Des hébergements touristiques francophones labellisés « Clé Verte »

Des hébergements touristiques francophones labellisés « Clé Verte »

S’il existe un domaine dans lequel il est difficile, à priori, de lâcher les acquis du modèle consommériste prédominant, c’est bien le tourisme. Né au XVIIIe siècle au sein de l’élite européenne, et même avant, selon certains auteurs, l’habitude de voyager pour découvrir, se refaire la santé, se valoriser socialement et des tas d’autres raisons bien « légitimes » s’est répandue dans la plupart des couches sociales et a été le moteur d’un développement économique certain. L’offre croissante de voyages aériens et de forfaits « low cost » ne fait que renforcer cette tendance. Or l’impact écologique des voyages et des séjours est loin d’être anodin et est fortement influencé par le mode d’hébergement et de transport choisis. Dans ce contexte, on ne peut que se réjouir des avancées récentes en matière d’éco-labellisation d’établissements touristiques en Wallonie et à Bruxelles. En effet, en cette fin novembre, 7 hébergements bruxellois et 3 hébergements wallons se sont vus décerner le prestigieux label international « Clé Verte » (ou « Green Key » en anglais), ce qui porte au total à 13 hébergements les labellisés dans les deux régions.

Pour rappel, la Clé Verte est un écolabel international qui récompense et valorise les gestionnaires d’hébergements touristiques (hôtels, gîtes, chambres d’hôtes, campings…), les centres de conférences et – depuis peu – les attractions pour leurs efforts en matière d’environnement.

Lancé au Danemark en 1994, ce label fut repris en 2002 par la Fondation pour l’Education à l’Environnement (FEE), qui en assure la coordination au niveau international. Il aujourd’hui présent dans 28 pays. Depuis 2009, la Fédération Inter-Environnement Wallonie (IEW) est son représentant officiel et assure son développement en Wallonie et à Bruxelles (où le label est soutenu officiellement par le Ministre du Tourisme, Christos Doulkeridis, depuis fin 2010). Sa « Fédération s½ur », le Bond Beter Leefmilieu (BBL) associée à Toerisme Vlaanderen couvre depuis 2007 la Région flamande.
Plus de 1.500 structures touristiques à travers le monde sont aujourd’hui labellisées « Clé Verte » dont plus de 70 en Flandre, 9 à Bruxelles (7 hôtels et 2 B&B) et 4 en Wallonie (2 hôtels et 2 gîtes).

Pour obtenir la Clé Verte, les lauréats ont dû répondre à différents critères concernant la gestion environnementale générale, l’implication et la sensibilisation des employés et des clients (via notamment de la documentation et une signalétique adaptée), la gestion de l’eau, de l’énergie et des déchets, le ménage et le nettoyage, la mobilité des clients et des salariés, l’alimentation, les activités Nature, la gestion des activités d’administration, l’environnement intérieur et la gestion des espaces verts. Une des particularités de ce label, c’est qu’il demande aux candidats de satisfaire à des exigences précises dans chacun de ces domaines. Partant d’un certain niveau de performances, ils doivent s’améliorer de façon continue au cours des années en satisfaisant à un nombre croissant de critères optionnels contenus dans le référentiel. Le label est décerné annuellement.

Les établissements labellisés sont variés : du B&B situé dans une maison bruxelloise Art Déco, à l’hôtel 5 étoiles de plus de 150 chambres à deux pas de la Grand Place de Bruxelles, en passant par un gîte rural au c½ur de la province du Luxembourg. Une des forces du dispositif est qu’il permet à chacun de s’y retrouver car les directives en matière de gestion de l’environnement sont adaptées à chaque type d’hébergement, tout en répondant à un haut niveau d’exigence dans les domaines concernés.

Porté par des ONG environnementales membres de la FEE, ce qui lui garantit une indépendance face aux intérêts économiques, la Clé Verte est mise en ½uvre dans le cadre de collaborations avec divers acteurs (représentants des secteurs concernés, pouvoirs publics, etc.). Cette logique partenariale garantit au label une légitimité et une bonne adéquation entre les exigences environnementales et les réalités de terrain, conditions indispensables à sa survie.

Ce programme a d’autant plus de sens qu’il s’intègre dans une démarche plus globale de promotion du tourisme durable, visant à limiter les déplacements et à opter davantage pour des destinations de proximité. Ainsi, à tous nos lecteurs wallons et bruxellois, nous n’avons qu’une recommandation à faire : aller voir sur le site www.cleverte.be, pour choisir la destination de vos prochaines vacances et n’hésitez pas à choisir le lieu le plus proche, à savoir, votre région ! Les rencontres avec les gestionnaires motivés qui se sont lancés dans la démarche avec enthousiasme valent bien le détour !

Marie Spaey

Tourisme

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