques, l’extinction de la moitié des espèces connues.

C’est également la confirmation du rôle central de l’Homme dans cette hausse des émissions de gaz à effet de serre. Jusqu’à la Révolution industrielle, les scientifiques estiment qu’elle ne dépassait pas 280 ppm durant les périodes les plus chaudes. Depuis le premier relevé en 1958, établi à 316ppm, la courbe croit sans discontinuer, principalement sous l’effet de la consommation de combustibles fossiles.

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De nombreux scientifiques et ONG soutenaient que la concentration de CO2 devait absolument être stabilisée à 350 ppm, la limite supérieure de sécurité de CO2 dans notre atmosphère. Cette limite est déjà dépassée depuis de nombreuses années. Ainsi la station de Mauna Loa n’a plus enregistré un tel taux mensuel moyen de 350 ppm depuis Octobre 1988. Une marche-arrière semble presque impossible et dépendra des futurs sommets sur le climat. La barre des 450 ppm est considérée par les climatologues comme la limite ultime pour éviter les pires impacts du changement climatique.