Dans le beton, tout est bon…enfin presque

Bétonneurs et environnementalistes n’ont pas toujours été de grands amis. Pourtant le discours entendu lors de la journée d’information organisée à Gembloux par la FEBELCEM « Le béton dans l’épuration des eaux », 29/3/2006, Fédération de l’Industrie cimentière belge. avait de quoi séduire à bien des égards. Là où le bât blesse, c’est que les fabricants de fosses septiques ne respectent pas le marquage CE et n’offrent donc pas les garanties élémentaires. Et les fosses belges ont tendance à avoir des fuites.

Oui, la FEBE [[Fédération belge de l’industrie du béton]] estime que les changements climatiques vont perturber le cycle de l’eau et provoquer une fréquence accrue des inondations et des vagues de chaleur. Oui, elle pense qu’il faut dès lors valoriser l’eau de pluie en la stockant dans des citernes (en béton). Oui, on peut utiliser l’eau de pluie jusque dans ses usages sanitaires, voire la potabiliser. Oui, le béton est un matériau intéressant car il neutralise l’acidité de l’eau de pluie et il lui donne les minéraux qui lui font défaut sans pour autant relarguer des substances nocives. Oui, il y a nécessité d’infiltrer l’eau de pluie pour recharger les nappes et éviter les inondations. Oui, de nombreux élément préfabriqués permettent de la faire. Oui encore, dans le domaine de la pollution de l’eau, le béton se révèle être un matériau intéressant dans la construction des stations d’épuration, petites ou grandes. Oui, il y a nécessité de séparer les eaux de pluie des eaux usées pour les stations d’épuration fonctionnement correctement. Toutes ces affirmations martelées à Gembloux par le secteur du béton sont partagées par le monde environnemental qui salue l’ingéniosité et l’inventivité dans les solutions mises en oeuvre.

Non, les fabricants n’appliquent pas la norme [NBN EN 12566-1 et NBN EN 12556-1/A1]] relative au marquage CE sur les fosses septiques, pourtant obligatoire depuis décembre 2005, à de rares exceptions près [[Parmi les 30 à 40 fabricants de fosses septiques en Belgique, nous n’en connaissons qu’un seul qui vend des fosses marquées CE depuis février 2006 : l’entreprise Olivier: [http://www.olivierbf.be ]]. Cette norme, décrite comme minimum minimorum lors de la journée, a cependant un avantage : elle impose un test sur plate-forme pour vérifier l’étanchéité et la stabilité. Or, d’après nos renseignements, la situation est inquiétante. Non seulement, il n’y aurait pas sur le marché les produits affichant les deux lettre européennes, les seuls admis à la vente, mais la qualité des fosses actuellement vendues laisserait à désirer. Comment en est-on arrivé là ? L’ingénierie du béton a toutes les ressources pour fournir des produits de qualité mais la concurrence entre les fabricants a sans doute joué en défaveur de cette qualité. Ajouté à cela un manque de suivi/contrôle de la part des autorités compétentes et voilà le résultat !

IEW demande aux fabricants de veiller à respecter la loi dans le respect du citoyen et de l’environnement. Nous sommes entièrement d’accord avec la FEBE qui prône la norme BENOR plus exigeante que le marquage CE en termes de contrôle et de qualité du produit. IEW demande aussi aux autorités compétentes de reprendre la main dans ce dossier qui ne s’arrête pas aux fosses septiques. Qu’en est-il des citernes d’eau de pluie ? Qu’en est-il du respect du marquage CE sur les petites stations d’épuration qui sera obligatoire d’ici 2007 et qui nécessite un test sur platte-forme de longue durée ?

Alain Geerts

Communication & Mobilité